Un lecteur à l’honneur : Jean-Marc Mika

Le dimanche, est traditionnellement la journée où je prends le temps de faire, ce que mes nombreuses occupations m’interdisent la semaine. L’un de mes passe-temps favori et de regarder les images produites par d’autres photographes, en essayant de comprendre leur démarche technique et artistique. C’est très formateur et surtout très plaisant !

C’est donc dans cet esprit que je vous propose une série de photos transmises au blog par Jean-Marc Mika. Toutes ses images ont été réalisées à l’aide d’un boîtier Nikon D7100 et d’un objectif Tamron 18-400mm. Maintenant, place à l’artiste !

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Le Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus)

Aujourd’hui, je souhaite vous parler d’une orchidée emblématique, une des plus belles de France, celle qui ressemble le plus à l’orchidée tropicale type à laquelle on pense quand on parle d’orchidée.

Certainement la plus rare, difficile à confondre avec une autre : Le Sabot de Vénus.

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Le sabot de Vénus ou sabot de Vénus d’Europe (Cypripedium calceolus) est une plante herbacée vivace de la famille des Orchidaceae (sous-famille des Cypripedioideae). Il est parfois appelé sabot de la Vierge ou soulier de Notre-Dame.

Le gros labelle jaune et renflé de ses fleurs évoque la forme d’une chaussure, ce qui lui a donné son nom.

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La fleur du sabot de Vénus est l’emblème de nombreuses régions des Alpes et symbolise la beauté d’où l’engouement qu’il provoque. La variété au périanthe entièrement jaune est très recherchée. La légende veut que Vénus surprise à flâner dans la prairie par un berger s’enfuie, laissant derrière elle un de ses souliers devenus « le sabot de Vénus ».

C’est une orchidée qui apprécie les sols alcalins et que l’on rencontre en Suisse, en Italie, parfois en Espagne, en Grèce, en Amérique du Nord, plus fréquemment en Sibérie et dans quelques pays d’Asie. Elle est très rare et protégée au niveau national, souvent menacée par la densification de son couvert végétal.

En France on la trouve tout particulièrement dans les Alpes et de manière épisodique dans les Pyrénées, dans le Jura, en Moselle et sur le Massif Central entre 300 et 1200 mètres d’altitude dans les zones de mi-ombre en particulier dans les hêtraies et les hêtraies-sapinières, où elle fleurit de mai à juillet.

La tige dressée atteint 15 à 60 cm de haut et se caractérise par des gaines à la base. La tige simple porte habituellement de trois à cinq feuilles alternes vert clair et couvertes de petits poils sur leur partie inférieure. Elles sont de forme large-ovale, dont la nervation parallèle est bien marquée et  peuvent se confondre avant sa floraison avec la Grande gentiane.

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Le sabot de Vénus pousse fréquemment en petites touffes de 2 à 6 tiges partageant un système racinaire commun. Il développe des fleurs hermaphrodites et zygomorphes.

Généralement cette espèce ne produit qu’une à deux fleurs par individu, très rarement quelques spécimens à trois fleurs. Les fleurs se forment à l’aisselle de bractées et sont portées par un pédoncule pubescent.

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Chaque fleur, comme toutes les orchidées, possède trois sépales et trois pétales. Les sépales, longs de 5 cm sont de forme lancéolée. Leur couleur varie entre brun-rouge et brun-chocolat. Les deux sépales latéraux sont soudés et pointent vers le bas sous le labelle tandis que le sépale central qui s’étend verticalement vers le haut prend la position opposée. Deux pétales assez étroits et souvent un peu torses, sont de même couleur et forme que les sépales. Ceux-là sont disposés des deux côtés et entourent le labelle jaune. Celui-ci naît par une transformation du troisième pétale. Il est en forme de sabot ventru de couleur jaune paille parsemé de taches brunes et atteint une longueur de 4 cm. La fleur du sabot de Vénus compte parmi les fleurs les plus grandes de la flore d’Europe occidentale, et possède la fleur la plus grande parmi les orchidées européennes.

