Photographie

L’exposition et la gestion de la lumière (partie 1)


Voici le deuxième opus des articles consacrés à l’apprentissage des bases de la photographie. Cette fois, nous allons aborder « L’EXPOSITION » et la gestion de la lumière.  Vu la longueur de l’article, je l’ai scindé en deux parties :

  1. L’exposition expliquée (partie 1)
  2. La correction de l’exposition (partie 2 – La semaine prochaine).

L’exposition, la composition d’une image et la gestion de la lumière, constituent des notions fondamentales en photographie. Aussi, ce premier article revêt une importance capitale pour la réussite future de vos images.

Les bases de l’exposition

Le principe général de l’exposition d’une photo repose sur trois paramètres : l’ouverture, le temps de pose, improprement appelé «la vitesse» et la sensibilité. Je me limiterai ici à l’impact de ces paramètres sur l’exposition. Le réglage de chacun d’eux produisant des effets esthétiques et créatifs, je les aborderai en détails dans de prochains articles.

Avant de vous expliquer comment obtenir une exposition parfaite, il est bon de rappeler ce qu’est « une photo correctement exposée« .

D’un point de vue artistique, l’exposition correcte est celle qui restitue au mieux l’effet recherché par le photographe.

D’un point de vue plus technique, le capteur de votre appareil numérique dispose d’une surface sensible à la lumière. Cette sensibilité est toutefois limitée, on appelle cela la «latitude de pose*» ou encore la «gamme dynamique*». Le capteur est donc apte à recevoir une certaine quantité de lumière, mais pas plus. 

* Latitude de pose ou gamme dynamique:

Ces deux termes désignent la capacité du capteur de votre appareil photo à retranscrire correctement l’ensemble des hautes et basses lumières.   

Cette quantité de lumière dépend de deux paramètres :

 

L’ouverture du diaphragme :

Le diaphragme se situe dans l’objectif. C’est un mécanisme, composé de lamelles métalliques, qui s’ouvre plus ou moins afin de réguler le passage de la lumière.

Vous fermez le diaphragme lorsque la lumière est forte et vous l’ouvrez lorsque celle-ci est faible. Le diaphragme agit donc comme un «robinet de lumière».

Les valeurs d’ouverture du diaphragme sont exprimées à l’aide de la lettre «f» suivie d’une barre de fraction et d’un chiffre. Les valeurs d’ouverture les plus courantes sont : f/1,4 – f/2 – f/2,8 – f/4 – f/5,6 – f/8 – f/11 – f/16 – f/22 et f/32 (voir illustration ci-dessous).

diagrame-ouverture.gif

Lorsque vous passez d’une valeur à la suivante, ou à la précédente, vous multipliez ou vous divisez par deux la quantité de lumière qui traverse l’objectif. Par convention, le chiffre 1 représente la plus grande ouverture possible, ensuite plus le chiffre est grand, plus l’ouverture est petite.

La plupart des objectifs professionnels disposent d’une ouverture comprise entre f/1.2 et f/2.8. Les objectifs utilisés par les amateurs ouvrent généralement à f/4 ou f/5.6, c’est pourquoi ils sont moins chers. La plus grande ouverture possible est généralement mentionnée sur la partie avant de l’objectif.

Certains zooms indiquent deux valeurs d’ouverture. Un 70-200mm, peut afficher les valeurs suivantes : f/4 – 5.6.  Cette double valeur précise que la plus grande ouverture à 70mm sera de f/4 alors qu’elle passera à f/5.6 lorsque le zoom sera utilisé à 200mm. Lorsqu’un zoom indique deux ouvertures différentes, on dit qu’il dispose d’une «ouverture glissante».  Il existe également des zooms à ouverture constante. C’est le cas par exemple du 70-200mm f/4. Dans ce cas, le photographe pourra travailler à f/4 de 70 à 200mm.

