Photographie

Les Ardéidés de France


Les Ardéidés, ou Ardeidae, sont une famille d’oiseaux comportant de par le monde quelques 19 genres et 67 espèces de Hérons, Aigrettes, Butors et apparentés.

Rassurez-vous, l’article que je vous livre aujourd’hui, bien que conséquent, est beaucoup plus restrictif puisqu’il s’agit des Ardéidés que vous pouvez observer en France, à savoir  9 espèces (les autres étant considérées comme accidentelles) : le Butor étoilé, le Blongios nain, le Bihoreau gris, le Héron garde-bœufs, le Crabier chevelu, l’Aigrette garzette, la Grande aigrette, le Héron cendré et le Héron pourpré.

Ces oiseaux sont des échassiers de taille moyenne à grande (jusqu’à 140 cm), à long bec, long cou et longues pattes.

Commençons par les plus communs et également les plus représentatifs de la famille :

Le Héron cendré

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Il se caractérise par un long cou, un long bec pointu et de longues pattes. Il possède une excellente vue panoramique latérale et une très bonne vision binoculaire frontale.

Son ouïe, également très développée, le fait réagir au moindre bruit suspect.

Il atteint en général 95 cm de hauteur et une envergure de 1,85 m pour un poids de 1,5 à 2 kg.

Le Héron cendré présente un plumage à dominante grise.

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Chez le Héron cendré, il est très difficile de distinguer les sexes : la femelle a simplement un plumet un peu plus court.

Cet oiseau se nourrit le plus souvent de poissons, mais pas exclusivement.

En effet, il consomme également des  batraciens, des reptiles, des crustacés, de petits mammifères (musaraignes, campagnols, mulots et rats), des oiseaux, des végétaux (bourgeons), des insectes et des mollusques terrestres ou aquatiques.

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Il peut digérer les arêtes mais il n’en est pas de même pour les poils de rongeurs qu’il rejette sous forme de pelotes.

Ce régime alimentaire varié permet à l’espèce d’être visible dans différents milieux : cours d’eau et plans d’eau, marais, zones humides, prés et même espaces verts urbains et bordures routières.

Quand il chasse, le Héron cendré peut demeurer longtemps immobile, le cou dressé, en attendant le passage d’une proie. Lorsqu’elle passe à portée de son bec, il s’en saisit rapidement en projetant vers l’avant la partie supérieure de son cou.

Les Hérons cendrés se reproduisent de février à juillet. Ils nichent généralement en colonies, appelées « héronnières », au sommet des arbres se trouvant dans leurs zone de nidification.

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Sa présence indique une relative abondance de poissons ou d’amphibiens ou de petits mammifères là où il s’en nourrit.

En raison de sa position de prédateur des zones humides il a été proposé comme « outil » bioindicateur, par exemple pour le biomonitoring de métaux lourds et métalloïdes ou d’autres contaminants préoccupants. Il peut vivre 25 ans.

Il est protégé depuis 1974.

La Grande aigrette

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La Grande Aigrette est le plus grand de tous les Ardéidés présents en Europe.

Elle a failli disparaître, décimée par les chasseurs ou piégeurs qui en revendaient les longues plumes nuptiales pour décorer les chapeaux des dames de la fin du 19ème siècle au début du 20ème siècle.

Ce sont ensuite la destruction des zones humides, les pesticides et la destruction des mangroves qui ont rendu sa survie difficile. Elle est maintenant protégée et reconstitue lentement ses populations.

D’une longueur d’environ 80–104 cm et d’une envergure de 140 à 170 cm, pour un poids atteignant 1,5 kg, son plumage est uniformément blanc. En période nuptiale, de longues plumes apparaissent sur le dos (aigrette) dépassant la queue. Les yeux sont jaunes avec une pupille noire.

Hors période de nidification ou si l’individu ne niche pas, la couleur du bec est jaune, plus foncée à son extrémité.
Par contre en période nuptiale il fonce et peut devenir orangé à noir, avec les lores verts.
Les pattes et les doigts sont noirs (en toutes saisons).
Mâle et femelle sont très semblables, la femelle étant légèrement plus petite à âge égal.
Le juvénile ressemble à un adulte non-nicheur, avec des couleurs moins vives sur les pattes et le bec.
En vol, le cou est replié dans les épaules, comme celui d’un Héron cendré.