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C’est la seule orchidée de la sous-famille des Cypripedioideae en Europe.

Cette orchidée est définit comme une plante tricheuse, c’est à dire qu’elle attire les insectes avec la couleur vive de sa fleur sans avoir à produire de nectar. Les pollinisateurs dupés ressortent du sabot couverts de pollen sans avoir pu festoyer. Il arrive de manière exceptionnelle que la plante s’autoféconde. Cette espèce à une durée de vie d’une centaine d’années ce qui permet de compenser sa faible reproductivité.

Malgré son espérance de vie, elle est très fragile. Tout d’abord, elle ne fleurit qu’au bout de plusieurs années (une dizaine d’année généralement). Ensuite, comme pour toutes les orchidées, ses graines sont trop petites pour se développer seules.

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Bouton de Sabot de Vénus

Elles n’ont pas de réserve de nourriture pour le développement de la plantule et ont donc besoin d’une association avec un champignon. Sans ce dernier, aucune chance de germer (alors n’essayez jamais de récupérer des graines d’orchidées au passage). Celui-ci lui apportera alors de la nourriture qui lui permettra de germer. Mais toute symbiose nécessite une parfaite rigueur pour chacun des participants, si l’un des deux triche et devient parasite alors aucun d’eux ne pourra se développer. Heureusement, elle se multiplie également par ses rhizomes, des racines horizontales d’où partiront de nouvelles pousses (comme pour les iris par exemple).

Vous l’aurez compris, dans tous les cas la reproduction est très compliquée et l’espèce fait l’objet d’une réglementation très stricte en raison de son important déclin sur l’ensemble de l’Europe (à cause de la destruction de son habitat). À l’échelle nationale sont statut est VU: Espèce encourant un risque élevé d’extinction dans la nature. Néanmoins dans les alpes l’espèce est bien plus fréquente que ne l’indique les référence bibliographiques. C’est d’ailleurs là que l’on trouve les plus importantes populations d’Europe Occidentale.

Une des premières causes de la disparition du sabot de Vénus est la cueillette de loisir ou commerciale de celui-ci. Malgré la sensibilisation auprès des publics, il est encore courant de rencontrer des promeneurs ou vendeurs à la sauvette qui proposent ou tiennent à la main de larges bouquets.

De fortes amendes (1500 euros par fleur coupée !) couplées à des patrouilles fréquentes de gardes assermentés de la police de l’environnement dissuadent les contrevenants.

Si la moindre petite station de cette espèce est gardée secrète, c’est par peur de la destruction, peur qu’un collectionneur irresponsable voulant avoir un plan au fond de son jardin ou dans son herbier fasse disparaître une espèce pour ses intérêts personnels, ce qui est trop souvent arrivé.

Cette plante, la fleur de la déesse de l’amour, déchaîne tant de passions que le public devient rapidement incontrôlable. Pour certains botanistes ou « cocheurs », c’est LA fleur à voir avant de mourir, c’est un mythe qui prend des proportions énormes. Certains ne veulent pas la voir, mais l’avoir vue. Ils font des centaines de kilomètres pour elle, pour la photographier, la toucher… et bien souvent tout est piétiné autour y compris les pieds non fleuris difficiles à reconnaître.

Voila une belle et rare fleur qui méritait bien un petit article.

Rappelez vous que les Orchidées sont protégées et qu’il est inutile (et surtout impossible) de chercher à les faire pousser dans vos jardins.

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Michel FERNANDEZ

D’autres photos sur mon site : mes photos nature

Les Orchidées sauvages

Photo d’article : Ophrys à grandes fleurs (Ophrys magniflora)

Les premières Orchidées sauvages sortent de terre, il est donc temps pour moi de vous en parler et de vous aider à les reconnaître.

Bien entendu il ne sera question ici que des espèces Françaises.

