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SONY RX10 IV: test terrain du bridge de tous les records


Fin 2013, Sony lançait le RX10, premier du nom. Un bridge, salué par la presse spécialisée pour avoir réussi le mariage d’un zoom qualitatif, signé Zeiss, avec un capteur de taille respectable (1 pouce).

Au dernier salon de la photo de Paris, Sony présentait la quatrième génération de son RX10. Cette nouvelle mouture s’offrait un autofocus de course, un nouveau capteur « empilé », l’écran tactile qui manquait aux générations précédentes et bien d’autres gourmandises photographiques. Avec cette version IV, Sony fait preuve d’une grande sérénité ; proposer un bridge presque deux fois plus cher que son concurrent immédiat, avouez qu’il faut oser…. ou tout simplement, avoir une grande confiance dans les possibilités de son rejeton ! C’est donc ce que je vous propose de vérifier aujourd’hui avec ce test terrain. Le SONY RX10 IV vaut-il son prix de vente ?

À propos des bridges

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Les bridges s’adressent à un segment de photographes bien spécifique ; ceux qui rêvent des performances d’un reflex dans un appareil, mono objectif, pourvu d’un zoom à tout faire (du grand angle au super téléobjectif).

Le bridge est donc un « couteau Suisse » capable de remplacer un reflex accompagné de plusieurs optiques. C’est le matériel idéal lorsque l’on souhaite « rester léger », comme c’est le cas des voyageurs, des randonneurs ou des photographes ne souhaitant pas endosser le rôle de sherpa… Le Sony RX10 IV dispose d’un zoom fabriqué par Zeiss et couvrant les focales de 24 à 600mm, avec une ouverture de f/4 à 600mm, excusez du peu…

Les premiers bridges avaient mauvaise réputation. En cause, un capteur bien trop petit pour produire de belles images, et une optique de qualité très moyenne. Mais cela c’était avant ! Avant que Panasonic ne sorte le très bon FZ1000 suivi de l’excellent FZ2000, avant que Sony  ne s’intéresse aussi à ce segment et propose ses RX10 Mark 1 à 4. Veuillez noter que chaque nouveau modèle de RX10 n’est pas une mise à jour du précédent, mais un boîtier visant un public différent. Cela explique pourquoi Sony commercialise toujours les 4 versions de son bridge.

La série des Sony RX 10

Construit autour d’un capteur de 1 pouce et d’un objectif Zeiss de très haute qualité, le RX10 a l’apparence d’un reflex numérique. Son boîtier est imposant, robuste et étanche aux intempéries. Le RX10 IV dispose d’un zoom 25x et du dernier capteur 1 pouce «empilé» de Sony. Ses performances sont très supérieures au mark III, ce qui explique en partie, un prix de vente stratosphérique pour un bridge.

Avant de vous offrir ce test terrain du petit dernier de la famille RX10, j’ai voulu passer du temps avec lui. Disons le tout de suite, ce boîtier plein de ressources, demande des compétences photographiques avérées. Le RX10 IV n’est pas un appareil photo pour tout le monde, il s’adresse aux photographes experts, pros ou semi-professionnels, dont le bagage technique permettra de tirer un maximum de ses possibilités. Les débutants prendront  peur devant un menu qui n’en finit pas et abuseront des modes tout auto, passant ainsi à côté des immenses possibilités offertes aux photographes et vidéastes.

Du paysage à la macrophotograhie, de la photo animalière à la photo sportive, de la photographie à la vidéo 4K, le mark IV est à l’aise partout. Si vous pensez que les bridges ne peuvent rivaliser avec les appareils reflex, le RX10 IV a de quoi vous faire changer d’avis. Ce n’est pas pour rien qu’il est entré dans le sac de nombreux photographes professionnels, surtout à l’étranger où le fait de posséder un bridge n’est pas vécu comme une tare…

Test en photo rapprochée

Le mode « Macro » de l’appareil s’utilise à la focale de 24mm et permet de s’approcher jusqu’à 3 centimètres du sujet. Bien que nommé « Macro », ce mode ne permet pas d’obtenir le rapport 1/1. On reste donc dans le domaine de la proxiphotographie. Je déconseille ce mode pour plusieurs raisons :

  1. L’utilisation du 24mm déforme l’image ;
  2. La proximité de la lentille frontale avec le sujet fait perdre beaucoup de lumière, ce qui oblige à utiliser un éclairage suplémentaire ;
  3. Ce mode doit être réservé aux fleurs car les insectes craintifs auront tôt fait de prendre leurs ailes à leur cou en voyant arriver cet énorme oeil de verre…

Mais rassurez-vous, avec un 600mm ouvrant à f/4 on peut faire de la très belle « proxi » et obtenir un superbe flou d’arrière plan (bokeh), surtout lorsque la distance minimale de mise au point se situe à 72 cm (merci le capteur 1 pouce).

