Photographie

Nikon Z6 et Z7: les hybrides 24×36 sont arrivés !


Après quelques légères fuites, savamment orchestrées par la marque, Nikon a enfin dévoilé les deux premiers appareils de sa série Z, des hybrides (appareils photo sans miroir) équipés d’un capteur 24×36. Il s’agit des Nikon Z6 et Z7.

Voici 3 vidéos présentant les nouveaux-nés :

 

Introduction à la Serie Z – Prise de photo

 

Introduction à la Série Z – Vidéo

 

Introduction à la Série Z – Objectifs/ Monture

 

Premières remarques concernant ces deux hybrides :

En 2011, Nikon faisait une première incursion dans le monde fabuleux des hybrides avec sa gamme Nikon 1. Mais cette nouvelle gamme d’appareil ne s’imposera pas auprès du public. Pourquoi ? La taille du capteur, plus petite que les APS-C de Sony, n’est peut-être pas étrangère à cet insuccès.

Aujourd’hui, Nikon revient à la charge avec les deux premiers boîtiers de sa série Z. Le Z6, doté d’un capteur plein format de 24,5 millions de pixels et le Z7 disposant également d’un capteur plein format de 45,7 millions de pixels.

Le choix de sortir simultanément deux boîtiers de 24 et 45 mpix indique clairement la volonté de Nikon de concurrencer les Sony A7III (24 Mpix) et A7RIII (42Mpix), mais aussi d’arrêter l’hémorragie… En effet, de nombreux photographes experts et professionnels sont passés de Nikon chez Sony en raison de la grande qualité des hybrides 24×36 de la série A7 version III.

La question se pose maintenant de savoir si un Nikon Z6 peut rivaliser avec un Sony A7III ou encore si le Z7 est aussi bon qu’un A7RIII.

nikon-serie-Z.jpg

Design : Question design, je dirai que les deux marques sont à égalité. Les Nikon sont très agréables à regarder et je fais entièrement confiance à la marque pour la robustesse de ses boîtiers.

Ergonomie et prise en main : Je ne parlerai pas ici d’ergonomie ou de prise en main car je n’ai pas encore eu la chance de manipuler les nouveaux venus. Je constate simplement que les deux boitiers disposent d’une large poignée, suffisamment proéminente pour offrir une bonne tenue en main.

Capteur et module autofocus : Voyons maintenant ce qui se passe à l’intérieur. Les deux modèles sont équipés de nouveaux capteurs rétroéclairés (BSI), comme les Sony. Le traitement des données est fournie par une puce Expeed 6.

L’autofocus est basé sur un système à corrélation de phase intégré au capteur, 493 collimateurs sur le Z7 et 273 sur le Z6. La couverture des collimateurs est, pour les deux appareils, de 90% du champ visé. Si le Z6 est doté de 273 collimateurs avec une couverture de 90% du champ visé, un Sony A7III offre 693 points de mise au point à détection de phase et 425 points de mise au point à détection de contraste avec une couverture de 93 % du champ. Le module AF des Nikon Z6 et Z7 dispose de la reconnaissance des visages, mais pas des yeux contrairement à Sony.

Couverture du champ visé : très léger avantage Sony, mais pas significatif.

Nombre de collimateurs : Net avantage Sony.

Détection visage et oeil : Net avantage Sony. Tous les photographes de mariage venus chez Sony l’ont en partie fait à cause de la fabuleuse détection de l’oeil qui, en reportage, permet d’obtenir 100% de photos nettes. 

Rafale : Le Z6 offre une rafale de 12 images par seconde tout en conservant le suivi autofocus. La mémoire tampon encaisse 19 clichés RAW (non compressés). En JPEG fine, le tampon acceptera 27 images avant de déclarer forfait. Sur le Sony A7III la rafale atteint 10,45 images par seconde, mais en RAW+JPEG fine et ce, jusqu’à ce que la carte mémoire soit pleine. Net avantage Sony.

Montée en ISO : Pour la montée en ISO, nous attendrons les premiers tests réalisés avec des boitiers finalisés, mais le capteur BSI promet de belles performances dans ce domaine.

Stabilisation mécanique : Les Nikon Z7 et Z6 intègrent un système de stabilisation mécanique sur cinq axes compatible avec la stabilisation existante sur certaines optiques. Une très bonne chose.  La stabilisation permettrait, selon Nikon, de gagner 5 diaphs. Nikon pourrait donc dans ce domaine faire jeu égal avec Sony.

Le viseur : La visée électronique est confiée à une dalle Oled de 3,7 millions de points (bien plus définie que sur un Sony A7III à 2 359 296 de points), mais son taux de rafraichissement est limité à 60 images par secondes. je ne me prononcerai donc pas concernant le viseur, car c’est à l’utilisation que l’on juge de la qualité d’un viseur (dégagement occulaire, contraste, latence, etc.).

Connectique et stockage : Les deux Z offrent de nombreux connecteurs : une entrée micro stéréo, une sortie casque, une prise USB de type C, une sortie HDMI et une prise dédiée au déclencheur.

Les boîtiers disposent également d’une puce Bluetooth et du dispositif SnapBridge pour le transfert des images vers un smartphone. Le Wi-Fi est également présent. Il sera possible de piloter l’hybride à partir d’un ordinateur, à l’aide du logiciel camera Control Pro 2 vendu 200 €…  Jusque là, disons match nul entre Nikon et Sony.

Quand Sony prend le large !

