Le réglage des ISO expliqué


Ajuster les ISO n’est pas une opération très compliquée. Il y a  cependant quelques subtilités à connaître et à mettre en pratique. C’est tout l’objet de ce nouvel article, suivez le guide !

Quand utiliser les ISO ?

Par beau temps, la sensibilité du boîtier ne pose généralement aucun problème. Il convient de la fixer à sa valeur minimale, le boîtier vous laissant toute latitude pour jouer avec les deux autres paramètres essentiels que sont l’ouverture et la vitesse.

C’est lorsque la lumière se fait plus rare que nous devons choisir entre plusieurs alternatives : ouvrir d’avantage si c’est possible, augmenter le temps de pose ou utiliser les deux simultanément. Une quatrième option consiste à augmenter la sensibilité, c’est à dire à augmenter les ISO. Avec les boîtiers actuels, cette option est la meilleure car les capteurs savent retenir la montée du bruit jusqu’à 800 voire 1600 ISO (bridge de qualité et compact expert) et souvent même au-delà (reflex et hybrides).

Pourquoi l’augmentation raisonnée de la sensibilité reste le meilleur choix ? Parce que vous conservez intacte la possibilité d’utiliser le couple ouverture-vitesse choisi initialement. Selon le boîtier, le réglage de la sensibilité s’effectue à l’aide d’une molette dédiée ou encore dans le menu de l’appareil.

iso-auto

Rappelez-vous que l’on double la quantité de lumière ou doublant la valeur de la sensibilité.

Les limites de la montée en ISO

Les boîtiers sont généralement très optimistes… Certains culminent à 6400 ISO, comme sur l’illustration ci-dessus, tandis que d’autres grimpent allègrement à plus de 200 000 ISO. Mais tout cela n’est que du marketing car les très hautes valeurs ISO ne produisent que des images délavées et sans aucun détail.

Je vous conseille donc, pour chacun de vos boîtiers si vous en possédez plusieurs, de vous livrer à une petite expérience.

  1. Réglez votre boîtier sur le format RAW.
  2. Prenez la même photo d’un sujet faiblement éclairé à des valeurs ISO différentes.
  3. Observez à partir de quelle valeur votre boîtier produit du bruit.
  4. En post-traitement, observez à partir de quelle valeur vous ne pouvez plus supprimer le bruit sans altérer la qualité de l’image.

La tuto vidéo ci-dessous vous rappelle comment supprimer le bruit de luminance et de chrominance.

 

Passons à notre expérience

Les photos ci-dessous ont été réalisées avec CANON G7X Mark II. Boîtier compact expert doté d’un capteur de 1 pouce à partir d’images au format jpeg (bon ça va, j’ai oublié de passer en Raw, ça arrive…).

elephant-200-iso-1.jpg
200 ISO – Ouverture f/3.2 – expo 1/60s

L’image est de bonne qualité. Les détails sont présents et la colorimétrie est correcte.

elephant-400-iso-1.jpg
400 ISO – Ouverture f/3.2 – expo 1/30s

L’image est quasiment identique à la précédente. Tout va bien.

elephant-800-iso-1.jpg
800 ISO – Ouverture f/3.2 – expo 1/60s

L’image est un poil moins nette mais les détails et la colorimétrie sont conservés.

elephant-1600-iso-1.jpg
1600 ISO – Ouverture f/3.2 – expo 1/13s

La perte de piqué se poursuit mais elle est graduelle et l’image reste exploitable.

elephant-3200-iso-1.jpg
3200 ISO – Ouverture f/3.2 – expo 1/25s

L’appareil se comporte encore très bien. La montée du bruit est contenue. La netteté doit être accentuée.

elephant-6400-iso-1.jpg
6400 ISO – Ouverture f/3.2 – expo 1/50s

Le bruit est maintenant bien présent et les détails commencent à disparaître. Il va falloir éviter 6400 ISO en jpeg. Le RAW devrait être beaucoup mieux. Il est donc possible de limiter les ISO Auto à 6400 ISO en RAW.

elephant-12800-iso-1.jpg
12800 ISO – Ouverture f/3.2 – Expo 1/100s

Le bruit est beaucoup trop présent. De nombreux détails sont perdus. Il faut oublier totalement cette sensibilité avec ce boîtier (normal avec un capteur de cette taille sur un appareil compact).

