Les Ascalaphes

Pour changer de sujet, je vais vous parler, aujourd’hui, de très beaux insectes volants : Les Ascalaphes.

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Les Ascalaphes du genre Libelloides sont indiqués encore régulièrement dans certains guides ou documents sous le genre Ascalaphus.

En définitive, une révision des genres des Névroptères en 1991 a attribué les espèces européennes au genre Libelloides.

A mi-chemin entre les libellules et les papillons, les Ascalaphes présentent un corps trapu, des ailes caractéristiques très nervurées et de longues antennes avec leurs extrémités en massues. Les mâles se différencient des femelles par des cerques très développés à l’extrémité de l’abdomen. Ces appendices servent à maintenir la femelle lors de l’accouplement.

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Ascalaphe loriot mâle on peut voir les cerques en bout d’abdomen

 

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Accouplement d’Ascalaphes soufrés
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Insectes diurnes, au vol rapide et ondoyant à 2 ou 3 mètres de hauteur, les Ascalaphes capturent les mouches et autres petits insectes en vol. Se chauffent au soleil sur les plantes, ailes étalées ou fermées.

Ils vivent dans des biotopes chauds et secs. Ils se nourrissent de mouches et autres petits insectes. Les larves semblables à celles des fourmilions vivent sur le sol, dans la litière et sous les pierres. Elles sont, elles aussi, carnivores.

En 2012, suite à la redécouverte de 2 nouvelles espèces d’Ascalaphes, nous pouvons considérer qu’il existe en France 10 espèces d’Ascalaphidae, mais les plus communes en France sont :

– l’Ascalaphe soufré (Libelloides coccajus)

– l’Ascalaphe blanc (Libelloides lacteus)

– l’Ascalaphe loriot (Libelloides ictericus)

–  l’Ascalaphe ambré (Libelloides longicornis)

 

Ascalaphe soufré (Libelloides coccajus)

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Cet Ascalaphe est relativement fréquent dans la moitié sud de la France selon une ligne Bordeaux-Genève. Il se fait plus rare au nord. On en trouve en Corse.

Ses habitats sont diversifiés dans le sud du pays, en général lumineux et d’aspect herbeux, l’espèce est plus inféodée aux pelouses sèches sur substrat calcaire ou marneux dans le nord-est du pays. Elle se trouve aussi dans des secteurs humides, mais hors d’eau.

L’espèce est peu fréquente à basse altitude et se montre en général entre 300 et 1500 mètres. Il s’agit d’une des deux espèces d’Ascalaphe largement répartie en France. Elle vole précocement entre fin avril et début juin, parfois un peu plus tôt, souvent plus tard et en particulier en altitude.

Les nervures de ses ailes sont noires ou brunes. Les ailes possèdent de grandes taches jaunes, qui peuvent être plus ou moins pâles. Il possède une tache noire sur l’aile du bas qui se termine en pointe et atteint l’angle inférieur de cette aile.

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Ascalaphe blanc (Libelloides lacteus)

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Il s’agit d’une espèce au demeurant essentiellement provençale, mais dont la répartition est importante vers l’est du Bassin Méditerranéenne car elle atteint la Turquie. Elle est toutefois signalée en Ardèche et en Lozère

Cet Ascalaphe vole entre mai et juillet dans les pelouses ou les landes en montagne jusqu’à 1500 m d’altitude.

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Ascalaphe loriot (Libelloides ictericus)

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L’Ascalaphe loriot (Libelloides ictericus) possède des nervures jaunes à blanches sur les ailes. Le bout de l’aile postérieure possède une vague tache sombre et arrondie. A la base de cette même aile se trouve une tache noire à nervures jaunes. Le thorax possède 10 taches jaunes, 6 centrales (disposées comme sur un dé), et 4 sur les côtés

C’est une espèce essentiellement littorale, mais qui se montre jusqu’à 1000 m d’altitude.

Elle est connue sur l’ensemble des départements méditerranéens, mais reste à confirmer dans les Alpes-Maritimes. Par ailleurs elle a été découverte en 2008 dans les Alpes-de-Haute-Provence et confirmée en 2010. Elle existe par ailleurs dans la Péninsule ibérique.

Si les secteurs ensoleillés d’arrière littoral lui sont favorables, ses habitats plus continentaux restent à définir.

La période de vol semble un peu plus tardive que celle de Libelloides coccajus.

