La photographie de rue : boîtier, objectifs et réglages.


L’annonce récente d’une sortie à Perpignan sur le thème de la « street photography » m’a permis de constater combien ce sujet intéressait les photographes de mon club. Aussi, ai-je décidé de le traiter en profondeur. Plusieurs articles vont donc vous être proposés sur le sujet :

  • Episode 1 : La photo de rue, boîtier, objectifs et réglages.
  • Episode 2 : La photo de rue, comment rester discret.
  • Episode 3 : La photo de rue, trouver un sujet.
  • Episode 4 : La photo de rue, composer une belle image.
  • Episode 5 : La photo de rue, le droit à l’image.
  • Episode 6 : La photo de rue,  le post-traitement.

Le choix du boîtier idéal

Fuji X-T1

La photographie de rue demande de la discrétion, mais pas seulement. L’appareil idéal pour la « street photography » doit réunir un ensemble de qualités : être petit, léger, discret, ergonomique, silencieux, offrir une bonne prise en main et une excellente qualité d’image. Le reflex et le bridge sont donc disqualifiés en raison de leur taille et généralement de leur qualité d’image pour les bridges (sauf Panasonic FZ1000 et Sony RX). Les compacts parviennent à réunir une majorité des qualités requises,  à l’exception toutefois de l’ergonomie et de la prise en main perfectibles. Ils demeurent tout de même des candidats sérieux pour la photo de rue. Seuls certains hybrides réunissent l’ensemble des qualités requises.

Avant d’aller plus loin, je tiens tout de suite à rappeler que j’ai parlé de boîtier idéal, ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de faire de belles photos de rue avec un reflex ou un bridge. Les utilisateurs de ces boîtiers devront seulement redoubler de vigilance afin d’être le plus discret possible.

En street photography, la série X100 de Fujifilm s’est forgée une solide réputation (Fuji X100 – Fuji X100S et Fuji X100T). La compacité de ces boîtiers, leur ergonomie exceptionnelle et la grande qualité du capteur XTrans 2 sont, sans aucun doute, à l’origine de ce succès. A ces qualités, il faut ajouter une fabuleuse montée en ISO, une gestion des couleurs à faire pâlir un possesseur de reflex, la dynamique d’un capteur incroyable et simplicité de la mise au point manuelle grâce au « focus peaking ». Un must have !

La compacité

Disposer d’un appareil photo relativement compact offre deux grands avantages. Un petit appareil sera toujours plus discret qu’un gros reflex, mais cela je l’ai déjà dit. Un appareil compact peut aussi très facilement trouver sa place dans votre sac de ville (celui que vous utilisez pour les papiers de votre véhicule, votre mobile, votre portefeuille…). Cette compacité fait que votre appareil vous suit partout, même lorsque vous n’avez pas décidé de faire de la photo. Il saura, le moment venu, se rendre disponible à la moindre opportunité photographique.

Parmi les appareils compacts les plus utilisés en photo de rue je citerai les Fujifilm X100, X100S, X100T, X20, X30, X-E2 ou encore l’excellent X-T1. Le Sony A7, la gamme des Olympus OMD et le Panasonic LX100 disposent également de prédispositions pour l’exercice.

L’ergonomie

L’ergonomie se caractérise par la facilité d’utilisation d’un boîtier. Elle est très importante pour la photo de rue qui demande souvent une grande rapidité d’exécution. Le grand succès des appareils Fuji de la série X s’explique par leur remarquable ergonomie : une molette de vitesse, une autre pour la correction d’exposition et une bague de réglage du diaphragme sur l’optique. On se croirait revenu au temps de l’argentique, c’est simple, rapide et terriblement efficace. Je précise que le Panasonic LX100 dispose également de cette ergonomie.

La qualité d’image et le capteur

La qualité d’image est influencée par l’électronique du boîtier, la qualité du capteur et de l’optique utilisée.  Tous les compacts experts et les hybrides actuels proposent une qualité d’image suffisante pour l’exercice de la photo de rue.

Le capteur plein format se caractérise par une profondeur de champ réduite et un bokeh plus doux. Ces deux qualités n’ont aucun intérêt pour la street photo qui demande, elle, une grande profondeur de champ. Les capteurs APS-C ou Micro 4/3 sont donc avantagés. A distance focale identique, ils offrent un encombrement réduit, des boîtiers plus légers et une grande zone de netteté sur l’image.

Pour ceux qui souhaitent également se livrer à la photo de rue de nuit, je déconseille les hybrides équipés d’un capteur 4/3 en raison de leur montée en ISO très limitée.

L’écran orientable

La présence d’un écran orientable facilite grandement le travail du photographe de rue. Il permet de réaliser des photos originales, au ras du sol par exemple. Il permet aussi d’agir en toute discrétion, l’écran placé horizontalement permet de cadrer sans regarder la personne photographiée. Les Olympus OMD, le Sony A7, les Fuji X30 et X-T1 en possèdent un.

Le choix des objectifs et de la focale

Bien qu’il n’existe pas de règle dans ce domaine, les focales courtes entre 24 et 50 mm ont largement les faveurs des photographes de rue. Ces focales se rapprochent de la vision humaine et placent le photographe au coeur de l’action. Le téléobjectif a tendance à compresser les plans et ne permet pas de rendre compte de l’émotion de la scène.

En ce qui me concerne, je conseille un objectif fixe plutôt qu’un zoom. Tout d’abord parce que l’objectif fixe est souvent plus lumineux (le 35mm qui équipe mon Fujifilm X100T ouvre à f/2). Ensuite parce qu’un objectif fixe oblige le photographe à se déplacer (le zoom c’est ses jambes…) ce qui permet souvent de trouver des angles intéressants.