Cet oiseau a un large spectre alimentaire, allant d’insectes et de vertébrés aquatiques et terrestres aux poissons ou petits crustacés, aux petits mammifères (souris, musaraignes, campagnols, jeunes rats musqués…) en passant par les reptiles (serpents, orvets) et les petits oiseaux.
Ses stratégies de pêche vont de la pêche aux aguets à une fouille de la vase au moyen de ses pieds ou à la marche lente dans l’eau. La proie est transpercée et avalée, après avoir été éventuellement retournée dans le cas des poissons.

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Elle chasse seule ou en petits groupes. La nuit elles se rassemblent sur des arbres (dortoirs).

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Elle peut voler la nourriture de Hérons plus petits, voire d’autres Aigrettes de la même espèce, et faire preuve d’agressivité pour défendre son territoire.

La Grande Aigrette bénéficie d’une protection totale sur le territoire français.

L’Aigrette garzette

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L’Aigrette garzette mesure entre 55 et 65 cm avec une envergure de 85 à 95 cm. Elle pèse 500 g en moyenne.

Il n’y a pas de dimorphisme sexuel. Elle est entièrement blanche avec un bec noir légèrement gris bleuté à la base et ses pattes sont noires avec des doigts jaunes.

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En période nuptiale, elle porte sur la nuque deux longues plumes fines de 20 cm environ appelés les aigrettes.

Elle aussi, possède un régime alimentaire opportuniste. Elle se nourrit principalement de petits poissons (moins de 20 g), d’insectes aquatiques et terrestres, de crustacés, d’amphibiens, de mollusques, d’araignées, de vers, de reptiles et de petits oiseaux.

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Elle niche en colonie, souvent avec d’autres Ardéidés. Elle peut nicher au sol, dans les roselières, les broussailles ou jusqu’à 20 m de hauteur dans les arbres ou les rochers.

Elle se rencontre dans toutes les zones humides aux eaux peu profondes, lagunes, claires à huîtres, avec une prédilection pour les eaux saumâtres. Elle est aussi fréquente le long des cours d’eau que dans les marais dans certaines régions. Souvent observée en compagnie d’autres Ardéidés.

A l’instar de sa proche cousine, elle était naguère très recherchée pour son plumage par les chapeliers.

Le Héron garde-bœufs

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C’est un oiseau trapu de 88 à 96 cm d’envergure, de 46 à 56 cm de longueur et pesant entre 270 et 500 g.

Il a un cou relativement court et épais, un bec robuste et une posture voûtée car il rentre son cou dans les épaules.

L’adulte, hors période de reproduction, a un plumage principalement blanc, le bec jaune et les pattes d’un gris-jaunâtre.

Au cours de la saison de reproduction, les adultes développent un plumage orange chamois sur le dos, la poitrine et la couronne, alors que le bec, les pattes et les iris deviennent rouge vif pour une brève période avant l’accouplement.

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Les deux sexes sont semblables mais le mâle est légèrement plus grand et a un plumage nuptial un peu plus étendu que la femelle.

Les juvéniles n’ont pas plumes colorées et ont un bec noir. Il a une espérance de vie de 15ans.

Le positionnement des yeux lui permet d’avoir une vision binoculaire pendant qu’il mange et des études physiologiques suggèrent que cette espèce peut être en mesure d’avoir une activité crépusculaire ou nocturne.

Le Héron garde-bœufs se nourrit d’une grande variété de proies, notamment d’insectes, en particulier de sauterelles, de grillons, de mouches et de leurs asticots, de papillons, ainsi que d’araignées, de grenouilles et de vers de terre.

L’espèce se trouve généralement avec du bétail en pâture et capture de petites créatures perturbées par les mammifères. Des études ont montré que cet oiseau a beaucoup plus de succès à la chasse lorsqu’il recherche sa nourriture à proximité d’un gros animal que lorsqu’il se nourrit seul.

Il niche en colonies, le plus souvent situées autour de plans d’eau et partagées avec d’autres espèces d’oiseaux des zones humides, comme les Hérons, les Aigrettes, les Ibis et les Cormorans.

Le Bihoreau gris

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Le Bihoreau gris est un oiseau trapu avec une tête large, un cou épais et court, et des pattes courtes.
L’adulte a la calotte noire ainsi que le manteau. Les ailes, le croupion et la queue sont gris, les parties inférieures blanchâtres. Les pattes et les doigts sont jaunes verdâtres.
En période de reproduction, l’adulte a deux longues plumes blanches sur la nuque.

