Safari photo au Kenya : mon matériel photo


Comme dit dans mon « post » précédent, je pars au Kenya le 31 janvier prochain pour un safari photo. Dans cet article, je vais vous présenter le matériel photo que j’emporte , et vous expliquer pourquoi j’ai dû faire certains choix.     

L’idée n’est pas de vous conseiller tel ou tel matériel, mais de vous faire part de ma démarche. Ainsi, vous serez en mesure de prendre les bonnes décisions, si par chance vous prévoyez un safari dans les prochains mois.

Le poids du bagage cabine :

Voilà ce que l’on peut lire sur le site de Air France KLM :

Accessoires et bagages à main

  • Max. poids classe économique : 12 kg
  • Max. poids Classe Affaires : 18 kg

Dimensions des bagages à main (y compris les poignées et les roues) : 55 x 35 x 25 cm. Dimensions des accessoires : 40 x 30 x 15 cm. Les sacs volumineux qui satisfont aux exigences en matière de bagages à main devront peut-être être enregistrés à la porte d’embarquement, en raison de l’espace limité dans les compartiments supérieurs.

Comme j’ai choisi de voyager en classe économique, le poids de mon bagage à main (comprenez de mon sac photo) va être limité à 12 kg et ses dimensions à 55 x 35 x 25 cm. Voilà qui a le mérite d’être clair.

Le choix du sac : Lowepro ProTactic 450 AW

Photographe professionnel, j’utilise habituellement plusieurs sacs en fonction de la mission que je dois remplir : mariage, shooting corporate, photo immobilière… Pour ce safari, l’un de mes sacs sera parfaitement indiqué. Il s’agit de celui que j’utilise habituellement pour les mariages : le Lowepro ProTactic 450 AW.

Ce sac propose de nombreux avantages : ses mensurations sont compatibles « bagage cabine ». Ce sac est fabriqué avec des matériaux de haute qualité qui lui confèrent une très bonne résistance à l’usure. La carcasse du sac est très rigide, ce qui offre une excellente protection au matériel photo. Il faut penser que le sac va être trimbalé plusieurs fois par jour dans un 4×4. Ses fermetures éclair sont très faciles à manœuvrer : ça ne coince jamais et ça, c’est un vrai luxe. Les rangements sont nombreux et les séparations très protectrices. Le matériel ne risque rien. Une poche spéciale permet d’emporter un notebook jusqu’à 15 pouces. Bref, vous l’avez compris j’adore ce sac que je possède depuis plus de 10 ans et qui ne montre aucun signe de fatigue. Poids 2,7 kg.

Une dernière remarque, le sac n’est pas très léger (2,7 kg) ce qui ne laisse que 9,3 kg pour le matériel. Mais un sac léger ne protège rien… Le poids du sac va donc limiter la quantité de matériel à emporter, mais vous allez voir qu’avec un peu plus de 9 kg, on peut déjà emporter pas mal de choses.

Mon matériel photo :

  • Un sac Lowepro ProTactic 450 AW.
  • Les boîtiers : un Canon EOS R5 et un Canon R6. J’avais critiqué Canon lorsque ces deux boîtiers sont sortis, en raison de la surchauffe constatée en vidéo (la partie photo étant irréprochable). Depuis, plusieurs mises à jour du firmware se sont succédées et il faut bien reconnaître que Canon a amélioré ses deux boîtiers. Pourquoi deux boîtiers ? Parce qu’un safari cela coûte cher et qu’en cas de panne, il serait dommage de devoir se résoudre à utiliser son smartphone…
  • Objectif Canon RF 100-500mm f/4.5-7.1 L IS USM.
  • Objectif Canon RF 70-200mm f/2.8 IS USM.
  • Objectif Canon RF 24-70mm f/2.8 IS USM.
  • Poignée grip BG-R10 pour Canon R5 et R6. Elle permet de doubler l’autonomie du boîtier, d’améliorer l’ergonomie pour les photos en mode « portrait » et d’équilibrer le boîtier surtout avec le 100-500mm.
  • Filtre polarisant de 77mm Hoya Pro1 Digital.
  • Filtre UV de 77mm Hoya Pro1 Digital.
  • Filtre ND variable Cokin Pure Harmonie de 82mm (pour la vidéo avec le 24-70mm).
  • Un trépied Feisol Tournament carbon CT-3442 + Rotule Uniq Ball.
  • Une tonne de cartes mémoire SanDisk 128 et 256 Go.
  • Une dizaine de batteries + deux chargeurs dont un double + une Power Bank de 22400 mAh.
  • Un ordinateur Macbook Air de 13 pouces + 2 lecteurs de cartes + un disque dur USB 3.2 de 2,5 pouces et 4 TO de capacité (pas cher, léger, rapide et très pratique).
  • Une caméra DJI Osmo Pocket II et quelques accessoires (pour filmer pendant les déplacements en 4×4).
  • Une paire de jumelles Pentax Papilio II (8,5×21).
  • Accessoires : une lampe frontale, matériel de nettoyage pour optiques et capteur, deux chiffons en microfibre, pinceau anti-poussière, etc.