*****

Le choix d’un appareil photo est très personnel. Il dépend du budget dont vous disposez mais aussi de ce que vous souhaitez photographier. Si vous ne pratiquez la photo de rue qu’une ou deux fois par an, alors les recommandations de cet article quant au choix d’un appareil ne s’appliquent pas à vous.

Mais rassurez-vous, comme je l’ai dit plus haut, la photo de rue peut se pratiquer avec n’importe quel boîtier. L’essentiel est avant tout de prendre du plaisir et de réaliser de belles images, et pour cela tous les boîtiers conviennent.

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Les réglages à utiliser

On à coutume de dire que l’appareil ne fait pas le photographe et c’est tout à fait vrai. C’est sa technique et son œil qui lui permettent de réaliser de beaux clichés. Les réglages dont je vais parler peuvent également s’appliquer à d’autres styles photographiques. Je vais donc aborder les différents modes proposés par le boîtier, la sensibilité ISO, les modes de mise au point, les modes de mesure de la lumière

Quel mode utiliser ?

Le mode « Priorité à l’ouverture » me semble le plus qualifié pour la photo de rue. Il permet de gérer la profondeur de champ et nous savons maintenant que la discipline en a besoin. Les meilleures ouvertures se situent donc entre f/8 et f/11. C’est aussi généralement à ces ouvertures que les images sont les plus piquées.

Dans certains cas, le mode « Priorité à la vitesse » va s’imposer. Il permettra de figer une action rapide ou, au contraire, de montrer le mouvement grâce à une vitesse lente. Pour créer un effet de flou sur une personne qui marche ou faire un filé sur un cycliste, je vous conseille d’utiliser la vitesse 1/30s. Pour figer l’action d’un cycliste en déplacement il conviendra d’opter pour une vitesse de 1/200s minimum.

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Le mode « Manuel » permet au photographe de maîtriser à la fois la profondeur de champ et la vitesse pour figer un événement qui risque de se produire. L’exposition sera ajustée, avant la prise de vue, avec la sensibilité ISO. Un boîtier comme le Fuji X-T1 ou le X100T permet de voir le résultat des réglages utilisés avant même de déclencher.

Après avoir choisi la l’ouverture et la vitesse, vous pouvez régler l’exposition à votre convenance grâce à la sensibilité ISO. Vous pouvez également utiliser le réglage « ISO automatique » et laisser le boîtier décider seul du nombre d’ISO à utiliser.

Je déconseille fortement l’utilisation du mode « Automatique ». Non pas qu’il ne permette d’obtenir de belles images, mais tout simplement parce qu’il ne vous permettra pas d’apprendre à connaître votre boîtier.

La sensibilité ISO

En ce qui me concerne je règle toujours mon X-T1 ou mon X100T sur « ISO Automatique ». Dans le menu, je vais demander à mon boîtier de limiter la sensibilité maximale à 3200 ISO et la vitesse minimale à 1/250s pour éviter le flou de bougé.  Si ces réglages me permettent de réaliser une grande partie de mes photos de rue, il m’arrive aussi d’en changer pour certaines photos.

Quel mode de mise au point utiliser ?

Choix et utilisation du collimateur : Pour faire la mise au point, j’utilise le plus souvent un seul collimateur que je place sur mon sujet, lorsque j’ai le temps. Si l’action demande de la rapidité, j’utilise alors le collimateur central pour mémoriser la mise au point (déclencheur appuyé à mi-course) puis je « recadre » avant de déclencher.

Les options telle que la détection des visages sont trop aléatoires pour être utilisées efficacement. Oubliez-les.

La mise au point manuelle : vous avez sans doute entendu parler de l’hyperfocale. Cette technique permet de prérégler la mise au point afin d’obtenir une profondeur de champ maximale. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet car ce n’est pas le propos de cet article. Retenez seulement ces réglages :

  • Avec une focale de 35mm (équivalent 24×36) et une ouverture de f/11, l’image sera nette de 2 mètres à l’infini.
  • Avec une focale de 50mm (équivalent 24×36) et une ouverture de f/11, l’image sera nette de 3 m à 14,50 m.

En résumé, avec un 35mm en réglant l’ouverture sur f/11 et la plage ISO sur « Auto », la prise de vue est quasi instantanée. Vous n’avez plus qu’à cadrer et déclencher.

Quel mode de mesure de la lumière utiliser ?

La mesure matricielle :  Elle convient dans la plupart des situations. Ce mode utilise la presque totalité de l’image pour calculer l’exposition. Mais l’appareil peut parfois se faire piéger par la scène. Si la majorité de l’image est très sombre l’appareil aura tendance à sur exposer et vous perdrez l’ambiance que vous avez sous les yeux.  Il faudra donc corriger l’exposition en sous-exposant.

En ce qui me concerne j’utilise une autre technique qui consiste à mémoriser l’exposition sur une partie claire de l’image, ainsi les zones se trouvant à l’ombre sont préservées et les parties claires ne sont pas « cramées ».

La mesure spot : elle n’utilise qu’une très faible partie de l’image et se montre très utile pour les contre-jours. Lorsque votre sujet est une personne se trouvant à contre-jour, passez en mesure spot et faites la mise au point sur ses yeux. L’appareil fera le reste.

Un dernier point important pour terminer ce premier volet sur la photo de rue, photographiez toujours en RAW. Cela vous permettra de récupérer les éventuelles erreurs d’exposition.

A très bientôt !

Jean-Michel

 

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Un commentaire sur « La photographie de rue : boîtier, objectifs et réglages. »

  1. Une sortie prévue, quand ???? Je suppose qu’avec un 50 mm fixe ce doit être tout aussi bien car il ouvre à 2.8. Reste à appliquer les consignes et savoir shooter sas être vu, et là est LE problème. Il faut s’entraîner.

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