Un oiseau à l’honneur : Le Flamant rose

Retour chez les oiseaux avec un incontournable bien connu de tous : Le Flamant rose.

 

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L’origine des flamants demeure incertaine et les scientifiques ont eu les plus grandes difficultés à les classer.

En prenant en compte les caractères du squelette, de la musculature, du système digestif ainsi que les protéines de l’albumine de leurs œufs, on peut en effet les rapprocher des cigognes et des hérons, tandis que la conformation de leur bec, leur voix et même les parasites de leur plumage, les relient aux canards et aux oies.

Aujourd’hui, les systématiciens s’accordent pour les regrouper dans un ordre à part, celui des phœnicoptériformes.

L’espèce ne peut être confondue. Posé, l’oiseau présente un corps entièrement rose clair, de longues pattes roses palmées, un bec court et recourbé, à pointe noire. En vol, la silhouette caractéristique est très allongée (pattes et cou tendus) : les ailes sont alors bien visibles. Les rémiges primaires et secondaires sont entièrement noires et les couvertures rose vif avec des nuances tendant vers le blanc.

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Les immatures, eux, sont peu colorés : les pattes sont sombres, le cou et le dessous blanc sale, et le dessus marqué de brun. La couleur rose apparaît au cours des années, jusqu’à 4 à 7 ans, où l’intensité est à son maximum.

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Tout cela fait que cet oiseau est une véritable curiosité de l’avifaune européenne avec une silhouette et des colorations uniques sur le continent : c’est ainsi la seule espèce de phœnicoptéridé représentée en Europe, dont seules la France et l’Espagne hébergent des colonies nicheuses.

Le Flamant rose est un oiseau côtier lié aux eaux saumâtres : son habitat privilégié est constitué par les lagunes et étangs littoraux.

C’est un oiseau grégaire. En effet les individus restent toujours groupés en bandes plus ou moins importantes.

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Leur vie amoureuse ne déroge pas à cette règle et, tout au long de l’année, ils s’adonnent irrégulièrement à des ébauches de comportement nuptial qui peuvent durer toute une journée et dont la fréquence comme l’intensité augmentent au printemps, environ deux mois et demi avant le début de la nidification.

Sans s’adresser à tel ou tel membre du groupe en particulier, les attitudes de chacun relèvent plutôt d’un rituel d’ensemble. Plusieurs figures ont été répertoriées.

Avec un étirement vertical du cou, les animaux poussent de brefs grognements rauques qu’ils accompagnent d’un mouvement rotatif et régulier de la tête.

Lorsqu’ils cessent de grogner, les flamants entament une série de gestes dits « de confort » qui, en temps normal, ont une fonction bien précise : étirement, assouplissement, soins du plumage.

Lors des parades, ces gestes perdent leur vocation utilitaire et deviennent des rites destinés avant tout à détourner l’agressivité latente. Aux brèves ouvertures d’ailes, le cou dressé, succèdent des « courbettes », des pseudo-lissages des plumes du dessous des ailes, ou du dos, avec le bec.

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Les manifestations occasionnelles d’agressivité se traduisent par des courses, aile à aile, sur de courtes distances, le cou incliné vers l’avant à 45°, tête baissée, le bec recourbé touchant presque le « menton ».

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La formation du couple, s’opère avec discrétion au milieu de ces parades collectives et ne se remarque pratiquement pas. On suppose qu’elle se produit lorsque les futurs partenaires donnent l’impression de se nourrir. Ceux-ci se tiennent alors côte à côte, le cou baissé, avançant au même rythme, s’interrompant parfois pour pousser quelques cris étouffés.

Une fois le couple constitué, les deux adultes restent souvent ensemble, se livrant aux mêmes occupations, mais continuent, dans un premier temps, à prendre part aux parades collectives. Ils finiront toutefois par s’écarter un peu du groupe, et, après quelques jours, s’accoupleront.

Là aussi, les flamants obéissent à un rituel précis. La femelle avance, le bec enfoncé dans l’eau, simulant la prise de nourriture, suivie par le mâle, cou allongé, qui lui touche le dos avec son bec. Sitôt qu’elle s’arrête, marquant ainsi son assentiment, le mâle grimpe sur son dos où il se maintient accroupi en battant des ailes.

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Sa partenaire l’aide en entrouvrant les siennes, un peu à la manière d’une nacelle, ce qui permet au mâle de placer ses doigts à la naissance des ailes de sa compagne pour garder l’équilibre. Après l’accouplement, le mâle se redresse et reste debout un court instant avant de sauter à terre. Les oiseaux accompagnent leurs ébats d’appels en sourdine et de gestes de toilettage du plumage.