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Ascalaphe ambré (Libelloides longicornis)

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Il s’agit de l’Ascalaphe français dont la répartition est la plus étendue. C’est une espèce plus tardive que Libelloides coccajus et si localement les deux espèces volent ensemble (en particulier en altitude), l’essentiel des populations d’Ascalaphes ambrés vole entre mi juin et début août, localement ou selon les années dès fin mai.

La marque en forme de croissant noir au bout des ailes postérieures est typique de cette espèce.

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Voila ce que je pouvais vous dire sur ces magnifiques insectes assez méconnus du grand public et très facile à photographier.

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Michel FERNANDEZ

Un oiseau à l’honneur : Le Circaète Jean-le-Blanc

Aujourd’hui, je souhaite vous faire connaître, un grand rapace au régime alimentaire exclusif : Le Circaète Jean-le-Blanc. Cet oiseau est en effet spécialisé dans la chasse aux reptiles et principalement aux serpents.

Visiteur d’été, il passe l’hiver en Afrique, et revient en Europe de fin février à fin septembre pour se reproduire.

Son nom assez curieux lui vient du grec [Kirkos Aetos], soit Faucon Aigle. Il a les grands yeux jaunes du Busard, et la grande taille des Aigles. « Jean « , au Moyen âge était le surnom donné aux personnes habiles et « le-Blanc  » fait référence à sa couleur dominante quand on le voit de dessous.

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Le Circaète Jean-le-Blanc est un rapace de grande taille, mesurant de 65 à 70 cm de longueur pour 1,70 à 1,85 m d’envergure et une masse allant de 1,5 à 2 kg. C’est également un excellent planeur, il se déplace habituellement sans battre des ailes, profitant au maximum de la brise et des ascendances thermiques, les ailes largement étendues.

Il a le dessus des ailes brun et le dessous blanc. Le corps est parsemé de taches colorées, de couleur et densité variables suivant les individus (entre beige clair et marron foncé). Ces touches de couleur forment des lignes parallèles sous les ailes et trois barres sous la queue. Une bavette plus sombre s’étend du menton à la poitrine. La tête est plutôt large, ronde, avec un bec court et des grands yeux jaunes, ce qui lui donne un peu un air de chouette. Elle se diffère toutefois de celle des autres rapaces diurnes : les yeux sont plus gros et dirigés vers l’avant, ce qui lui confère une très bonne vision binoculaire.

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Le dimorphisme sexuel peut se constater au niveau du plumage, généralement la femelle, plus grande que le mâle, a un plastron plutôt foncé, le mâle arborant une poitrine plus claire, parsemée de flammèches verticales sombres.

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Femelle
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Mâle

Les immatures ressemblent aux adultes, mais ils sont plus pâles, avec la nuque plus blanche.

Ses hautes pattes écailleuses, gris-bleu ressemblent plus à celles d’une poule, qu’à celles d’un rapace (d’où son nom latin « gallicus »). Il n’a pas les serres acérées des Aigles, mais des doigts courts et robustes adaptés à la prise des serpents.

Son régime alimentaire est composé à 90 % de serpents, en majorité de grandes couleuvres, mais il se nourrit aussi de lézards, d’orvets, et plus rarement de micromammifères et d’oiseaux.

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Circaète Jean-le-Blanc ayant prédaté un Lézard ocellé

La technique de chasse du Circaète est particulière : d’un vol plané, très lent, il survole une étendue de terrain dégagée, en scrutant le sol, à une hauteur moyenne (entre 30 et jusqu’à 400 mètres), et effectue à certains endroits des phases de vol stationnaire, de quelques secondes à plusieurs minutes, appelé « vol du Saint-Esprit ».

Pour cela il s’arrête simplement sur place en étendant ses ailes, face au vent, en régulant constamment les filets d’air par des changements plus ou moins rapides de l’extension de ses ailes, leur angle d’incidence, l’écartement de ses rémiges ou de sa queue, le tout en essayant de garder la tête le plus immobile possible.

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Quand le vent est assez fort il lui arrive de battre des ailes pour rester sur place, un peu comme le faucon crécerelle, et éventuellement de laisser pendre ses pattes pour se stabiliser. Mais par temps calme il s’agit surtout de mouvements très légers, et il n’est pas rare de le voir complètement immobile dans le ciel, les ailes étendues, tel un cerf-volant.

Dès qu’une proie est repérée, il descend sur elle par palier, pour s’assurer de son succès.

