Comment réussir vos contre-jours ?

Outre la photographie de mariage, j’interviens également très souvent au profit d’agences immobilières, spécialisées dans la vente de demeures de prestige. S’il est très agréable de photographier châteaux, manoirs, maisons de maîtres ou d’architectes, il m’arrive parfois d’être confronté à des conditions de prises de vues compliquées. Ce fut le cas récemment, et il a bien fallu que je m’adapte et trouve une solution. Sachant qu’il vous arrivera sans doute de vous trouver dans des conditions analogues, j’ai décidé de rédiger cet article afin de vous donner la solution à ce problème.

Quelle est la difficulté ?

Ce type de travail – je parle ici de photographie immobilière – est souvent commandé par des personnes qui ne s’embarrassent pas des problèmes de prise de vues. Elles font appel à un professionnel et veulent des résultats en conséquence, quelles que soient les conditions. Dans les faits, l’agence immobilière appelle son client et lui demande ses disponibilités pour une séance photo d’une heure trente. Il arrive assez souvent que les prises de vues aient lieu en plein midi, parce que cela arrange l’emploi du temps du propriétaire; or, si la lumière dure ne pose pas de problème au propriétaire, il n’en va pas de même pour le photographe…

Le reportage dont je vais vous parler à eu lieu alors que la façade de la maison se trouvait en plein contre-jour.

Voici la première photo du reportage. Je ne prendrai que celle-ci en exemple car les suivantes ont été confrontées au même problème et ont trouvé une solution identique.

Matériel utilisé : trépied – Boîtier Sony Alpha 9 – optique 24-70 f/2.8 – réglages de l’appareil : focale 24mm – ISO 400 – Ouverture f/11. Priorité à l’ouverture.


à Gauche l’image obtenue lors de la première prise de vue. À droite la même image avec les zones qui posent problème.

Le constat : la photo prise face au soleil présente des traces de « flare » sur la pelouse ainsi que sous les branches figurant au premier plan. Le ciel est totalement blanc et les nuages ont disparu. Les feuillages au premier plan ont également été impactés par l’excès de lumière.

La solution pour lutter contre les effets du contre-jour

Plusieurs options étaient disponibles pour résoudre le problème posé par le contre-jour :

  1. Sous exposer l’image puis remonter les ombres en post-traitement. Ici la violence du contre-jour demandait une forte sous-exposition et je dois dire que j’ai craignais de voir apparaître beaucoup de bruit au moment de « remonter les ombres ». J’ai donc décidé d’abandonner cette solution.
  2. Partant du principe qu’il vaut mieux disposer de trois images au format RAW que d’une seule, j’ai réglé mon appareil pour obtenir un bracketing d’exposition. La première photo a été prise avec une sous exposition de 3 stops, la seconde à 0 et la troisième avec une sur exposition de 3 stops. Les 3 images obtenues sont donc les suivantes :

De retour à mon bureau, j’ai sélectionné les trois images ci-dessus et les ai importées dans le logiciel « Aurora HDR 2019 ». Dans Aurora, j’ai sélectionné l’option HDR avec un rendu « architecture en extérieur » et j’ai obtenu la photo finale que vous pouvez voir ci-dessous.

Remarquez que les nuages et le bleu du ciel sont réapparus, que les traces de flare ont disparu et que les feuillages au premier plan ont repris leur véritable couleur.

Les principaux défauts ont disparu. Quelques petites retouches supplémentaires sous Lightroom m’ont permis de livrer au client une photographie parfaite. Notez que la partie HDR aurait pu être traitée par Lightroom, mais personnellement je préfère le rendu offert par Aurora.

La solution était donc assez simple : sortir le trépied, prendre 3 photos en bracketing d’exposition à (-3, 0 et +3) et assembler les images en HDR.

Le HDR produit souvent de très belles images à condition de ne pas maltraiter les curseurs… Pensez-y !

À bientôt !

Jean-Michel

Le bracketing d’exposition

Les photographes sont souvent confrontés à des éclairages compliqués. Les nombreuses variations entre les zones claires et les zones sombres perturbent le photographe qui ne sait plus quels réglages adopter.

De telles situations imposent de contrôler l’exposition manuellement tout en réalisant une série de photos. Le problème, vient du fait que ce travail demande du temps, et que l’environnement est parfois en mutation (coucher de soleil qui change très rapidement).

Aujourd’hui, la plupart des appareils numériques disposent d’une fonction appelée « Bracketing d’exposition » qui peut être utile pour résoudre les problèmes liés à un éclairage  compliqué. C’est cette technique du bracketing d’exposition que nous allons étudier aujourd’hui.

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Gestion de la lumière : la correction de l’exposition (partie 2)

Vous avez probablement déjà entendu parler de l’Indice de Lumination (IL), vous savez cette chose bizarre que les anglais nomment Exposure Value (EV), mais qu’il arrive parfois que l’on désigne sous le nom de Stop. Bon, arrêtez de regarder vers le ciel ou de fixer amoureusement le radiateur ; je vais vous expliquer ce qu’est un Stop, en photographie bien sûr, car ici, il n’est pas question de Code de la Route…

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Comprendre le bracketing

Le « bracketing« , encore un terme emprunté aux anglais et dépourvu de traduction littérale en français.

Le bracketing est une technique consistant à prendre plusieurs images d’une même scène tout en faisant varier les paramètres de prise de vue. Cette fonction, présente sur une majorité d’appareils numériques, est peu utilisée par les débutants et souvent même par les autres… Toi, derrière ton écran qui lis ce nouvel article, utilises-tu cette fonction pourtant très pratique ?

Si la réponse est non, alors je devrais très bientôt te faire changer d’avis !

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Comprendre et bien utiliser la plage dynamique

Les appareils photo numériques récents intègrent des capteurs dont la dynamique est de plus en plus élevée. Pour le photographe débutant, cette donnée demeure totalement abstraite. C’est sans doute pourquoi les fabricants rivalisent d’ingéniosité pour nous proposer des capteurs de plus en plus performants disposant d’une dynamique étendue.

La dynamique constitue l’une des valeurs primordiales de la photo numérique. Elle est bien plus importante que la définition du capteur ou que d’autres données.

Vous ignorez ce que veut dire plage dynamique d’une photo ? Pour simplifier à l’extrême, je dirai qu’il s’agit de l’échelle des valeurs séparant les parties les plus claires des parties les plus foncées d’une image.

En quoi est-ce important en photographie ? Dans un environnement naturel il existe de très grandes amplitudes lumineuses entre les différents éléments d’une scène. Un bon capteur saura enregistrer de l’information (comprenez des détails)  dans toutes les zones de l’image, sombres ou claires. Un capteur disposant d’une plage dynamique moindre  n’enregistrera aucune information dans les zones trop sombres et/ou trop claires.

Mais rassurez-vous, si votre appareil photo n’appartient pas à l’élite (comprenez aux boîtiers vendus plusieurs milliers d’euros), il existe des solutions pour réussir vos photos en contournant, tant que faire ce peut, les faiblesses de votre capteur. Vous fournir ces solutions, c’est ce que se propose de faire cet article !

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