 

Le temps de pose :

Capture d’écran 2018-06-20 à 08.35.41.png

Il s’agit du temps, en secondes ou fractions de seconde, pendant lequel l’obturateur de votre boîtier reste ouvert afin de laisser la lumière «impressionner» la surface sensible du capteur (ou de la pellicule). Il faut donc augmenter la vitesse pour réduire la quantité de lumière et la diminuer dans le cas contraire. L’obturateur est donc un nouveau «robinet de lumière» chargé de fournir de la lumière au capteur pendant une durée déterminée. Vous utiliserez donc des vitesses rapides lorsque la lumière est forte et des vitesse lentes lorsqu’elle sera plus faible.  Les valeurs courantes de la vitesse sont : 1 s – 1/2 s – 1/4 s – 1/8 s – 1/15e s – 1/30e s – 1/60e s – 1/125e s – 1/250e s – 1/500e s et 1/1000e s.

Comme pour les ouvertures, lorsque vous passez d’une vitesse à l’autre, vous multipliez ou divisez par deux la quantité de lumière qui arrive jusqu’au capteur.

obturateur-mecanique.jpg
Obturateur mécanique

L’obturateur mécanique est une sorte de rideau placé devant le capteur. Entre deux photographies, il est fermé laissant le capteur dans le noir. Lors d’une prise de vue, il s’ouvre afin de laisser le capteur prendre la lumière pendant  le temps de pose. 

Pour bien exposer une photo, le photographe doit choisir une  combinaison vitesse/ouverture appropriée à la luminosité de la scène.  Pour une scène peu éclairée, son choix se portera certainement vers une grande ouverture. Mais il pourra également vouloir allonger le temps de pose pour des raisons purement créatives. Nous reparlerons de tout cela bientôt.

Il existe un troisième paramètre qui influence l’exposition d’une image :

 

La sensibilité ISO : 

Sur votre boîtier, la sensibilité se règle généralement à l’aide d’une molette. Plus la sensibilité est élevée et plus vous pouvez photographier en basse lumière.

La sensibilité se mesure en ISO (ASA pour les pellicules). Actuellement, ses valeurs «exploitables» s’étendent de 25 à 12 800 ISO, parfois plus sur certains appareils très haut de gamme, mais au prix de vente également très haut de gamme…

Contrairement aux appareils photos argentiques où la sensibilité était imposée par la pellicule, il est possible avec les appareils numériques de changer la sensibilité à chaque image. C’est une avancée technologique majeure en photographie.

À 200 ISO, votre boîtier aura besoin de deux fois moins de lumière que s’il était réglé à 100 ISO. Pouvoir agir sur la sensibilité permet donc de palier au manque de luminosité de certains objectifs.

Capture d_écran 2018-06-20 à 08.44.45

Le choix de la sensibilité a un effet direct sur la qualité de l’image. Plus la sensibilité est élevée, plus vous verrez apparaître du bruit numérique* sur votre image.

 

Ce bruit, lorsqu’il n’est pas trop important, peu se corriger en post-traitement*. Mais les logiciels ne peuvent pas tout, et lorsque le bruit est trop présent vous perdez des détails dans votre image (image moins nette) et vous vous privez de la possibilité de faire des agrandissements.

*Bruit numérique:

Parasites aléatoires affectant les images prises à une sensibilité ISO élevée et/ou avec des boîtiers disposant de capteurs de taille réduite.

Le bruit est aussi présent aux sensibilités ISO moins élevées dans les tons foncés, et lors des poses lentes.

*Post-traitement :

Développement de la photo à l’aide d’un logiciel dédié.

Certaines interventions peuvent être effectuées sur une image à posteriori, comme le réglage de la luminosité, du contraste, de la colorimétrie, etc. 

Plus le capteur de votre appareil photo est petit et plus il est sensible au bruit numérique.

La bonne combinaison vitesse/lumière :

Comment nous l’avons vu précédemment, la juste mesure de la lumière résulte de la combinaison «vitesse/diaphragme», tout en tenant compte de la sensibilité.

Capture d’écran 2018-06-13 à 11.30.41.png

Votre appareil dispose d’une cellule dont le rôle est de mesurer la quantité de lumière qui baigne la scène que vous vous apprêtez à photographier. L’indicateur d’exposition, présent dans le viseur ou sur l’écran LCD de votre appareil, permet de vérifier si le couple «vitesse/diaphragme» que vous avez choisi correspond à la mesure effectuée par la cellule et donc à une exposition correcte.

Lorsque l’indicateur d’exposition se trouve sur la position zéro, l’image est parfaitement exposée. S’il se trouve dans la zone des moins, l’image sera sous-exposée et sur-exposée dans la zone des plus.