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Il la saisit, et assène de coups de bec la colonne vertébrale et la tête. Il l’avale ensuite en commençant par la tête, si celle-ci s’avère trop grosse, il l’emmène dans son aire. Ceci peut attirer la convoitise d’autres rapaces qui chercheront alors à lui voler sa prise …

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Un Milan noir cherche à voler le serpent pendant des serres du Circaète

Si c’est un serpent destiné au nourrissage, il laisse pendre un petit bout de la queue du serpent hors du bec, sur lequel son partenaire ou son jeune tirera pour l’extraire entièrement.

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Le Circaète Jean-le-Blanc est bien protégé par des plumes épaisses sur les cuisses et des écailles au niveau des tarses, mais il n’est pas immunisé contre le venin des vipères.

La saison de reproduction voit revenir les mêmes couples aux mêmes endroits (ou un seul oiseau si l’autre adulte a péri pendant l’hiver). En principe, le même nid est reconstruit peu de temps après leur arrivée.
Les vols nuptiaux ne présentent pas de particularités par rapport aux vols habituels. Les mâles planent comme d’habitude. On peut quand même voir des séries de vols ondulants, avec des montées et des descentes répétées. En revanche, le mâle peut apporter des proies à la femelle laissant alors pendre une très longue portion de couleuvre hors du bec : dans ce cas il s’agit pour lui d’attirer la femelle, pour lui faire une « offrande » en vue de l’accouplement.

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Couple : la femelle est en haut

Le nid du Circaète est relativement petit comparé à celui d’autres rapaces de sa taille. Il est construit dans un arbre, pin ou chêne vert suivant la région. Il n’est pas installé dans une fourche (comme celui des Buses ou des Autours) mais placé le plus souvent en position latérale, ou bien au sommet d’un arbre tordu ou étêté, car du fait de son envergure le Circaète a besoin d’assez de place et d’un accès facile pour se poser. Plus rarement, il peut nicher sur une paroi rocheuse.

La femelle ne pond qu’un seul œuf, entre fin mars et mi-avril, elle le couve pendant environ 45 jours.

Le mâle assure son nourrissage, et remplace parfois la femelle sur le nid lorsque celle-ci s’absente un moment. En cas de mauvais temps (pluie), si la chasse est impossible, les oiseaux jeûnent.

Après l’éclosion, la durée d’élevage est encore assez longue : en moyenne 70 à 80 jours. Pendant ses 3 à 4 premières semaines, le poussin est vulnérable (prédateurs, mais aussi pluie ou froid), il est donc constamment couvert par la femelle. Elle dépèce les proies, et lui donne la becquée.

Son duvet est progressivement remplacé par des plumes, et vers l’âge d’un mois il est suffisamment emplumé pour que la femelle commence à quitter le nid, pour des périodes de plus en plus longues, notamment pour aider au nourrissage.

Il est alors capable d’ingurgiter un serpent en entier : les parents viennent se poser sur le nid avec la queue d’un serpent qui dépasse du bec, et le jeune doit tirer dessus pour l’extraire, et l’ingurgiter à son tour.

Pendant sa période de croissance, et d’achèvement du plumage, les parents apportent au nid un à plusieurs serpents par jour.

Pendant les heures de fort soleil, quand la température est importante, l’un des adultes vient sur le nid pour faire de l’ombre au jeune, au besoin en ouvrant un peu ses ailes pour faire écran.

Si tout va bien le jeune Circaète prend son premier envol au début du mois d’août. Au début, lors de ses premières tentatives de vol, il ne s’éloigne guère de la zone du nid, passant le plus clair de son temps perché, à guetter le retour d’un adulte.

Puis il s’enhardit progressivement à voler un peu plus loin, un peu plus longtemps, et lorsqu’il a atteint une certaine maîtrise et endurance, il va parfois jusqu’à suivre l’un de ses parents, occupé à chasser pour le nourrir, et finit par s’essayer lui aussi à la technique du vol sur place, qui lui permettra plus tard de se nourrir par lui-même.

Les Circaètes partent en migration assez tard, entre le milieu et la fin du mois de septembre.

Au cours des dernières années, le Circaète Jean-le-Blanc a connu une diminution importante à la fois de ses effectifs et de son aire de répartition ; considéré comme une espèce rare. Les principales causes de cette régression sont la modification des pratiques agricoles et certains travaux d’aménagement du territoire. Il bénéficie d’une protection totale sur le territoire français.

Voila un bien bel oiseau à photographier.