Le jeune a un bec jaune-verdâtre et des pattes gris mat, son plumage est brun tacheté de blanc puis brunâtre avant de prendre ses couleurs définitives

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Son bec puissant est pointu et noir, deux longues plumes blanches ornent la nuque en période de reproduction et la couleur rouge de l’iris est frappante.

La femelle ne se distingue guère que par sa taille légèrement plus petite que celle du mâle (58 à 70 centimètres pour un poids pouvant atteindre 1 kg et une envergure de 110 cm environ)

Sa technique de chasse est propre aux ardéidés : Il attend, parfaitement immobile, une proie qu’il attrape en détendant brutalement le cou et avale après l’avoir assommée.

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Le Bihoreau gris se nourrit également d’insectes, vers, reptiles, rongeurs et « visite » aussi à l’occasion d’autres nids, n’hésitant pas à gober les œufs ou les petits qu’ils contiennent, en particulier les Héronneaux d’autres espèces.

De mœurs nocturnes, il cherche cependant sa nourriture de jour si nécessaire, par exemple en périodes de nidification.

En période nuptiale, les pattes rosissent, et deux ou trois plumes blanches ornent la nuque, descendant jusque sur le dos. Les mâles deviennent plus agressifs, rentrent la tête, claquent du bec ou s’emparent d’une brindille qu’ils offrent parfois à leur partenaire, il est monogame.

Les mâles rénovent un nid existant ou en construisent un nouveau à base de brindilles, de racines et d’herbe que la femelle entrelace, le résultat est assez sommaire, on peut en trouver jusqu’à une trentaine dans un même arbre, près du tronc ou aux fourches de branches.

Cet oiseau bénéficie d’une protection totale sur le territoire français.

Le Butor étoilé

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 Très mimétique, Le Butor étoilé est difficile à observer dans les roselières.

C’est Héron, massif, au plumage brun chaud strié de brun plus foncé. Sa tête présente une calotte sombre et un bec en poignard. Une bande noire descend du coin du bec vers la gorge, en passant en dessous de la joue. Le cou est épais, les pattes courtes pour un échassier, mais avec de longs doigts. Sa longueur varie de 69 à 81 cm et son envergure de 120 à 130 cm ; son poids varie entre 900 et 1,100 kg.

Ses déplacements au sol sont lents et discrets. Il marche avec la tête légèrement dans les épaules et avec un léger mouvement latéral afin de mieux cibler ses proies. S’il se sent menacé, il devient immobile, allonge son cou et pointe son bec vers le haut, de manière à se fondre dans les roseaux environnants. Il est capable de rester dans cette position et de s’incliner avec les roseaux agités par le vent pendant plusieurs heures, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de risque.

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Cet oiseau se déplace facilement entre les tiges de roseaux, avec ses longs doigts lui permettant de marcher sur la végétation flottante.

Il se nourrit de poissons, amphibiens et invertébrés (notamment des insectes aquatiques). Il peut parfois chasser des oiseaux ou de petits mammifères.

Il reste immobile de longs moments, à la recherche de proies, approche avec des mouvements très lents, tendant le cou, et soudain, il saisit ou perce la proie avec son bec. Elle est frappée à plusieurs reprises avant d’être avalée la tête la première.

Habituellement solitaire. Sa présence est surtout confirmée par son chant très puissant (audible jusqu’à 5 km) et ressemblant à une  » corne de brume « , un son très profond et caverneux souvent émis sur deux tons.

Le Butor niche dans les roseaux en avril-mai. Le nid, bien caché dans la végétation et construit par la femelle, est une plate-forme flottante formé de morceaux de roseaux morts et garni de fines matières.

Cette espèce a une durée de vie d’une dizaine d’années. Il bénéficie d’une protection totale sur le territoire français.

Terminons à présent de tour d’horizon par les 3 dernières espèces, migratrices et visibles uniquement durant la saison estivale.

Le Héron pourpré

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C’est un très bel oiseau, fin et longiligne, au long bec pointu jaune, il mesure de 78 à 90 cm de long avec une envergure de 120 à 150 cm.

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Mâles et femelles se ressemblent (les juvéniles sont plus bruns).
Sa poitrine est brun-roux et l’abdomen noir avec flancs et scapulaires roux-pourpre.
Les yeux sont jaune clairs et sa tête est ornée d’une calotte noire, l’arrière du cou étant brun roussâtre et blanc sur le devant avec des stries noires en approchant du haut de la poitrine qui s’orne de plumes plus longues à la saison des amours.