À propos des boîtiers et objectifs

Disons-le tout de suite, le matériel que j’emporte avec moi n’est pas à la portée de toutes les bourses. Mais il s’agit de mes « instruments de travail » habituels, comme la bétonnière et le camion benne pour un maçon. Ce matériel me permet de gagner ma vie au quotidien. Il n’est donc pas, et je me répète, dans mes intentions de vous faire acheter ou de vous conseiller ce matériel, sauf si vos moyens vous le permettent.

Un amateur pourra très bien remplacer le 100-500mm par un 150-600mm de chez Sigma ou Tamron et ce n’est qu’un exemple. Il pourra également choisir un boîtier moins cher qui produira d’excellentes photos.

Revenons maintenant à mes choix :

  • Une longue focale le 100-500mm : cette optique sera montée sur le Canon EOS R5 et n’en bougera plus. Avec 45 millions de pixels, le capteur de ce boîtier autorise le recadrage. Ainsi, pour les animaux un peu trop éloignés, j’aurais la possibilité d’obtenir des images en 24 millions de pixels et une focale équivalente à 600 voire 700mm après recadrage.
  • Le 70-200mm f/2.8 : une optique très qualitative et surtout très lumineuse. Elle sera utilisée sur le Canon EOS R6, dont la montée en ISO est légèrement meilleure au R5. Je réserve surtout cette optique aux photos en basse lumière (lever du jour et coucher du soleil).
  • Le 24-70mm f/2.8 : encore une optique très lumineuse et qui offre beaucoup moins de distorsions que mon 14-35mm f/4. Elle sera utilisée sur le R6 pour les animaux proches du 4×4.

Notes : mon 800mm f/11 Canon ne sera pas du voyage. Il offre un très bon comportement lorsque la lumière est présente, mais son ouverture de f/11 lui interdit les photos en basse lumière. J’avais le choix entre lui et le 70-200mm, j’ai préféré choisir l’optique la plus lumineuse. Sachant que je peux obtenir un équivalent 600 ou 700mm avec le couple R5 + 100-500, pourquoi m’encombrer d’une optique peu lumineuse ?

J’ai également dû faire un choix entre le 14-35mm f/4 et le 24-70mm f/2.8. Là aussi, j’ai choisi l’optique la plus lumineuse, car gagner un stop de lumière ce n’est pas rien. Mais mon choix s’est également porté sur le 24-70mm car je possède un filtre ND variable adapté à cette optique et aussi parce qu’elle est meilleure en vidéo.

Un contexte qui donne de l’importance à certains accessoires :

Les batteries :

Faire un safari au Kenya, ce n’est pas la même chose que de traquer la biche ou le chevreuil à quelques kilomètres de chez vous. Le Kenya, c’est avant tout l’Afrique, et, pour bien connaître ce continent, je sais que la distribution d’électricité n’est pas opérationnelle partout. En pleine brousse, l’électricité est presque toujours produite à l’aide de générateurs qui ne fonctionnent pas 24 heures sur 24. Il est donc important de se munir d’un bon stock de batteries et même d’une Power Bank qui permettra des recharges depuis le véhicule.

Pour ce voyage, je vais utiliser 10 batteries : 4 batteries Canon (très chères) et 6 batteries compatibles. Attention aussi aux chargeurs, surtout si vous utilisez des boîtiers hybrides. La technologie de ces boîtiers est gourmande en énergie, outre l’écran arrière, il va aussi falloir « nourrir » l’EVF, c’est à dire le viseur électronique qui est un gros consommateur d’énergie. C’est pourquoi je vais emporter un chargeur double (dans mon sac photo) et deux chargeurs simples (dans ma valise). Dans un prochain article, je vous parlerai des réglages fins opérés sur mes boîtiers. Vous verrez comment j’ai optimisé la consommation électrique de mes deux appareils photo, sans nuire à leurs capacités et à leur réactivité.