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Michel FERNANDEZ

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Le Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus)

Aujourd’hui, je souhaite vous parler d’une orchidée emblématique, une des plus belles de France, celle qui ressemble le plus à l’orchidée tropicale type à laquelle on pense quand on parle d’orchidée.

Certainement la plus rare, difficile à confondre avec une autre : Le Sabot de Vénus.

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Le sabot de Vénus ou sabot de Vénus d’Europe (Cypripedium calceolus) est une plante herbacée vivace de la famille des Orchidaceae (sous-famille des Cypripedioideae). Il est parfois appelé sabot de la Vierge ou soulier de Notre-Dame.

Le gros labelle jaune et renflé de ses fleurs évoque la forme d’une chaussure, ce qui lui a donné son nom.

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La fleur du sabot de Vénus est l’emblème de nombreuses régions des Alpes et symbolise la beauté d’où l’engouement qu’il provoque. La variété au périanthe entièrement jaune est très recherchée. La légende veut que Vénus surprise à flâner dans la prairie par un berger s’enfuie, laissant derrière elle un de ses souliers devenus « le sabot de Vénus ».

C’est une orchidée qui apprécie les sols alcalins et que l’on rencontre en Suisse, en Italie, parfois en Espagne, en Grèce, en Amérique du Nord, plus fréquemment en Sibérie et dans quelques pays d’Asie. Elle est très rare et protégée au niveau national, souvent menacée par la densification de son couvert végétal.

En France on la trouve tout particulièrement dans les Alpes et de manière épisodique dans les Pyrénées, dans le Jura, en Moselle et sur le Massif Central entre 300 et 1200 mètres d’altitude dans les zones de mi-ombre en particulier dans les hêtraies et les hêtraies-sapinières, où elle fleurit de mai à juillet.

La tige dressée atteint 15 à 60 cm de haut et se caractérise par des gaines à la base. La tige simple porte habituellement de trois à cinq feuilles alternes vert clair et couvertes de petits poils sur leur partie inférieure. Elles sont de forme large-ovale, dont la nervation parallèle est bien marquée et  peuvent se confondre avant sa floraison avec la Grande gentiane.

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Le sabot de Vénus pousse fréquemment en petites touffes de 2 à 6 tiges partageant un système racinaire commun. Il développe des fleurs hermaphrodites et zygomorphes.

Généralement cette espèce ne produit qu’une à deux fleurs par individu, très rarement quelques spécimens à trois fleurs. Les fleurs se forment à l’aisselle de bractées et sont portées par un pédoncule pubescent.

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Chaque fleur, comme toutes les orchidées, possède trois sépales et trois pétales. Les sépales, longs de 5 cm sont de forme lancéolée. Leur couleur varie entre brun-rouge et brun-chocolat. Les deux sépales latéraux sont soudés et pointent vers le bas sous le labelle tandis que le sépale central qui s’étend verticalement vers le haut prend la position opposée. Deux pétales assez étroits et souvent un peu torses, sont de même couleur et forme que les sépales. Ceux-là sont disposés des deux côtés et entourent le labelle jaune. Celui-ci naît par une transformation du troisième pétale. Il est en forme de sabot ventru de couleur jaune paille parsemé de taches brunes et atteint une longueur de 4 cm. La fleur du sabot de Vénus compte parmi les fleurs les plus grandes de la flore d’Europe occidentale, et possède la fleur la plus grande parmi les orchidées européennes.

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C’est la seule orchidée de la sous-famille des Cypripedioideae en Europe.

Cette orchidée est définit comme une plante tricheuse, c’est à dire qu’elle attire les insectes avec la couleur vive de sa fleur sans avoir à produire de nectar. Les pollinisateurs dupés ressortent du sabot couverts de pollen sans avoir pu festoyer. Il arrive de manière exceptionnelle que la plante s’autoféconde. Cette espèce à une durée de vie d’une centaine d’années ce qui permet de compenser sa faible reproductivité.

Malgré son espérance de vie, elle est très fragile. Tout d’abord, elle ne fleurit qu’au bout de plusieurs années (une dizaine d’année généralement). Ensuite, comme pour toutes les orchidées, ses graines sont trop petites pour se développer seules.

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Bouton de Sabot de Vénus

Elles n’ont pas de réserve de nourriture pour le développement de la plantule et ont donc besoin d’une association avec un champignon. Sans ce dernier, aucune chance de germer (alors n’essayez jamais de récupérer des graines d’orchidées au passage). Celui-ci lui apportera alors de la nourriture qui lui permettra de germer. Mais toute symbiose nécessite une parfaite rigueur pour chacun des participants, si l’un des deux triche et devient parasite alors aucun d’eux ne pourra se développer. Heureusement, elle se multiplie également par ses rhizomes, des racines horizontales d’où partiront de nouvelles pousses (comme pour les iris par exemple).

