Test terrain complet du Nikon Z6 III, caractéristiques, performances, et avantages : partie 1.


Lors de mon dernier post concernant la sortie du Nikon Z6 III, je me suis contenté de vous donner mon ressenti, basé sur les caractéristiques de ce nouveau boîtier dont je ne disposais pas encore. Aujourd’hui, je vous propose un test terrain complet et détaillé du Nikon Z6 III. Décliné en plusieurs parties, il vous offrira des informations précieuses basées sur des tests approfondis en situation réelle et des comparaisons avec d’autres modèles.

Avant d’aller plus loin, sachez que le boîtier testé m’appartient (oui, je l’ai acheté) et que je ne n’ai conclu aucun contrat de partenariat avec la marque ou un quelconque réseau de vente. Voici donc un test réalisé « sans arrière-pensée » et avec une totale indépendance. 

Pour ce premier opus, j’ai choisi de vous parler de certaines particularités, généralement absentes des tests proposés, ici ou là, sur Internet. Ainsi, vous bénéficierez d’une information encore plus complète lorsque viendra le moment de vous parler du Z6 III, de ses réglages et son utilisation en conditions réelles.

Les conditions de ce test terrain

Tester un boîtier sur le terrain, c’est lui offrir la possibilité de se confronter à de très nombreuses situations. Ce n’est pas recevoir le boîtier le matin, faire une sortie l’après-midi, écrire l’article ou publier la vidéo le soir et renvoyer le boîtier à la marque ou au magasin dont vous êtes partenaire, le jour suivant. En écrivant cela, je pense particulièrement à ces nombreux « influenceurs » dont le but est de multiplier les vidéos, d’accroître le nombre de leurs followers et surtout leurs profits… Méfiez-vous de ceux qui testent un nouveau boîtier ou un nouvel objectif tous les jours, ceux-là vous prennent pour des gogos, car leurs tests n’ont aucune valeur. Alors, pour les rendre crédibles, ils utilisent des mires et des logiciels de mesure… Foutaise ! Un photographe n’a jamais été un ingénieur ! Que chacun reste à sa place, ce n’est pas parce qu’on a appuyé plusieurs centaines de fois sur le déclencheur qu’on connaît un boîtier, ce serait trop facile.

Ce que je vous propose, avec cette série d’articles, n’a rien d’académique et encore moins de scientifique. Je vous donne simplement « mon ressenti » concernant l’utilisation du Nikon Z6 III, ressenti qui s’appuie toutefois sur plus de 45 ans de pratique photographique professionnelle…

Pour ce test, « grandeur nature », j’ai soumis le Z6 III à de nombreuses situations afin de voir ce qu’il a dans le ventre :

  • un mariage débuté le matin et qui s’est poursuivi jusque tard le soir ; exercice permettant notamment de tester l’autofocus, les capacités du boîtier en basse lumière, mais aussi d’analyser son comportement avec un flash cobra, des situations que vous êtes à même de rencontrer souvent, même si vous ne photographiez jamais de mariages.
  • une sortie photo animalière d’une journée complète, permettant de tester la vélocité de l’autofocus, ses capacités « d’accroche » du sujet et la fameuse option de pré-déclenchement qui permet d’enregistrer des photos avant même de solliciter complètement le déclencheur.
  • une sortie photo de rue un jour de grand soleil afin de tester la dynamique du capteur et enfin quelques tests ponctuels, ici ou là, afin d’offrir au boîtier d’autres situations de prises de vues, comme sous une pluie battante pendant près de deux heures…

Mais de tout cela nous reparlerons dans les articles suivants, car pour celui-ci, j’ai décidé de vous fournir des informations complémentaires qui me semblent importantes et que vous ne lirez sans doute pas dans les autres tests, sauf si leurs auteurs ont lu celui-ci avant…

Ce que j’ai découvert et que vous ne trouverez sans doute pas dans les autres tests !