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Focale 600mm – Ouverture f/11 – vitesse 1/200s – ISO 400

 

À 600mm l’arrière plan est très flou. Le bokeh est toujours très soyeux dès lors que l’on prend soin de ne pas avoir d’éléments parasites proches du sujet.

Le piqué de ce 600 f/4 de Zeiss est tout simplement monstrueux. Dès f/4 les images sont super nettes. Il suffit de fermer d’un ou deux diaphs pour améliorer encore la qualité des images.

À 600mm, la mise au point est possible à partir de 72 cm du sujet (exceptionnel). Sur le fut de l’objectif, pensez à régler la plage de mise au point sur « Full« , sans quoi il sera impossible d’obtenir le focus.  Le Sony RX10 IV étant typé « sport », Sony l’a pourvu d’un autofocus très réactif. Pendant mes séances photos j’ai rencontré quelques problèmes de « pompage » qui m’ont agacé, mais il faut reconnaître que dans la majorité des cas la mise au point s’obtient rapidement.

Le suivi autofocus

Sur un boîtier taillé « sport » ou « photo animalière », l’autofocus joue un rôle prépondérant.  Sur le RX 10 IV, le processeur et le système AF sont hérités du très « sportif » Alpha 9, le vaisseau amiral de la marque. Voilà qui promet, sur le papier, une réactivité de haut vol. Voyons maintenant ce qu’il en est sur le terrain.

Le Sony RX10 IV est assez lent au démarrage. En cause, un zoom à la taille hors-norme. Mais le nouveau trio processeur + coprocesseur + module AF à 315 points fait des merveilles et fait rapidement oublier la latence au démarrage.

En digne héritier de l’Alpha 9, le suivi AF du RX 10 IV se révèle très véloce tout en faisant preuve d’une belle fluidité et d’une très bonne accroche. Il est toutefois un petit ton en dessous des A9 et A7 génération III, mais il faut bien en garder un peu pour les grands frères !

Côté rafale, le RX10 IV se pose en nouveau mètre étalon : non seulement il va vite (jusqu’à 25 images par seconde), mais en plus il encaisse sans broncher des rafales monstrueuses. À vous les joies des 200 vues en rafale.. et l’attente de plusieurs dizaines de secondes le temps que votre carte mémoire digère toute cette soupe au pixels… Personnellement je préfère la soupe au pistou, mais c’est une affaire de goût !

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Photos prises en mode « spot élargi » (ce n’est pas le meilleur mode pour le suivi autofocus). Malgré ce handicap, l’appareil a rendu une copie parfaite. Les sujets en mouvement sont parfaitement nets. Pour les oiseaux en vol ou les animaux se déplaçant rapidement, l’autofocus accroche et ne lache pas sa proie. Dans ce domaine, le bridge fait jeu égal avec les reflex professionnels. Un vrai régal !

 

Dynamique du capteur

Rien de tel qu’un contrejour pour tester la dynamique du capteur d’un boîtier. L’image ci-dessous, prise face au soleil, se révèle toujours détaillée et contrastée, malgré je l’avoue, une erreur de ma part : l’omission de passer en RAW…

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Une prise de vue en RAW aurait permis d’éviter la zone écrétée au bas de l’image. Malgré cela la photo conserve un joli contraste et beaucoup de détails. L’exposition est presque parfaite… (J’me console comme je peux…).

 

Qualité des images

Le Zeiss Vario-Sonnar T 24-600 mm f/2,4-4 qui équipe la version IV du RX 10 est sans aucun doute le meilleur zoom du marché (à ce niveau de prix). Il se montre excellent à toutes les focales et à toutes les ouvertures. Associez ce zoom au capteur Sony Exmor RS BSI CMOS 20,1 Mpx de Type 1 pouce et vous obtenez le RX 10 mark III.  Partant de cette base solide, optimisez l’autofocus, la qualité des images à 600mm et les fonctions vidéo et vous obtenez un mark IV qui se place bien au dessus du déjà très bon Panasonic FZ2000.

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L’image ci-dessus vous montre un crop d’une photo à 100%. Image prise à 600mm, la focale qui sera sans doute la plus utilisée par les photographes animaliers. L’image est précise et très piquée, le velouté du bokeh est parfait.

 

Test vidéo

Cette courte vidéo vous permettra d’apprécier la qualité de l’image à 600 puis 1200 mm. Les deux clips ont été tournés à main levée, ce qui permet également d’apprécier la qualité de la stabilisation 5 axes du capteur.