Vous l’aurez compris, dans tous les cas la reproduction est très compliquée et l’espèce fait l’objet d’une réglementation très stricte en raison de son important déclin sur l’ensemble de l’Europe (à cause de la destruction de son habitat). À l’échelle nationale sont statut est VU: Espèce encourant un risque élevé d’extinction dans la nature. Néanmoins dans les alpes l’espèce est bien plus fréquente que ne l’indique les référence bibliographiques. C’est d’ailleurs là que l’on trouve les plus importantes populations d’Europe Occidentale.

Une des premières causes de la disparition du sabot de Vénus est la cueillette de loisir ou commerciale de celui-ci. Malgré la sensibilisation auprès des publics, il est encore courant de rencontrer des promeneurs ou vendeurs à la sauvette qui proposent ou tiennent à la main de larges bouquets.

De fortes amendes (1500 euros par fleur coupée !) couplées à des patrouilles fréquentes de gardes assermentés de la police de l’environnement dissuadent les contrevenants.

Si la moindre petite station de cette espèce est gardée secrète, c’est par peur de la destruction, peur qu’un collectionneur irresponsable voulant avoir un plan au fond de son jardin ou dans son herbier fasse disparaître une espèce pour ses intérêts personnels, ce qui est trop souvent arrivé.

Cette plante, la fleur de la déesse de l’amour, déchaîne tant de passions que le public devient rapidement incontrôlable. Pour certains botanistes ou « cocheurs », c’est LA fleur à voir avant de mourir, c’est un mythe qui prend des proportions énormes. Certains ne veulent pas la voir, mais l’avoir vue. Ils font des centaines de kilomètres pour elle, pour la photographier, la toucher… et bien souvent tout est piétiné autour y compris les pieds non fleuris difficiles à reconnaître.

Voila une belle et rare fleur qui méritait bien un petit article.

Rappelez vous que les Orchidées sont protégées et qu’il est inutile (et surtout impossible) de chercher à les faire pousser dans vos jardins.

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Michel FERNANDEZ

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Un oiseau à l’honneur : Le Guêpier d’Europe

Aujourd’hui je souhaiterais vous parler d’un oiseau que l’on ne présente plus car très connu de par son plumage aux couleurs chatoyantes : Le Guêpier d’Europe (Merops apiaster).

Très bel oiseau de la taille d’une Grive draine (28 cm pour une masse moyenne de 60 g et une envergure de 45 à 50 cm), le Guêpier d’Europe est élégant, semblable à un arc-en-ciel quand il est en vol. Visiteur d’été dans le sud de l’Europe, ce joli guêpier est un régal pour les yeux !

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Ses couleurs aux reflets métalliques sont composées de bleu-vert turquoise au ventre, au poitrail et au bas des ailes, de brun-roux sur le dos, la calotte et le haut des ailes, vert sombre de la queue, noir du bec légèrement incurvé et comme prolongé d’un trait de plumes également noires, iris rouge dans un œil noir, jaune bordé de noir pour la bavette.

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Autre caractéristique de cet oiseau : Ses cris roulés, permettant de le reconnaître même quand on le discerne à peine dans le ciel.

Le Guêpier d’Europe fréquente les berges sablonneuses des cours d’eau, les falaises d’éboulis et même les talus en bord de routes ou des chemins où il creuse des terriers. Il vit souvent en colonies et aime se percher avec ses congénères sur les branches saillantes, les fils électriques et les poteaux.

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Il vole à la manière des hirondelles : battements d’ailes tantôt secs, tantôt en plané en vol direct, à la manière des pics : trajectoire onduleuse, battements d’ailes rapides avant une longue glissade, les ailes collées au corps.

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Le Guêpier d’Europe se nourrit en priorité d’Hyménoptères tels qu’abeilles, guêpes et frelons, mais aussi d’autres insectes tels que des cigales, des libellules, des papillons, des punaises ou des  orthoptères (criquets, sauterelles) et coléoptères (hannetons…)

Il les capture en vol, depuis un perchoir exposé d’où il s’élance à leur poursuite. Avant d’avaler sa proie, il la frappe sur une surface dure pour enlever le dard. Un seul guêpier peut consommer jusqu’à 250 abeilles par jour !