D’abord, qu’est ce qu’une Orchidée ?

Les Orchidacées (Orchidaceae) forment une des familles de plantes les plus diversifiées, comptant entre 25 000 et 30 000 espèces, réparties en 850 genres. Autant dire qu’ici, nous ne ferons que « survoler » cette famille …

Ces chiffres font d’elles l’une des plus importantes familles de plantes à fleurs, qui a pratiquement colonisé tous les milieux, à l’exception des déserts et des cours d’eau.

La symbiose se fait avec un champignon microscopique, caractéristique rendant cette famille de plantes très économe en ressources. De ce fait les Orchidées sont adaptées à des milieux difficiles, que bien souvent seul ce type de symbiose permet d’exploiter. Cette spécificité leur permet de coloniser des milieux relativement peu occupés par d’autres espèces.

Plantes se reproduisant par pollinisation entomophile, une grande partie d’entre elles montrent des relations de dépendance étroite avec des insectes pollinisateurs spécifiques, allant jusqu’à des stratégies de leurres visuels, olfactifs et sexuels. Les semences des orchidées sont de très petite taille et sont produites en très grand nombre : De cette façon elles peuvent être facilement transportées par le vent.

Leurs semences sont si petites qu’elles ne possèdent pas les réserves nutritives suffisantes pour engendrer la germination. Des sucres fournis par le champignon symbiotique permettent au germe de se développer.

Ce caractère symbiotique ainsi que la régression de leurs pollinisateurs rend leur réintroduction parfois difficile. Inutile donc de déraciner une Orchidée sauvage (ce qui est d’ailleurs interdit par la loi, car ces plantes sont, pour la plus grande partie d’entre elles, protégées !) pour tenter de la faire pousser chez vous. Sans le mycélium du champignon auquel elle est inféodée, elle dépérira.

Dans le foisonnement des formes végétales, l’Orchidée d’Europe est très facile à différencier des autres espèces grâce à un ensemble particulier de caractères qui lui sont propre : Le port altier de la plante sa tige toujours dressée et sans ramification, ses feuilles toujours entières à nervures parallèles.

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Les formes des différentes feuilles

Rajoutons à cela une inflorescence caractéristique : Ses fleurs mettent en évidence une symétrie bilatérale parfaite et comprennent 3 sépales semblables, 3 pétales dont un, le labelle, diffère des 2 autres. Aucune autre plante Européenne ne possède ces caractères réunis

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Disposition des pièces florales chez les orchidées. Pétales (P), sépales (S) et labelle (L).

Une fois l’Orchidée repérée, il faut ensuite affiner sa détermination en arrivant au genre, au groupe, et pour finir à l’espèce.

Comme évoqué plus haut, les Orchidées ont fait l’objet d’une classification scientifique dénombrant en tout 850 genres (Orchis, Ophrys, Anacamptis, Sérapias, Cephalantères … ) et pas moins de 25 000 à 30 000 espèces ont été répertoriées (Orchis brulé, Ophrys scolopax …)

Mais cela est loin d’être aisé et évident ! En effet, si d’un seul coup d’œil et avec l’habitude, bien entendu, il peut être facile de nommer les espèces connues, il faut savoir que ces fleurs nous réservent bien des surprises : Aberrations de couleurs, de formes mais surtout hybridations plus ou moins habituelles avec d’autres Orchidées, sont autant de casses têtes pour le profane, mais aussi pour le connaisseur expérimenté !

D’un point de vue systématique, un classement est établi par les botanistes.

Très complexe, il est régulièrement modifié au fil du temps.

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Voici les genres ou groupes de genres présents en France métropolitaine

Découvrons ensemble quelques une de ces fleurs si atypiques :

Le genre Ophrys : Il se caractérise par des feuilles ovales disposées en rosette et de petites fleurs dépourvues d’éperon, munies d’un labelle particulier en général poilu et portant souvent une macule dans sa partie centrale.

