« Sur les pistes » un reportage de J-B. Roubinet


L’Afrique de l’Ouest est en dehors des circuits touristiques habituels. C’est bien dommage car ses richesses sont immenses. Certaines personnes savent les découvrir pour pleinement les apprécier. Jean-Benoît Roubinet fait partie de celles-là. Il a parcouru les pistes du Bénin, du sud au nord, et nous offre un magnifique reportage où l’émotion affleure. Le choix du noir et blanc me semble très opportun. Je vous laisse découvrir ce magnifique travail !

N’hésitez pas à commenter, je pense qu’il appréciera !

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Rue principale de Tanguiéta, nord Bénin, un jour d’harmattzn (vent de sable du Sahara).

Au Bénin, les abords des routes et des pistes voient fleurir des milliers de petits métiers. Dans l’un des pays les plus pauvres du monde, la débrouille est un acte de survie.

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Parc National de la Pendjari au nord du Bénin.

La réserve de biosphère de la Pendjari constitue la plus grande richesse du pays. Dans une région frappée par la déforestation, la conservation de cet espace naturel conditionne le devenir et la prospérité des populations. Au Nord Bénin, la faune est omniprésente : 
buffles, éléphants, phacochères… 
des dizaines d’espèces peuplent le bord des pistes.

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Croiser un éléphant, dans son milieu naturel en Afrique, commence à devenir un privilège rare, tant le braconnage est meurtrier. Mais attention, ce pachyderme à l’air pataud, montre de belles aptitudes à la course, quand se sentant menacé, il charge votre 4×4…

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Dans le secteur de la Pendjari, un troupeau traverse la piste.

Pour tenter de mettre fin à leurs querelles, éleveurs et agriculteurs ont décidé de délimiter des couloirs pastoraux, bandes de terre réservées au passage des troupeaux pour qu’ils accèdent aux pâturages, aux points d’eau ou aux marchés à bétail. Un tournant historique dans les relations multi-séculaires entre transhumants Peuls et agriculteurs, au cœur de la brousse.

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Retour du champ de coton.

La filière coton béninoise est victime de sa mauvaise gestion. La production actuelle est très largement inférieure aux 407 000 tonnes récoltées en 2005. Des ressources naturelles gaspillées dans un pays qui accuse un sérieux retard de développement…

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Gendarme Phacochère ! Vos papiers s’il vous plaît !

La population sur les pistes n’est pas toujours celle que l’on s’attend à trouver…

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C’est la récréation à l’école. Les enfants saluent les « étrangers » qui passent sur la piste…

L’absence de transport scolaire et l’éloignement des villages de brousse (10 km parfois) n’empêchent pas les enfants de se rendre à l’école. Par contre, la malnutrition pénalise leur éducation. L’après-midi, les enfants dorment en classe, seul moyen d’échapper à la faim qui tenaille. Leur développement scolaire s’en trouve fortement contrarié. Au Bénin, nourrir les enfants c’est aussi les rendre plus intelligents !

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La piste c’est aussi cela… Des femmes, des hommes, des enfants qui se rendent à la rivière, parfois distante de plusieurs kilomètres, sous un soleil de plomb. Pourquoi ? Pour laver leur linge ou ramener de l’eau.

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Les villages de brousse sont construits en bord de piste, souvent par les Peuls, populations itinérantes vivant du pastoralisme. Alors que les pays développés déversent des millions de dollars destinés à aider les pays en difficultés, les Peuls nomades sont les oubliés de l’assistance humanitaire et vivent dans un dénuement total.

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Les étrangers qui déambulent sur la piste, appareils photo à la main, attirent la curiosité des jeunes enfants. Qui sont ces gens tout blancs ? D’où viennent-ils ?

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Le jeu du miroir : je grimace, tu grimaces, ils grimacent…

La joie des enfants est rassurante. Ces milliers de sourires qui bordent les pistes et accompagnent les visiteurs sont aux antipodes des réalités économiques subies par leurs ainés.

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Les enfants du village poursuivent notre véhicule, une manière de nous dire au revoir et de nous remercier de notre visite. Dans le 4×4 les discussions marquent une pause, les gorges se serrent, l’émotion est palpable… Le photographe immortalise. C’est pour des moments comme ceux là que l’on va en Afrique !

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Au pied de l’Atakora, une femme ramène de l’eau pour préparer le repas alors que l’harmattan dissimule la montagne derrière un épais nuage de sable.

Culture, chasse, pêche et élevage constituent les principales ressources 
des populations de brousse. 
Les familles élèvent des chèvres que l’on croise très souvent en bord de piste, en quête d’une nourriture qui se fait rare.

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Quelques risque-tout du village de Tanongou font le spectacle au risque de leur vie…

Providentielles, les chutes de Tanongou attirent le touriste. Les piscines naturelles sont rares dans la région. L’occasion est trop belle pour les ados du village qui prennent des risques insensés pour gagner quelques pièces. Il faut bien manger, dans une région désertée par le travail !

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Loin des principales voies de communication, la piste vous mène à Ouidah. Le berceau de la culture vaudou. Ancien point d’embarquement des esclaves vers les lointaines Amériques. Ouidah est la première ville africaine à avoir ouvert un musée d’art contemporain… Bienvenue dans l’Afrique des paradoxes !

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Danse improvisée en fin de journée.

Ouidah, la pauvreté transpire de tes murs, mais la joie de vivre de tes enfants est omniprésente. Une leçon que nous n’oublierons pas !

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La sentinelle de Ouidah.

Le regard d’un enfant qui se perd vers la colline. Qu’attend-il ? Que veux t’il ? Voyageur tu es trop curieux, laisses mon âme divaguer dans mes rêves d’enfant…

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Les enfants jouent sur les hauteurs de Ouidah.

Avant de regagner la piste, un dernier 
échange de sourires avec les sentinelles de Ouidah. Ils nous manquent déjà… Leur curiosité, leurs pitreries, leur insouciance entrent dans le grand livre de nos souvenirs !

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Bénin, tu peux être fier. Ton accueil est chaleureux, tes traditions sont fortes, ta nature est aussi belle que l’âme de celles et ceux qui la peuplent.

Un reportage photographique de Jean-Benoît Roubinet.


 

Un grand merci à toi J-B. Je sais combien tu aimes ces gens et ce pays. Je sais aussi que tu souhaites le faire découvrir à ta famille. Je t’accompagnerai volontiers une nouvelle fois car il reste des pages à écrire dans le grand livre de nos souvenirs !

Jean-Michel.

 

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6 commentaires sur « « Sur les pistes » un reportage de J-B. Roubinet »

  1. Magnifiques photos, très poignantes, le noir et blanc restitue parfaitement les émotions que J.B souhaite nous faire partager.
    N’avait-t-il pas été primé par GEO pour une photo de cette série ? Grandement mérité.Bravo JB

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  2. J’ai organisé plusieurs voyages au BENIN avec mon club aquarelle et pour objectif un carnet de voyage.
    Nous avons été dans des écoles pour leur apprendre le mélange des couleurs.
    Le BENIN évoque pour moi des souvenirs extraordinaires, peut être un prochain voyage ?
    Super reportage.

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