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Il rejette fréquemment des pelotes contenant les parties indigestes des insectes.

Au début de la saison de reproduction, le Guêpier d’Europe effectue quelques parades qui mettent en valeur les couleurs vives de son plumage. Les couples se forment sur les zones d’hivernage en Afrique.

Les parades vocales sont importantes. L’oiseau gonfle les plumes de la calotte et du cou, déploie sa queue vibrante et relève les ailes tandis qu’il chante.

Il fait aussi des offrandes de nourriture à la femelle, très vite après leur arrivée sur les aires de reproduction. Les accouplements suivent en général ce comportement, mais souvent après plusieurs offrandes.

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Le Guêpier d’Europe nidifie habituellement en colonies.
Très vite après leur arrivée sur les aires de reproduction, le couple et quelques aides creusent le terrier sur le site de naissance du mâle. Le nid est situé dans un endroit sablonneux plat ou en pente, mais souvent dans des parois terreuses.

Les guêpiers enlèvent entre 7 et 12 kg de terre du tunnel, et la construction peut durer entre 10 et 20 jours. Le terrier mesure de 70 à 150 cm de long. Il est de section ovale, de 7 x 9 cm. Il peut être droit ou légèrement courbe, souvent horizontal mais parfois incliné selon le site.

La femelle dépose 4 à 10 œufs à un ou deux jours d’intervalle. L’incubation dure environ 20 jours. Les deux sexes prennent des tours pour couver.
Les poussins naissent nus et aveugles sur une période de 2 à 6 jours. Les plumes poussent un peu plus tard et en même temps, le poussin voit et bouge, et devient agressif.

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Les jeunes sont nourris par les adultes et quelques aides. Ils atteignent le poids des adultes à l’âge de 20 jours. Les parents les nourrissent pendant encore trois semaines après l’envol qui a lieu environ un mois après la naissance.
Une seconde couvée peut être mise en route si la première est perdue, et un second terrier sera rapidement creusé pour cette nouvelle couvée.

Comme cet oiseau nidifie dans des terriers, il a besoin de prendre des bains dans l’eau et dans la poussière afin de se débarrasser des parasites qui infestent sa peau.

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L’hiver privant le guêpier de sa nourriture principale. C’est à la fin de l’été que ces oiseaux  entament un long et périlleux voyage.

Venus d’Europe occidentale, de grands vols de guêpiers franchissent la Méditerranée et le désert d’Arabie pour hiverner en Afrique du Sud.

Lorsqu’ils convergent vers la Méditerranée, les guêpiers doivent souvent échapper aux Faucons d’Éléonore qui, pour nourrir leurs petits, s’attaquent aux oiseaux en migration. « Au moins 30 % des oiseaux seront tués par des prédateurs ou par d’autres facteurs avant de pouvoir retourner en Europe au printemps suivant. »

Le Guêpier d’Europe est commun localement et largement répandu dans la majorité de sa distribution. Cependant, cette espèce est menacée en Afrique par la chasse en tant que parasite ou pour la consommation, et en Europe par l’usage des pesticides qui réduit les populations d’insectes, par la canalisation des cours d’eau qui supprime les rives sableuses et donc les sites de nidification, et par les développements et les dérangements humains.

Voilà un magnifique oiseau à photographier … Cependant quelques précautions s’imposent : N’oubliez pas la devise du naturaliste « observer sans déranger ».

Ne vous placez jamais prés des nids et ne vous en approchez pas non plus ; ceci aurait des conséquences désastreuses car les oiseaux abandonneraient leurs couvées et les poussins mourraient irrémédiablement ! Ne vous acharnez pas à essayer de faire des plans rapprochés si vous n’êtes pas en cachés dans un affût. Ne poursuivez pas les oiseaux.

Merci pour eux.

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Michel FERNANDEZ

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Un oiseau à l’honneur : Le Flamant rose

Retour chez les oiseaux avec un incontournable bien connu de tous : Le Flamant rose.

 

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L’origine des flamants demeure incertaine et les scientifiques ont eu les plus grandes difficultés à les classer.

En prenant en compte les caractères du squelette, de la musculature, du système digestif ainsi que les protéines de l’albumine de leurs œufs, on peut en effet les rapprocher des cigognes et des hérons, tandis que la conformation de leur bec, leur voix et même les parasites de leur plumage, les relient aux canards et aux oies.

Aujourd’hui, les systématiciens s’accordent pour les regrouper dans un ordre à part, celui des phœnicoptériformes.