Un nouvel EVF (viseur électronique) :

Il suffit de placer son œil devant celui du Z6 III pour comprendre ce que Nikon est parvenu à réaliser avec ce tout nouveau viseur. Contrairement à ceux qui équipent les autres boîtiers de la marque et affichent une définition de 3,69 millions de points, ce dernier propose un écran de 5,76 millions de points, mais, comme vous allez le découvrir, c’est loin d’être la seule amélioration…

Ce que vous ne lirez pas sur toutes les fiches techniques, c’est que le viseur du Z6 III peut atteindre une luminosité supérieure à celle de tous les autres appareils hybrides actuels. Mesurée à 4000 nits, elle est largement supérieure à celle du Nikon Z9 qui doit se contenter de 3000 nits. Voilà donc une très bonne nouvelle notamment pour les photographes qui, comme moi, préfèrent « s’isoler » grâce au viseur que de cadrer avec l’écran arrière. Le viseur étant également bien plus pratique lorsque la lumière est abondante. Mais Nikon ne s’est pas arrêté à augmenter la définition et la luminosité de son viseur, les ingénieurs de la marque ont également souhaité offrir aux utilisateurs une gamme de couleurs étendue et appelée DCI-P3. Malgré sa forme différente, celle-ci est comparable à en taille et en caractéristiques à l’Adobe RGB.

Ajoutez à cela un taux de rafraîchissement qui passe de 60 à 120 Hz ! (identique aux Nikon Z8 et Z9) et vous comprendrez que ce nouveau viseur offre un confort et des capacités exceptionnelles.

En savoir plus sur le capteur partiellement empilé

    Le capteur CMOS du Nikon Z6 III est « partiellement empilé » alors que les grands frères que sont les Z8 et Z9 disposent tous deux d’un « capteur empilé ». Les capteurs empilés autorisent des vitesses de lecture bien plus rapides, ce qui explique pourquoi les Z8 et Z9 peuvent se passer d’un obturateur mécanique et s’appuyer uniquement sur leurs obturateurs électroniques. En théorie, les capteurs empilés peuvent entraîner une légère pénalité en termes de bruit numérique et de plage dynamique, mais les Z8 et Z9 conservent une qualité d’image qui n’a rien à envier à leurs homologues non empilés : les Nikon Z7 et Z7 II.

    Les obturateurs électroniques des Nikon Z8 et Z9 sont très utiles, car leur vitesse de lecture est très véloce (environ 3,6 millisecondes). Cela élimine totalement l’apparition de déformations verticales sur les images, phénomène dit de « l’obturateur roulant » ou « rolling shutter » avec des sujets en mouvement rapide.

    Le capteur partiellement empilé du Nikon Z6 III permet d’améliorer la vitesse de capture, en photo et en vidéo, mais cette vitesse joue également un rôle primordial dans la précision de l’autofocus. Ce tout nouveau capteur – une première mondiale – présente donc quelques avantages résultant d’une vitesse de lecture supérieure à celle d’un capteur traditionnel. Alors que le Nikon Z6 II affichait une vitesse de lecture de 50 millisecondes, celle du Z6 III s’établit autour de 12,5 millisecondes. Ce gain énorme qui permet de réduire le temps de lecture par 4, permet aussi de supprimer, presque totalement, le phénomène de l’obturateur roulant. Une excellente nouvelle, car les rafales à 20 FPS en obturation électronique deviennent pleinement exploitables.

    Le capteur semi-empilé du Nikon Z6 III dispose d’un convertisseur analogique numérique en deux sections installées sur les parties haute et basse du capteur (voir illustration ci-dessus) ce qui lui procure plus de luminosité, mais surtout une vitesse de lecture accrue. Ce gain à permis de booster la vitesse de la rafale qui atteint maintenant 60 images/seconde en Jpeg, 20 images/secondes en RAW ou 120 i/s en Jpeg mais au format DX (10 millions de pixels).  