Les pattes jaunes tirant vers l’orange lui permettent de marcher dans l’eau et la vase. Des doigts inhabituellement longs pour un héron lui permettent de marcher sur les vases molles, les feuilles flottantes et de se poser sur les buissons.

Son régime alimentaire est semblable à ses congénères : poissons, mollusques, crustacés, insectes aquatiques, larves, reptiles, amphibiens, petits rongeurs voire oisillons.

Il niche dans les roselières plutôt que dans les grands arbres.

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Il joue un rôle majeur de prédateur des zones humides, contribuant à la régulation naturelle des populations de poissons, amphibiens et rongeurs.

Le Héron pourpré bénéficie d’une protection totale sur le territoire français.

Le Crabier chevelu

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Ce très bel oiseau se caractérise par une couleur générale chamois soutenu ou brun clair. Son bec grisâtre en toutes saisons devient bleu-turquoise au moment de la reproduction. Ses pattes sont orangées.

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Le plumage de sa tête est remarquable puisque celle-ci est ornée de nombreuses aigrettes brunes et blanches. En vol, il paraît complètement différent puisque c’est la couleur blanche de ses ailes qui prédomine.

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Assez petit, il mesure 47 cm avec une envergure de 92 cm pour un poids pouvant atteindre 300 g.

Les grenouilles sont ses proies favorites, mais il mange également des insectes et des poissons. Il se nourrit le long des ruisseaux, et au bord des pièces d’eau marécageuses, à proximité du couvert. Il prend une posture assez horizontale lorsqu’il pêche.

Ce Héron niche en groupes dans les arbres, les bosquets ou les roseaux, habituellement avec d’autres hérons et aigrettes. Il bénéficie d’une protection totale sur le territoire Français.

Le Blongios nain

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Mesurant 38 cm, pour une envergure de 58 cm et un poids de 150 g, c’est le plus petit des hérons européens.

Il est reconnaissable par sa petite taille, équivalente à celle d’un pigeon et à la couleur jaune paille qu’arbore le dessus de sa tête alors que son dos est noir.

Il vit solitaire ou en couple, formant des groupes lâches au moment des migrations.
Cette espèce est monogame et territoriale (c’est le mâle qui crée et défend son territoire en début de la période de reproduction)

Très difficile à apercevoir, le Blongios nain utilise généralement pour se nourrir les trouées au sein des roselières ainsi que les berges de canaux.
Son régime alimentaire est essentiellement basé sur des insectes aquatiques, des batraciens et des petits poissons qu’il chasse, surtout au crépuscule, solitaire, à l’affût, immobile dans les roseaux ou en avançant lentement sur la berge.

Le mâle choisit l’emplacement du nid, de préférence dans une roselière ou à proximité dans les fourrés de saules ou les buissons, à faible hauteur : quelques dizaines de centimètres au-dessus de la surface, dans une zone ou l’eau est profonde de 25 à 30 cm

Le Blongios nain arrive en France aux alentours du mois de mai et repart dès les mois d’août ou septembre.

Cet oiseau est « considéré comme étant une espèce menacée au niveau national et européen et méritant des mesures conservatoires particulières »

Voilà un petit tour d’horizon des Ardéidés Français qui, je l’espère, vous permettra de mieux les reconnaître lors de vos balades photographiques.

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Michel FERNANDEZ

Plus de photos sur mon site : Mes photos Nature

6 comments on “Les Ardéidés de France

  1. Très bel article et surtout très complet, d’une « famille » d’oiseaux que j’aime tout particulièrement. Merci Michel, un régal !

    Aimé par 1 personne

  2. Alain HUET

    Bravo Michel pour ce très bel article bien documenté et qui me servira, j’en suis sur lors de mes prochaines ballades.

    Aimé par 1 personne

  3. Claire O.

    Merci pour ces infos très intéressantes et ces belles photos.

    Aimé par 1 personne

  4. Christiane Couré

    Merci beaucoup pour cet article très instructif ,je ne savais pas par exemple qu ils pouvaient changer de couleur de plumes ou s’orner de plumes suplémentaires en période nuptiale ,je comprends mieux pourquoi il me semblait reconnaître un oiseau et pourtant il n’était pas tout à fait le même que d’habitude !

    Aimé par 1 personne

  5. Très bel article. Photos et commentaires sont au top!

    Aimé par 1 personne

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