Les vidéastes avertis trouveront, avec ce boîtier, tout ce dont il ont besoin pour une production de qualité. Ils filmeront soit en UHD 30p (4K) ou encore en Full HD 120p, avec ou sans SLog-2 ou SLog-3. Ajoutons à cela de nombreux réglages du profil gamma et des profils colorimétriques, le zebra, l’assistance à la mise au point, le mode HFR permettant de filmer à 1000 images par seconde pour des ralentis incroyables… Un vrai régal que les vidéastes apprécieront.

 

Mon avis après plusieurs milliers d’images

Le Sony RX 10 IV est excellent, tant en photo qu’en vidéo. Son zoom 25x est exceptionnel de qualité. La stabilisation 5 axes permet d’utiliser la focale de 600mm sans trépied (je n’ai jamais eu d’image floue à cette focale). La construction du boîtier est très sérieuse pour ne pas dire très pro, le RX10 IV est fait pour durer. La qualité des images est très bonne jusqu’à 3200 ISO. Les rafales permettent d’atteindre 25 images par seconde tant en JPEG qu’en RAW. Mais pour attirer les professionnels, il en faut encore plus. Alors le boîtier est totalement tropicalisé, la réactivité est excellente (une fois le boîtier prêt à l’utilisation), les fonctions vidéos sont très complètes. Le Sony RX10 IV dispose d’un très bon viseur électronique, d’un écran tactile (pour le choix de la zone de mise au point) et d’une connectique complète.

Passons maintenant à ce qui pourrait être amélioré : le temps de latence à l’allumage, l’exploitation de l’écran tactile et la capacité de la batterie qui ne permet que 400 photos environ (370 avec le viseur électronique).

Le logement de la carte SD est trop exigu. Il est difficile de mettre la carte en place (pourtant je n’ai pas de gros doigts) et il est encore plus difficile de la sortir.

Malgré la qualité du boîtier, je pense qu’un prix de vente à 1500 euros serait correct. Ce boîtier est donc trop cher. Enfin, au prix de vente de cet appareil, SONY pourrait le livrer avec un chargeur de batterie… Il faudra donc acquérir un chargeur séparément (pas celui de Sony, trop cher). C’est inadmissible !

Alors le Sony RX10 IV vaut-il son prix de vente de 1800 euros ? À 1500 euros j’aurais dis OUI, OUI et OUI. À un peu plus de 1800 euros, j’émets un avis mitigé, même si à ce prix il est le seul à offrir un 600mm f/4 de cette qualité, une rafale à 25 i/s et un autofocus de feu. Si l’argent n’est pas un soucis pour vous, foncez, car ce boîtier est une tuerie ! Si pas contre le petit cochon fait la gueule, il faudra attendre une baisse de prix ou vous tourner vers le marché de l’occasion.

À très bientôt !

Jean-Michel

5 comments on “SONY RX10 IV: test terrain du bridge de tous les records

  1. BENAMARA KHELIL

    Bonjour. Comment fait-on pour passer de 600 à 1200 mm? Merci

    J'aime

    • Bonjour Khelil,
      Voici la marche à suivre :
      Dans le deuxième onglet : page 6/10 – option Réglage du zoom – Choisir ActivZoomImgClair et valider. Le zoom passe maintenant de 24mm à 1200mm.
      Attention cette fonction n’est utilisable qu’en JPEG. En RAW ou RAW + JPEG il n’est pas possible de sélectionner le zoom étendu.
      Pour information, il ne s’agit pas de zoom numérique, mais d’une « bidouille » Made in Sony utilisant un léger crop sur le capteur et un rééchantillonnage de l’image à la sauce Sony.
      Les résultats sont souvent très bons.
      Bonne journée.

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  2. bonjour Jean Michel . merci de votre test et avis très qualitatif. Je vais à 98% acquérir cet appareil (je revends mon ensemble Lumix G80 et plusieurs focales fixes ) d’ici peu . Juste pour les 2% restant : la qualité du bokeh en mode portrait est elle aussi étonnante ? utilisez vous cet appareil pour vos reportages de mariage par exemple merci de votre retour
    bonne continuation.
    seb

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    • Bonjour Seb,
      La qualité du bokeh est vraiment excellente à 600mm et f/4. Donc pas de soucis pour les portraits. Par contre je n’ai jamais utilisé cet appareil pour les mariages car je possède deux Sony A7III et A7RIII. L’appareil est également excellent en mode vidéo. J’utilise beaucoup cet appareil en voyage car voyager avec un 24-600mm f/4 reste un must ainsi qu’en photographie animalière. Je n’aime pas le mode macro de l’appareil qui nécessite d’être très près du sujet. Je lui préfère le 600mm f/4 qui donne d’excellents résultats même si ce n’est pas de la vrai macro (voir les photos postés dans cet article).
      Amicalement
      Jean-Michel

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