L’indicateur d’exposition doit donc être consulté à chaque prise de vue. Lorsque l’image n’est pas correctement exposée la vitesse et/ou le diaphragme clignotent.

Pour une même scène, plusieurs combinaisons ouverture/diaphragme sont possibles. Une vitesse de 1/125e s associée à un diaphragme de f/8 donnera la même quantité de lumière qu’une vitesse de 1/250e s et un diaphragme de F/5.6 (la vitesse est deux fois plus rapide, mais le diaphragme est deux fois plus ouvert).

expo-3 copie.jpg
Effet de filé

Le choix d’une combinaison, plutôt qu’une autre, dépendra de l’effet recherché par le photographe en terme de profondeur de champ* et/ou d’effet de filé*.

*Profondeur de champ:

Étendue de la zone de netteté dans une prise de vue. Elle est tributaire de la focale utilisée, de la distance séparant le sujet de l’objectif et de la valeur d’ouverture du diaphragme.

*Effet de filé:

Le filé est un effet photographique permettant de souligner la vitesse d’un sujet et de retranscrire, voire d’exagérer, les sensations ressenties à la prise de vue (voir photo ci-dessus).

Quid du réglage automatique de l’exposition ?

Aujourd’hui, tous les appareils numériques disposent d’une cellule permettant de mesurer la quantité de lumière perçue par l’appareil. Le photographe peut donc s’en remettre au mode automatique de son boîtier  pour obtenir une image correctement exposée.

Dans ce mode, le boîtier choisira automatiquement les paramètres de l’exposition : vitesse, ouverture, et sensibilité. Mais il n’est jamais bon, pour un photographe, de laisser son appareil choisir pour lui. En effet, les paramètres d’exposition ont également un rôle très important dans le rendu final d’une image. Laisser son appareil choisir ces paramètres c’est aussi abandonner tout espoir de créativité. 

Il faut également savoir, que dans certains cas, la cellule de l’appareil photo est piégée par des conditions particulières et ne parvient pas à restituer l’ambiance lumineuse de la scène. C’est le cas, par exemple, des photos prises à contre-jour.

L’exposition résumée

L’exposition d’une image utilise deux paramètres principaux : l’ouverture et le temps de pose.

Si le photographe choisit une ouverture (f/8 par exemple), la cellule du boîtier déterminera le temps de pose (durée d’exposition du capteur à la lumière), après avoir analysé la scène à photographier.

Si le photographe choisit une vitesse (1/125e s par exemple), la cellule du boîtier déterminera la bonne ouverture afin de bénéficier d’une exposition correcte.

Mais, lorsque la lumière vient à manquer, il arrive parfois que le photographe soit obligé d’augmenter la sensibilité du capteur.

Prenons un exemple : si, pour une ouverture de f/11, la cellule détermine un temps de pose de 5 secondes, le photographe sera contraint d’augmenter la sensibilité s’il ne veut pas que sa photo soit floue (d’où une modification du temps de pose).

En résumé, sauf à utiliser le mode «automatique» ce que je vous déconseille, le photographe doit sélectionner une ouverture ou une vitesse, le boîtier se chargeant de trouver l’exposition correcte. S’il n’y parvient par, il vous préviendra grâce à l’indicateur d’exposition (clignotement de l’ouverture et de la vitesse). Vous choisirez alors une ouverture plus importante, si ce n’est pas possible, il faudra se résoudre à augmenter la sensibilité ISO.

À mercredi prochain pour « la correction de l’exposition ».

Jean-Michel

5 comments on “L’exposition et la gestion de la lumière (partie 1)

  1. Jean-Claude Morin

    Voila qui a le mérite d’expliquer aussi simplement que possible les bases élémentaires de la prise de vues, et sans prise de tête bien entendu !

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  2. Article très intéressant et simple.
    Bravo Jean Michel

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  3. Merci de ce rappel par écrit car il faut savoir redonner de la lumière à notre mémoire qui a l’ouverture rétrécissante par moment ……!! Merci bises

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  4. Aline Pesquet

    Merci, j’ai malheureusement pas pu venir au cours… il avait l’air super intéressant !

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  5. Article simple mais vraiment lumineux , qui contribue à éclairer nos lanternes, lesquelles en ont bien besoin.
    agrid

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