La sauvegarde des images :

Que voilà un sujet important : la sauvegarde des images. Je ne suis pas pour conserver les images réalisées sur des cartes mémoire, car avec un mode « rafale » réglé à 10 images par seconde les cartes vont se remplir rapidement. Un petit calcul : avec 2500 photos par sortie et 28 mégas par photo (en RAW compressé sans perte), cela nous donne un total de 70 Gigas par sortie. Avec deux safaris par jour, il faudra 140 gigas pour sauvegarder les photos photos de la journée, soit un peu moins de 1,5 TO pour la durée du voyage. Avec mon ami Jean-Claude, nous avons donc décidé d’effectuer une sauvegarde sur deux disques durs distincts de 4 TO. Ce qui sera largement suffisant et il nous restera un peu de place pour quelques vidéos.

Quid de la vidéo :

Je suis plus photographe que vidéaste, mais je reconnais que la vidéo est un excellent complément à un reportage photo. Aussi, je vais emporter une caméra DJI Osmo Pocket II. De quoi enregistrer quelques séquences en 4K pendant les transferts en 4×4. Je vous rappelle que cette caméra est montée sur un gimbal et qu’elle bénéficie d’une stabilisation sur 3 axes. Le R6 sera également mis à contribution pour filmer quelques séquences, que je ne manquerai pas de publier sur ce blog.

Voilà les amis, ce nouvel article se termine. La prochaine fois je vous parlerai des réglages de mes boîtiers pour la photo animalière. Ces réglages permettent de prendre en compte les spécificités du safari et de solliciter le moins possible la batterie tout en conservant une efficacité maximale. Tout un programme. Si vous n’utilisez pas du matériel Canon, certains réglages pourront toutefois vous être utiles.

À très bientôt !

Jean-Michel

17 réflexions sur “Safari photo au Kenya : mon matériel photo

  1. Aublin Michel

    Bonjour Jean-Michel
    Un sac idéal qui permet de poser toutes les bonnes questions quand on part un peu loin de chez soi en chasse photo ..
    Profite bien des moments exceptionnels qui t’attendent et nous on veut voir les photos !
    Michel

    Aimé par 1 personne

  2. Jean-Claude Morin

    En ce qui me concerne, je reste fidèle à mon FujiFilm X-T4, matériel peut être un peu moins performant au niveau de la mise au point et de la montée en ISO, mais son capteur APSC permet aussi de multiplier la focale utilisée par 1,5 ce qui amène un 100-400 à 150-600 et un TC 1,4 qui augmente encore la focale, mais au détriment de l’ouverture.
    J’emporte donc le X-T4, le 100-400 f/4,5-5,6 de Fuji, le 16-80 f/4 de Fuji, le Sony RX10 IV (équivalent 200-600mm) mais capteur 1 pouce (encore plus petit) comme appareil de secours.
    Bien entendu un sac de batteries avec chargeurs doubles, une Power Bank de 22400mAh, 7 cartes SDXC 128Go, filtres ND, filtre polarisant, filtre UV avec adaptateurs pour les différentes optiques et appareils.
    J’emporte aussi une petite DJI Osmo Pocket avec des filtres ND pour le film, un trépied de voyage avec une rotule, et une paire de jumelles Leica 10×25.
    Enfin 1 disque dur de 4To et un SSD de 1To pour les sauvegardes des photos de la journée. Avec des sauvegardes doublées entre Jean-Michel et moi, nous ne devrions pas perdre de photos.
    Je renonce au 8mm f2,8, au 35mm f2, au 56mm f1,2 ainsi qu’au 100mm f2,8.
    C’est donc moi qui porterai le Macbook Air de 13 pouces + 2 lecteurs de cartes car mon matériel est un peu moins lourd que celui de Jean-Michel.

    A bientôt.

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  3. J’ignore si Melting Pot safary vous a fait des recommandations, mais, par expérience au cours de mon séjour privé, je valide les 2 boîtiers grippés ainsi que les objectifs. Evidemment, avec les boîtiers hybrides il est recommandé d’emporter des batteries. Par contre, en terme de quantités de photos journalières, je vous trouve très optimistes. Les animaux ne prennent pas rendez-vous et même avec les infos radio des rangers, il arrive souvent qu’on attende. Ce sont souvent les animaux qui nous surprennent. Je vous souhaite de faire 2500 photos par safari. Concernant la rafale, je ne m’en suis servi uniquement pour les animaux en mouvement ou en vol. Pour ma part, avec le savoir faire des chauffeurs de 4×4 pour la position par rapport à la source de lumière, j’ai fait 95% de photos posées. J’avais l’impression que les animaux étaient habitués à l’homme. Le seul animal qui a été difficile à trouver a été le léopard. Après, j’ai pris des guépards qui se promenaient à côté du 4×4. Ensuite, à certaines heures, ils sont gavés après la chasse et on peut les approcher sans problème. Bien sur, tout dépend du programme et de l’objectif de la journée.
    J’espère vous avoir été utile.