L’espèce ne peut être confondue. Posé, l’oiseau présente un corps entièrement rose clair, de longues pattes roses palmées, un bec court et recourbé, à pointe noire. En vol, la silhouette caractéristique est très allongée (pattes et cou tendus) : les ailes sont alors bien visibles. Les rémiges primaires et secondaires sont entièrement noires et les couvertures rose vif avec des nuances tendant vers le blanc.

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Les immatures, eux, sont peu colorés : les pattes sont sombres, le cou et le dessous blanc sale, et le dessus marqué de brun. La couleur rose apparaît au cours des années, jusqu’à 4 à 7 ans, où l’intensité est à son maximum.

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Tout cela fait que cet oiseau est une véritable curiosité de l’avifaune européenne avec une silhouette et des colorations uniques sur le continent : c’est ainsi la seule espèce de phœnicoptéridé représentée en Europe, dont seules la France et l’Espagne hébergent des colonies nicheuses.

Le Flamant rose est un oiseau côtier lié aux eaux saumâtres : son habitat privilégié est constitué par les lagunes et étangs littoraux.

C’est un oiseau grégaire. En effet les individus restent toujours groupés en bandes plus ou moins importantes.

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Leur vie amoureuse ne déroge pas à cette règle et, tout au long de l’année, ils s’adonnent irrégulièrement à des ébauches de comportement nuptial qui peuvent durer toute une journée et dont la fréquence comme l’intensité augmentent au printemps, environ deux mois et demi avant le début de la nidification.

Sans s’adresser à tel ou tel membre du groupe en particulier, les attitudes de chacun relèvent plutôt d’un rituel d’ensemble. Plusieurs figures ont été répertoriées.

Avec un étirement vertical du cou, les animaux poussent de brefs grognements rauques qu’ils accompagnent d’un mouvement rotatif et régulier de la tête.

Lorsqu’ils cessent de grogner, les flamants entament une série de gestes dits « de confort » qui, en temps normal, ont une fonction bien précise : étirement, assouplissement, soins du plumage.

Lors des parades, ces gestes perdent leur vocation utilitaire et deviennent des rites destinés avant tout à détourner l’agressivité latente. Aux brèves ouvertures d’ailes, le cou dressé, succèdent des « courbettes », des pseudo-lissages des plumes du dessous des ailes, ou du dos, avec le bec.

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Les manifestations occasionnelles d’agressivité se traduisent par des courses, aile à aile, sur de courtes distances, le cou incliné vers l’avant à 45°, tête baissée, le bec recourbé touchant presque le « menton ».

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La formation du couple, s’opère avec discrétion au milieu de ces parades collectives et ne se remarque pratiquement pas. On suppose qu’elle se produit lorsque les futurs partenaires donnent l’impression de se nourrir. Ceux-ci se tiennent alors côte à côte, le cou baissé, avançant au même rythme, s’interrompant parfois pour pousser quelques cris étouffés.

Une fois le couple constitué, les deux adultes restent souvent ensemble, se livrant aux mêmes occupations, mais continuent, dans un premier temps, à prendre part aux parades collectives. Ils finiront toutefois par s’écarter un peu du groupe, et, après quelques jours, s’accoupleront.

Là aussi, les flamants obéissent à un rituel précis. La femelle avance, le bec enfoncé dans l’eau, simulant la prise de nourriture, suivie par le mâle, cou allongé, qui lui touche le dos avec son bec. Sitôt qu’elle s’arrête, marquant ainsi son assentiment, le mâle grimpe sur son dos où il se maintient accroupi en battant des ailes.

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Sa partenaire l’aide en entrouvrant les siennes, un peu à la manière d’une nacelle, ce qui permet au mâle de placer ses doigts à la naissance des ailes de sa compagne pour garder l’équilibre. Après l’accouplement, le mâle se redresse et reste debout un court instant avant de sauter à terre. Les oiseaux accompagnent leurs ébats d’appels en sourdine et de gestes de toilettage du plumage.

Dès que l’accouplement a eu lieu, le couple construit un nid cylindrique bâti avec de la boue, de l’argile ou du sable. Au milieu du futur édifice l’un des deux flamants ramène vers le centre des boulettes de boue mêlée de plumes et de brindilles, qu’il piétine pour bien les tasser. L’autre apporte les matériaux. Une fois terminé, le nid mesure 60 cm de diamètre à la base, et de 30 à 40 cm de diamètre supérieur pour une hauteur équivalente. Il est entouré d’un fossé.