    Lors de l’utilisation de l’obturateur électronique, qui disons le au passage monte jusqu’à 1/16000 s, contre 1/8000 s pour l’obturateur mécanique, la vitesse de synchronisation du flash passe au 1/60e de seconde alors qu’elle demeure à 1/200e de seconde sur les Z8 et Z9, ce qui est dommageable notamment pour les photographes de mariage et les oblige à se passer du flash ou a l’utiliser avec l’obturateur mécanique. Il faut toutefois relativiser ce défaut en raison de l’excellente montée en ISO du Z6 III et des optiques généralement lumineuses utilisées en mariage. Personnellement, je n’utilise plus le flash qu’en plein jour pour équilibrer la lumière des photos prises à contre-jour.

    La capacité de la mémoire tampon

    Bien que Nikon ne communique pas ou peu sur le sujet, et c’est dommage, on peut dire que la mémoire tampon du Nikon Z6 III est quasi illimitée ou tout du moins qu’elle est suffisamment dimensionnée pour répondre à l’ensemble des besoins des photographes. 

    Le Nikon Z6 III dispose d’une « mémoire tampon maximale de plus de 1 000 prises de vue » en mode continu à 20 ips, y compris lors de la prise de vue au format RAW. Si vous disposez d’une carte rapide (le Z6 III prend en charge les cartes CF Express Type B et UHS-II SD), vous ne devriez donc pas avoir de problème pour photographier des scènes d’action rapides avec ce boîtier.

    Le mode de pré-déclenchement

    Comme d’autres boîtiers de la marque, le Nikon Z6 III dispose d’un mode « rafale avant déclenchement » : l’appareil photo enregistre dans la mémoire tampon des images jusqu’à 1 seconde avant que vous n’appuyiez complètement sur le déclencheur. Une fonction similaire se retrouve sur les Nikon Zf, Z8 et Z9. Comme pour ces trois appareils, le mode de « pré-déclenchement » du Nikon Z6 III fonctionne uniquement JPEG, ce qui est un peu décevant. Espérons qu’une future mise à jour offrira le format RAW comme c’est le cas chez le concurrent Canon EOS R6 II. Cependant, le mode de pré-déclenchement du Nikon Z6 III est meilleur que celui qui équipe les autres boîtiers de la marque, à savoir, qu’il autorise les 60 images par seconde, et ce, en pleine résolution ! Il va donc être beaucoup plus simple de saisir le moment décisif. 

    En comparaison, le mode rafale avant déclenchement du Nikon Zf plafonne à 30 FPS. Les Nikon Z8 et Z9 peuvent tous deux prendre des photos à 60 FPS en mode pré-déclenchement, mais uniquement avec des fichiers JPEG de 19 mégapixels dans la zone DX du cadre. Bien que cela puisse être utile pour obtenir une plus grande portée, cela nuit à la qualité de l’image et aux performances en termes de bruit. Le Z6 III étant capable de capturer des images en pleine résolution à 60 FPS dans ce mode, il s’agit sans doute de l’appareil photo Nikon le plus utile à ce jour si vous pratiquez la photographie animalière et surtout la photographie ornithologique.

    La vidéo, le point fort du Nikon Z6 III !

    L’une des principales caractéristiques du Nikon Z6 III est qu’il peut enregistrer des vidéos RAW 6K en interne, mais ce n’est pas tout. Le Z6 III peut enregistrer des vidéos RAW dans les configurations suivantes :

    • 6K Raw à 60/50/30/25/24p
    • 4032 x 2268 (4K) Brut à 60/50/30/25/24p
    • 3984 x 2240 (4K) Brut à 120/60/50/30/25/24p

    Tout le monde a beaucoup parlé du RAW interne 6K/60p – et pour cause – mais cet appareil photo peut également filmer des vidéos RAW 4K à 120 FPS ! Cela pourrait être tout aussi utile, voire plus, pour de nombreux projets.

    Conclusion de cette première partie

    Je pense que cet article se montrera important pour ceux d’entre-vous qui souhaitent acquérir un Z6 III. Il met en évidence certaines fonctionnalités, pas toujours décrites et bien expliquées, qui permettent déjà de classer le Z6 III comme le meilleur de sa catégorie toutes marques confondues.