L’option ISO automatique

Elle est souvent précieuse et salvatrice. Vous pratiquez de la photo de rue, la lumière change sans arrêt et vous ne savez plus à quels saints vous vouer ? Le temps de choisir une valeur ISO adaptée, l’instant décisif ne sera plus qu’un lointain souvenir…

L’option ISO automatique va vous permettre d’éviter de sélectionner une valeur ISO excessivement élevée. Le boîtier va utiliser la valeur de sensibilité la moins haute en fonction des deux autres paramètres que sont l’ouverture et la vitesse. Si malgré tout cela ne fonctionne pas, il faudra vous résoudre à utiliser le flash.

Régler le mode ISO automatique

Le mode ISO Auto s’accompagne souvent de réglages qui permettent de limiter les choix du boîtier dans des proportions raisonnables.  Rappelez-vous la petite expérience que je vous conseillais un peu plus haut. Vous savez maintenant à partir de quelle valeur votre boîtier va produire des photos détériorées par le bruit. Réglez la limite haute des ISO à la valeur immédiatement inférieure. Si votre boîtier produit du bruit que vous ne pouvez corriger à partir de 6400 ISO, réglez la limite haute des ISO Auto sur 3200 ISO.

Attention, certains boîtiers ont des comportements qu’il faut impérativement connaître pour exploiter pleinement le mode ISO Auto. C’est le cas notamment des boîtiers Fujifilm de la série X.  Lorsque vous modifiez la plage dynamique de 100 vers 200 ou 400, en ISO Auto le boîtier choisira toujours la valeur ISO la plus haute. Il ne cherchera plus à réduire cette valeur en fonction de l’ouverture et de la vitesse. Il faut le savoir et ce n’est pas expliqué dans la doc !

Certains boîtiers proposent une limite basse des ISO

Ici il ne s’agit plus de contenir la montée en ISO, mais d’encadrer le couple ouverture-vitesse. Le boîtier vous prévient s’il y a dépassement de la limite basse. Cette possibilité est source d’erreur et de frustration. Je vous conseille d’éviter son utilisation.

Le plus souvent le boîtier propose, comme c’est le cas dans l’illustration ci-dessous, la limite maximale de la sensibilité et la vitesse minimale à utiliser. Cette dernière option est bien meilleure que la limitation basse des ISO. Vous réglerez la vitesse minimale en fonction de l’objectif utilisé. Si votre optique est stabilisée vous pouvez descendre à 1/15ème ou 1/30ème de seconde, s’il ne l’est pas 1/60ème ou 1/125ème sera un bon choix. Il faudra, bien entendu, également tenir compte du sujet. En street photo votre sujet sera souvent mobile, pensez à réduire le temps d’exposition (vitesse plus importante).

iso-autojm.jpg

Conclusion

Qu’il est désagréable de constater qu’un sujet magnifique à été complètement dévasté par une montée en ISO mal maîtrisée… Dans ce domaine, la connaissance de votre boîtier est primordiale. C’est pourquoi je vous engage à vous livrer à la petite expérience décrite dans cet article. C’est en connaissant parfaitement les limites de son matériel que l’on parvient à en tirer toute la quintessence.

A très bientôt. N’hésitez pas à partager cet article et à le commenter.

Jean-Michel

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3 commentaires sur « Le réglage des ISO expliqué »

  1. Et oui faire bien attention à la valeur ISO AUTOMATIQUE,J’ai eu la désagréable surprise de rentrer de promenade sans avoir limité les ISO, et là catastrophe, la plupart des photos étaient inexploitables car le bruit trop présent. La différence entre le PRO et l’AMATEUR,lui pense à TOUS les réglages (ou pas ?)
    Maintenant plus d’excuses, les explications sont très claires et l’exemple à suivre pour ne plus faire d’erreur

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