    Aimé par 1 personne

    1. Un grand merci à toi Lino. Bien sûr que ton commentaire à été utile. Juste une précision tout de même concernant les 2500 photos par sortie. C’est une évaluation très optimiste, je le concède. Mais quand cette évaluation est destinée à déterminer un nombre de batteries et un volume pour sauvegarder les images, tu conviendras qu’il vaut mieux être optimiste que le contraire et, au final, manquer de place ou de batteries.
      Merci à toi de suivre ce blog.

      Aimé par 1 personne

      1. Bonjour,
        Je n’interviens que très peu souvent, mais quand l’on évoque MPs chez Tony Crocetta, je ne peux résister à y mettre mon grain. Cet endroit est magique !
        Premier séjour avec deux d850…. 18 000 photos en 14 jours, second séjour en novembre dernier…. 20 000 photos en 8 jours sur place (2500 par jour). Je confirme, il faut des cartes et des gigas pour décharger, sauvegarder et trier !
        Pas la peine d’être entouré de faune tous azimuts pour consommer de la mémoire (et des batteries). La rafale à 20 images secondes, même sur une scène qui paraît peu mouvementée a du bon. Des milliards de photos circulent dans tous les thèmes et pour saisir quelques images qui sortent de notre lot habituel et permette de capter des regards, des attitudes, et saisir l’instant précis, la rafale est très utile, et bien sûr, consommatrice.
        Quand on regarde ce qui est produit comme image en animalier, qui tiennent le haut du pavé maintenant, et qu’on les compare aux images des années 1990-2000, il y a un progrès qui doit, aussi , au progrès technique,. La rafale en fait partie. Tout comme l’AF du r5 avec reconnaissance et suivi de l’œil… tu me diras ce que tu en penses JM, mais ce truc est diabolique en ai servo. Une fois l’œil accroché, on ne s’occupe plus de rien et l’on peut alors entièrement se concentrer sur l’exposition, le cadrage, la composition…. un must ! L’af et le résultat final de l’exposition que seul l’hybride permet, je trouve que ça aide beaucoup à ne se préoccuper que de l’esthétisme de l’image.
        Pour les batteries, sur un r5 grippé, c’était deux batteries par jour seulement (je ne me servait que très peu de l’écran arrière en visée). Il m’est arrivé de changer en fin d’aprem (je précise que je ne fais pas de vidéo)
        Régalez vous ! Cet endroit est top et ce retour à la nature tellement sublime !

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  4. merci pour toutes ces infos!
    Coté objectif ce ne sera pas mon budget : plutôt effectivement des sigma 150-600 ou 100-400, pourquoi pas avec un convertisseur pour multiplier la focale?? je ne sais pas ce que ça vaut si qq1 a déjà de l’expérience avec ce matos?

    Belle expérience à vivre!! j’attends de la vivre moi-même en Namibie! En attendant, je la prépare et c’est déjà un plaisir que je savoure 🙂

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  5. Simon

    Bonjour, quel est votre avis sur le ND variable de chez Cokin svp ? En terme de dominante couleur et de cross polarization au 24mm ?
    Aucun test sur ce filtre n’est disponible….

    Merci

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  6. BENOIT EOCHE-DUVAL

    Bonjour ,
    vous écrivez  » j’aurais la possibilité d’obtenir des images en 24 millions de pixels et une focale équivalente à 600 voire 700mm après recadrage… » Comment vous faites ? ,

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    1. Bonjour Benoit,
      Les capteurs très définis, comme c’est le cas de celui qui équipe mon Canon R5 (45 millions de pixels) offrent aux photographes la possibilité de recadrer leurs images. Le recadrage de 45 MP à 24 MP permet de grossir le sujet et d’obtenir le même résultat qu’avec un 700 ou un 800 mm, la résolution en moins. Donc pour grossir un martin pêcheur prit de trop loin, il suffit de recadrer l’image pour donner l’impression qu’il est plus prêt.
      J’espère avoir été clair. Bon week-end.
      Jean-Michel

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