Ce qui va faire grincer les dents des photographes, c’est au niveau du stockage. Ici, la bourde commise par Nikon est tout simplement ENOOOOOOORMISSIME, voire totalement incompréhensible, et va  interdire l’accès de ses boîtiers aux sacs des professionnels… Le stockage des photos ne se fait que sur une seule est unique carte mémoire…  De plus elle a le mauvais goût d’être au format XQD, pas toujours facile à trouver et surtout très chère à l’achat. Les photographes de mariages continueront d’alimenter les caisses de Sony dont les boîtiers offrent deux slots, donc la possibilité d’enregistrer les photos simultanément sur deux cartes mémoire. Sachant que pour la vidéo 4K une simple carte SD classe 10 U3 est suffisante, je ne comprends pas la bourde de Nikon. Quel professionnel achèterait aujourd’hui un boîtier ne permettant pas de sécuriser ses prises de vues ?

Les ingénieurs de Sony peuvent poursuivre leurs vacances tranquillement… 

Parlons maintenant de l’autonomie :  Ce n’est un secret pour personne, les boîtiers hybrides sont très énergivores. Mais pour un professionnel, l’autonomie est importante. Sony l’a parfaitement compris en offrant aux A7 version III une autonomie atteignant 710 vues (norme CIPA) et la possibilité de filmer plus de deux heures avec une seule batterie.

Quand est-il chez Nikon ?

Avec les deux Z, le photographe devra se contenter de 330 vues… Voilà qui va, une fois de plus, faire grincer les dents des photographes…

Le bateau Nikon commence à prendre l’eau…

La vidéo : de ce point de vue les deux Z semblent bien nés. Zébras, timecode,  focus peaking et la stabilisation électronique sont de la partie ainsi que le ralenti à 120 images par seconde.  La vidéo étant le point fort des Sony, il faudra attendre les premiers tests pour voir si Nikon fait aussi bien.

Une nouvelle gamme optique en monture Z : 

Dès leur mise en vente, les deux Z seront accompagnés de trois optiques en monture Z :

  • un 35 mm f/1,8 S à 949 €
  • un 50 mm f/1,8 S à 679 €
  • un 24-70 mm f/4 S rétractable à 1 099 €.

Trois optiques chères et pas très lumineuses. Le 50 f/1.8 est trois fois plus onéreux que son équivalent en monture F, tout en étant également plus cher que le f/1.4. Bon chez Sony les tarifs ne sont pas mal non plus !

Première conclusion !

L’attente a été longue avant de connaître les spécificités de ces deux nouveaux boîtiers. Peu d’infos ont filtrées avant ce 23 août tant attendu par les aficionados de la marque. Nikon a savamment orchestré son compte à rebours, mais cette attente insoutenable laissait espérer du lourd, du très lourd ! Force est de reconnaître, tout du moins en ce qui me concerne, que la déception est à la hauteur de mes attentes.

Je m’attendais à deux boîtiers très haut de gamme, susceptibles de faire vaciller Sony de son piédestal. Il n’en n’est rien ! Nikon nous propose deux jolis boîtiers, assez sympas du point de vue de l’équipement, mais loin d’être révolutionnaires.

Il y a quatre points qui expliquent le grand succès des Sony A7III (24 Mpix) et A7RIII (42 Mpix) auprès des professionnels et autres photographes experts :

  • l’extraordinaire qualité de l’autofocus et notamment de la détection de l’oeil qui interdit toute image floue ;
  • la superbe qualité des vidéos 4K ;
  • l’autonomie de la nouvelle batterie (710 vues norme CIPA) ;
  • la présence de deux cartes mémoires dont un slot UHS II (on aurait préféré deux slots très rapides, mais il faut bien en garder pour la prochaine version).

L’absence de la détection de l’oeil ne plaide pas pour les deux nouveaux Nikon Z, l’autonomie de la batterie non plus, quand au choix d’une seule carte mémoire au format XQD, il fera perdre de très nombreuses ventes à Nikon…

À très bientôt !

Jean-Michel

2 comments on “Nikon Z6 et Z7: les hybrides 24×36 sont arrivés !

  1. BENAMARA KHELIL

    Bonjour. J’ai lu votre document et visionné les trois vidéos. L’ensemble des explications reste intéressant, des nouveaux boîtiers qui auraient pu attirer les fans de Nikon, comme mon cas. Sachant que vous comparez ce nouveau matériel aux boîtiers Sony, y a pas photo au regard de toutes les remarques que vous soulignez. En plus, les prix ne sont pas vraiment donnés, entre 3800 et 4000 Euros le Z7! Attendons encore d’ici le salon de la photo de Paris, peut-être que Nikon mettra une deuxième carte mémoire qui fait grandement défaut. Mes salutations.

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    • Merci KHELIL pour ce long commentaire. Je pense que les deux hybrides Nikon vont produire de très belles images, on peut faire confiance à Nikon sur ce point là. Mais le choix de sortir deux boîtiers plein format (Z6 et Z7) avec respectivement 24 et 45 millions de pixels, désigne clairement le concurrent « Sony ». Pour concurrencer Sony, il faut au moins hisser ses boîtiers à sa hauteur. Force est de constater que là Nikon est loin du compte. Manque la détection des yeux (quand vous l’avez essayée vous ne pouvez plus vous en passer, car la mise au point sur l’oeil est ultra précise), manque l’autonomie (un hybride limité à 320 images aura du mal à entrer dans le sac d’un Pro, surtout lorsqu’il est vendu près de 4000 euros, et enfin la bourde du siècle (un seul slot pour carte mémoire). Quel photographe professionnel se privera de l’enregistrement simultanée de ses images sur 2 cartes mémoires… Monsieur NIKON vous avez encore du pain sur la planche…

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