Dès que l’accouplement a eu lieu, le couple construit un nid cylindrique bâti avec de la boue, de l’argile ou du sable. Au milieu du futur édifice l’un des deux flamants ramène vers le centre des boulettes de boue mêlée de plumes et de brindilles, qu’il piétine pour bien les tasser. L’autre apporte les matériaux. Une fois terminé, le nid mesure 60 cm de diamètre à la base, et de 30 à 40 cm de diamètre supérieur pour une hauteur équivalente. Il est entouré d’un fossé.

Toujours du fait de leur caractère grégaire, les flamants roses ne connaissent pas l’intimité familiale lors de la ponte de leur unique œuf. Les couples d’une même colonie nichent très proches les uns des autres. Chaque couple dispose pour pondre d’un territoire restreint d’environ un mètre carré. Mâle et femelle couvent et se relaient également pour alimenter leur petit.

Le flamant a la chance de pouvoir se nourrir à la demande, sans tenir compte de la lumière du soleil ou de la disponibilité des proies, puisqu’il avale surtout de petits invertébrés prélevés dans la vase. Crustacés, mollusques, insectes, vers annélides font les délices de ce grand échassier, qui doit d’ailleurs sa magnifique coloration rosée au carotène contenu dans de minuscules crustacés, comme l’Artemia salina.

Le reste du régime alimentaire est constitué de graines et d’autres fragments d’origine végétale ; le flamant avale sans doute quelques petits poissons. Il arrive aussi que le flamant se nourrisse en nageant, prenant ainsi l’allure d’un curieux cygne, mais le plus souvent il avale debout.

Tout en avançant lentement dans l’eau, il fouille le fond d’un mouvement latéral de la tête, cette dernière étant immergée, ou bien il reste sur place et pivote sur lui-même autour de l’axe de ses pattes, explorant avec son bec la vase autour de lui. L’oiseau amène sa mandibule supérieure au contact du fond vaseux. Grâce à la forme très particulière de son bec, la mandibule inférieure se retrouve paradoxalement placée au-dessus de sa voisine.

La boue liquide est alors aspirée, puis filtrée par les lamelles du bec, pour ne conserver que les éléments nutritifs. Qualifié d’espèce limivore (« mangeuse de boue »), le flamant rejette l’essentiel de la vase, mais en absorbe pourtant une certaine proportion. Cette part, véritable purée minérale et organique, contient des éléments animaux et végétaux microscopiques : algues, bactéries, diatomées, protozoaires.

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Peu d’échassiers possèdent l’élégance du flamant rose, avec ses jambes interminables et fines, son long cou gracieux, la forme de son gros bec et sa coloration rose.

Cet oiseau méritait bien un petit article …

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Michel FERNANDEZ

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Une rareté dans l’Aude : Un Héron cendré mélanique

Aujourd’hui, je souhaite vous faire part d’une découverte. Une première dans le département de l’Aude (et je pense également en France…) il s’agit d’un Héron cendré mélanique.

Mais d’abord, qu’est-ce que le mélanisme ?

Le mélanisme (du grec melas, noir) est caractérisé par la couleur entièrement noire de la peau, des plumes, des écailles ou des poils. C’est un excès d’origine génétique de la production de mélanine, pigment de couleur noire.

A l’inverse le leucisme et lalbinisme, eux sont dus à un déficit ou une absence de mélanine et d’autres pigments, également d’origine génétique, et qui donnent des animaux de couleur très claire ou entièrement blanche.

Découvert à la fin du mois de février, lors d’une billebaude, cet oiseau a élu domicile dans une zone humide proche du littoral Narbonnais. Comme vous pouvez le constater sur les photos suivantes, le Héron cendré à habituellement les plumes majoritairement grises et blanches, le bec jaune orangé et les pattes sont jaunes grisâtre.

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Héron cendré
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Héron cendré
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Héron cendré

Notre Héron, quant à lui, présente un plumage majoritairement noir, ainsi que la base du bec et les pattes. Les couvertures sont gris foncé.

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Héron cendré mélanique
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Héron cendré mélanique
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Héron cendré mélanique
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Héron cendré mélanique
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Héron cendré mélanique
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Héron cendré mélanique

Bien que la cohabitation avec les autres ardéidés du site ne pose visiblement aucun problème, cet oiseau reste toutefois la majeure partie de son temps à l’écart. Il semble moins craintif que ses congénères.

Michel FERNANDEZ


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