La forme de la fleur rappelle celle d’un insecte et c’est d’ailleurs une particularité exploitée pour la reproduction puisque certains insectes sont attirés par la fleur qu’ils prennent pour une femelle de leur espèce !

Bien que certaines espèces puissent être vues en fleur jusqu’en septembre, la floraison des Ophrys est en général assez précoce.

Quelques espèces :

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Ophrys  jaune (Ophrys lutea)

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Ophrys bécasse (Ophrys scolopax)

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Ophrys petite araignée (Ophrys araneola)

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Ophrys mouche (Ophrys insectifera)

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Ophrys abeille (Ophrys apifera)

Les genres Anacamptis, Orchis, Himantoglossum, Dactylorhiza, Gymnadenia, Neotinea : sont des familles très semblables.

Le genre Orchis étant sans doute le plus connu et le plus familier de la famille des Orchidacées.

Ces genres se distinguent entre eux par la disposition des feuilles inférieures, par les bractées plus ou moins développées ou d’aspect plus ou moins membraneux, par la forme des fleurs ou par celles de leurs racines.

Quelques espèces :

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Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)

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Orchis homme pendu (Orchis anthropophora)

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              Orchis pourpre (Orchis purpureus)

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Orchis militaire (Orchis militaris)

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Orchis géant (Himantoglossum robertianum)

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Orchis bouc (Himantoglossum hircinum)

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Orchis papillon (Anacamptis papilionacea)

Les genres Plantanthera : Les Platanthera ont un port altier et possèdent deux grandes feuilles d’une couleur vert-jaune partant de la base de la tige. L’éperon est filiforme.

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Platanthère à fleurs vertes (Platanthera chlorantha)

Le genre Cephalanthera : Comprend trois espèces en France portant de grandes fleurs s’ouvrant peu avec un labelle articulé.

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    Céphalanthère à feuilles étroites (Cephalanthera longifolia)

Le genre Limodorum est un genre comprenant deux espèces en France. Ses longues tiges garnies de grandes fleurs violettes poussent dans les sous-bois clairs.

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Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum)

Le genre Serapias comporte une petite dizaine d’espèces en France. Il présente des fleurs de forme caractéristique, avec des pétales et un gynostème cachés dans le casque. L’éperon est absent et un labelle en forme de langue surgit du casque et comporte à sa base des lamelles ou des callosités dont l’observation est utile pour la détermination des espèces. Le casque sert souvent d’abri aux insectes qui peuvent s’y glisser.

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Sérapias à labelle allongé (Serapias vomeracea)

Le genre Neottias est dépourvu de chlorophylle

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Néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis)

Le genre Cypripedium est mono spécifique en France. Il a la particularité de posséder deux étamines fertiles, ce qui a conduit à le placer dans une famille autonome. Il ne comprend qu’une espèce en France. Ses feuilles constituent une petite rosette à la base de la tige.

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Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus)

J’espère que ce bien maigre survol de ces plantes atypiques vous aidera à les différencier des autres fleurs.

Rappelez vous que les Orchidées sont protégées et qu’il est inutile (et surtout impossible) de chercher à les faire pousser dans vos jardins.

Pour en savoir plus, de nombreux livres de détermination sont disponibles en librairies. Je ne saurais vous conseiller : « Orchidées d’Europe » des éditions Delachaux Niestlé, ainsi que « Les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg » des éditions Biotope.

Michel FERNANDEZ


Plus de Photos sur mon site : www-mes-photos-nature.fr

Gorges du Tarn et parc des Cévennes

Chanceux, j’ai pu prolonger le séjour dans les Gorges du Tarn pendant trois jours. L’occasion de rendre visite aux chevaux de Przewalski, de faire une petite infidélité au Causse Méjan pour visiter l’observatoire météo du massif de l’Aigoual, réaliser quelques photos de paysage du parc des Cévennes et des Gorges du Tarn, l’occasion également de visiter l’Aven Armand.

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