    Il est clair que Nikon est allé au-delà des simples spécifications avec son Z6 III : il possède de nombreuses fonctionnalités qui peuvent ne pas être évidentes à première vue, mais qui auront un impact significatif sur votre pratique de la photographie.

    Un viseur exceptionnel, un capteur qui ne l’est pas moins, un autofocus qui fait un bon en avant significatif par rapport à la génération précédente, secondé par une mémoire tampon illimitée et enfin des dispositions vidéo qui frisent la perfection, oui, on peut dire que le Z6 II est définitivement mort, même s’il reste un excellent boîtier au demeurant. Seul son prix en chute libre permettra de le maintenir en vie le temps que les étagères des marchands se vident. Le Z6 III ne devrait avoir aucun mal à se hisser au firmament des boîtiers de milieu de gamme. En deuxième boîtier derrière un Z9 ou un Z8 il fera merveille, n’en doutez pas.

    Bravo Nikon !

    Rappel : une offre partenaire, négociée pour vous !

    Les premiers exemplaires du Nikon Z6 III sont arrivés chez Images Photo Cholet.

    Offre spéciale partenaire : Habituellement les créateurs de contenu touchent une petite commission sur les ventes qu’ils font réaliser à leurs partenaires, sans que cela ne coûte un seul centime aux acheteurs. En ce qui me concerne, je refuse les commissions et préfère demander à mes partenaires de proposer une offre spéciale à mes lecteurs. Alors la voici :

    Pour toute pré-commande d’un boîtier Z6 III nu auprès de mon partenaire IMAGES PHOTO CHOLET (02 41 62 10 29) vous obtiendrez :

    • Un chargeur Nikon MH-25 d’une valeur de 60 euros,
    • Une batterie supplémentaire NIKON EN-EL15C, d’une valeur de 80 euros,
    • La gratuité des frais de port.

    4 réflexions sur “Test terrain complet du Nikon Z6 III, caractéristiques, performances, et avantages : partie 1.

    1. Bonsoir et merci pour cette première présentation. Je travaille avec deux boitiers Z6 II je fais, pas mal de photos de spectacles concerts ou autres et le problème que je rencontre en mode silencieux si les éclairages sont à Leds ce sont des rayures sur les photos. Il n’est pas toujours possible de sortir du mode silencieux. Avez vous pu tester le Z6 III dans ces conditions? Encore merci pour votre travail et impatient de découvrir la suite. Merci encore bonne fin de soirée. Jean-Michel Jarry

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      1. Bonjour Jean-Michel, je pense que le phénomène que tu décris n’a rien à voir avec le mode silencieux. L’éclairage led fonctionne à haute fréquence, ce qui induit le phénomène que tu décris (des rarures ou des bandes sur les photos). Pour réduire, voire annuler ce phénomène il faut activer « La réduction du scintillement haute fréquence ». Cette option se trouve dans le menu Prise de vue du Z6 III. J’espère qu’elle figure également dans le menu du Z6 II. Merci de suivre ce blog et bonnes vacances

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        1. Avatar de Kagan Jean-Claude Kagan Jean-Claude

          Bonjour aux deux Jean-Michel,

          Je suis un dinosaure qui utilise le Z6 I et je rencontre le même phénomène de scintillement sur certaines photos de spectacles. En fait ce souci est bien lié au mode silencieux car si celui-ci est activé la fonction Réduction du scintillement n’est pas activable. Même si l’obturateur est beaucoup moins bruyant que celui d’un réflex, les petits Cloc-cloc sont très dérangeants pour le public et pour les acteurs quand je photographie une pièce de théâtre. Du coup j’ai tatonné un peu sur la vitesse d’obturation et j’ai trouvé que le 1/200 règle le problème du scintillement, même en cas de LED bleues ou de néons. Evidemment l’inconvénient est l’éventuel flou de bouger en cas de scène bien animée, ce qui arrive tout de même de temps en temps. Du coup j’hésite à envisager l’achat d’un Z6 III car je crains de rencontrer les mêmes soucis. Merci et bonne journée !

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