La correction de l’exposition


Vous avez sans aucun doute déjà entendu parler de l’Indice de Lumination (IL), vous avez cette chose bizarre que les anglais nomment Exposure Value (EV), mais qu’il arrive parfois que l’on désigne sous le nom de Stop. Bon, arrêtez de regarder vers le ciel ou de fixer amoureusement le radiateur, je vais vous expliquer ce qu’est un Stop, en photographie bien sûr…

Le Stop, IL ou encore EV est un moyen de mesurer la lumière. A chaque fois que vous doublez la quantité de lumière admise dans votre boîtier numérique, vous augmentez d’un Stop. A chaque fois que vous divisez la quantité de lumière par deux, vous diminuez d’un Stop. Avouez que ce n’est pas compliqué à comprendre.

Relation avec la sensibilité, la vitesse et l’ouverture

Pour mieux comprendre comment fonctionne la mesure de la lumière, nous allons mettre le concept du « Stop » en relation avec les 3 piliers de l’exposition.

La sensibilité ISO : Quand on double la sensibilité ISO, on augmente l’exposition d’un Stop, si l’on ne touche ni à la vitesse ni à l’ouverture. Donc lorsque vous doublez la sensibilité, vous doublez la quantité de lumière reçue par l’appareil.

La vitesse d’obturation : Le concept du Stop est, ici aussi, très facile à comprendre. Si vous doublez le temps d’exposition, votre boîtier recevra deux fois plus de lumière, donc vous augmenterez l’exposition d’un Stop. De même, si vous divisez le temps d’exposition par deux, vous diminuerez l’exposition d’un Stop. Faites attention tout de même, car en général sur les boîtiers, la vitesse d’obturation se règle par paliers d’1/3 ou 1/2 stop.

L’ouverture : Pour appliquer le concept du « Stop » à l’ouverture, il faut connaître les différents paliers permettant d’augmenter ou de diminuer le volume de lumière d’un Stop. Voici donc les ouvertures qui correspondent à un palier réel  f/1 – f/1.4 – f/2 – f/2.8 – f/4 – f/5.6 – f/8 – f/11 – f/16 – f/22 – f/32. 

ouverture-du-diaphragme

Prenons plusieurs exemples : si votre appareil est réglé sur f/8 et que vous fermez à f/11 vous perdez un Stop (-1). Si vous passez maintenant de f/8 à f/22 vous perdez 3 stop (-3). Dans l’autre sens maintenant : votre appareil toujours réglé à f/8, si vous ouvrez à f/4 vous gagnez 2 Stops (+2).

Remarque : en photographie, on emploie l’expression « ouvrir » lorsque l’on augmente l’ouverture du diaphragme. Si l’on réduit l’ouverture du diaphragme alors on « ferme » l’ouverture.

Et maintenant on fait quoi ?

Maintenant que vous savez ce qu’est un « Stop » un « EV » ou un « IL » (c’est la même chose) , vous devriez avoir plus de facilité pour dompter le mode « Manuel ». Dans la majorité des cas, ce mode est utilisé afin de conserver une exposition constante tout en ce permettant de modifier la vitesse ou l’ouverture.

Prenons un exemple : votre exposition est correcte avec les réglages suivants : ISO 400 – vitesse 1/125ème de seconde – Ouverture f/8. Vous souhaitez maintenant ouvrir à f/2.8, soit (+ 3 stops) afin de réduire la profondeur de champ tout en conservant la même exposition, vous allez donc devoir compenser en réduisant les autres réglages de 3 stops ( -3) pour éviter que votre photo ne soit surexposée.  Vous pourrez, par exemple, réduire la sensibilité à 200 ISO (– 1 stop) et régler la vitesse à 1/500ème de seconde (-2 stops). On aurait pu également régler la sensibilité à 100 ISO (-2 stops) et la vitesse à 1/250ème (1 stop).

Comme vous le voyez le mode manuel est simple à maîtriser. Vous prenez une photo en priorité à l’ouverture. Si l’exposition est correcte, vous passez en manuel et affichez les mêmes réglages (ISO – Vitesse – Ouverture). Ensuite, vous pouvez varier les effets en modifiant la vitesse ou l’ouverture tout en appliquant la correction d’exposition nécessaire.

Et la correction de l’expo alors ?

molette-correction-exposition

Dans les modes semi-automatiques (priorité à la vitesse et priorité à l’ouverture) l’appareil détermine seul les paramètres permettant d’obtenir une exposition « correcte ». Mais cette exposition n’est pas toujours parfaite, notamment lorsque la dynamique de l’image est très étendue (image présentant des zones très foncées et très claires).  Il arrive également que le photographe souhaite sur-exposer ou sous-exposer son image afin d’obtenir une ambiance particulière.

C’est pour cette raison que les appareils numériques modernes sont dotés d’un bouton, ou d’une molette comme le montre la photo ci-dessus, afin de régler la correction de l’exposition. Sur les boîtiers d’entrée de gamme cette correction  est en général de +/- 2 stops. Elle est de +/-3 stops sur les boîtiers professionnels. N’hésitez pas à consulter le manuel de votre boîtier pour voir comment utiliser cette fonction.

Sachez tout de même que la correction de l’exposition ne fonctionne pas en mode manuel, et c’est bien naturel puisque vous pouvez contrôler les 3 paramètres de l’exposition (ISO – Vitesse et Ouverture).

Quand utiliser la correction de l’exposition ?

De nombreux boîtiers ont tendance à sur-exposer ou sous-exposer les images. En appliquant systématiquement une correction d’exposition vous corrigerez ce petit défaut.

Pour vous donner un exemple de l’utilité de la correction de l’exposition je vais prendre l’exemple de la photographie de concert. Le manque de lumière en concert oblige souvent à ouvrir le diaphragme au maximum et à pousser les ISO jusqu’aux limites autorisées par le boîtier pour une photo de qualité.

DSC_2770
Davy Kilembé à Narbonne (c) JM Nollevaux

J’utilise ensuite le mode de mesure de la lumière « spot » afin d’exposer correctement le musicien sans me préoccuper de son environnement. Malgré cela, il arrive fréquemment que la vitesse d’obturation soit insuffisante pour figer les mouvements du chanteur ou du musicien. J’utilise alors la correction d’exposition sur un chiffre négatif – 1 ou -2 stops afin d’augmenter la vitesse d’obturation. Ma photo sera donc nette et généralement sous-exposée. La sous-exposition sera ensuite travaillée en Post-traitement. Sans cet artifice, ma photo aurait été correctement exposée, mais floue… donc inutilisable.

Voilà, j’espère que cet article vous aura permis de comprendre la notion de Stop/EV/IL et vous aura révélé la très grande utilité du bouton de correction d’exposition. Sachez que j’utilise personnellement la correction de l’expo au moins deux fois sur trois photos. C’est dire si cette fonction est utile !

A très bientôt.

Jean-Michel

 

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Un commentaire sur « La correction de l’exposition »

  1. Elle est prévue pour quand l’interrogation écrite ? Il va falloir que l’on bûche !!! Bonnes explications, claires, à nous de les retenir pour les mettre en pratique et ainsi faire de très belles photos ……………..

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