Toujours du fait de leur caractère grégaire, les flamants roses ne connaissent pas l’intimité familiale lors de la ponte de leur unique œuf. Les couples d’une même colonie nichent très proches les uns des autres. Chaque couple dispose pour pondre d’un territoire restreint d’environ un mètre carré. Mâle et femelle couvent et se relaient également pour alimenter leur petit.

Le flamant a la chance de pouvoir se nourrir à la demande, sans tenir compte de la lumière du soleil ou de la disponibilité des proies, puisqu’il avale surtout de petits invertébrés prélevés dans la vase. Crustacés, mollusques, insectes, vers annélides font les délices de ce grand échassier, qui doit d’ailleurs sa magnifique coloration rosée au carotène contenu dans de minuscules crustacés, comme l’Artemia salina.

Le reste du régime alimentaire est constitué de graines et d’autres fragments d’origine végétale ; le flamant avale sans doute quelques petits poissons. Il arrive aussi que le flamant se nourrisse en nageant, prenant ainsi l’allure d’un curieux cygne, mais le plus souvent il avale debout.

Tout en avançant lentement dans l’eau, il fouille le fond d’un mouvement latéral de la tête, cette dernière étant immergée, ou bien il reste sur place et pivote sur lui-même autour de l’axe de ses pattes, explorant avec son bec la vase autour de lui. L’oiseau amène sa mandibule supérieure au contact du fond vaseux. Grâce à la forme très particulière de son bec, la mandibule inférieure se retrouve paradoxalement placée au-dessus de sa voisine.

La boue liquide est alors aspirée, puis filtrée par les lamelles du bec, pour ne conserver que les éléments nutritifs. Qualifié d’espèce limivore (« mangeuse de boue »), le flamant rejette l’essentiel de la vase, mais en absorbe pourtant une certaine proportion. Cette part, véritable purée minérale et organique, contient des éléments animaux et végétaux microscopiques : algues, bactéries, diatomées, protozoaires.

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Peu d’échassiers possèdent l’élégance du flamant rose, avec ses jambes interminables et fines, son long cou gracieux, la forme de son gros bec et sa coloration rose.

Cet oiseau méritait bien un petit article …

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Michel FERNANDEZ

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Les Syrphes

Parmi les insectes, il existe un ordre très bien fourni ; celui des Diptères. C’est ici même que nous trouvons l’une des familles les plus belles et les plus colorées : les Syrphidae.

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Chrysotoxum elegans

Les Syrphes sont donc des mouches. Leur famille se subdivise en 3 sous-familles qui comprennent environ 200 genres et plus de 5 000 espèces décrites. On en compte plus de 500 en France.

Ces mouches imitent souvent les formes et les couleurs vives de certaines espèces d’hyménoptères.

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Helophilus pendulus

On les rencontre souvent en été sur les fleurs, principalement les ombellifères, recherchant le nectar dont elles se nourrissent et contribuant ainsi à leur pollinisation. Les larves se nourrissent de déchets, de bulbes de fleurs, de pucerons ou de larves d’autres insectes selon les espèces, ce qui en fait de précieux auxiliaires pour les maraîchers et horticulteurs.

Comme tous les diptères, les syrphes possèdent une seule paire d’ailes fonctionnelles et deux haltères ou balanciers qu’elles portent en arrière du thorax.

De part leur coloration en bandes jaunes et brunes, les syrphes sont souvent confondues avec des hyménoptères de type guêpe ou abeille et même bourdon. Cette coloration est une forme de mimétisme batésien.

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Chrysotoxum cautum
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Myathropa florea
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Volucella bombylans
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Volucella inanis
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Volucella zonaria

Les syrphes se distinguent principalement des autres diptères par la présence d’une nervure vestigiale au niveau des ailes située parallèlement à la quatrième veine alaire longitudinale. Mais c’est surtout les yeux caractéristiques des mouches qui permettent rapidement la distinction entre les 2 ordres.

Moins connus que les abeilles, les syrphes sont des pollinisateurs importants pour les plantes sauvages et agricoles. Par exemple, Episyrphus balteatus (le syrphe ceinturé) est reconnu comme un pollinisateur important du colza.

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Episyrphus balteatus

Comme beaucoup de pollinisateurs, les espèces de syrphe diffèrent dans leur degré de spécialisation avec des espèces généralistes qui exploitent un grand nombre d’espèces de plantes et des espèces spécialistes qui ne visitent que quelques espèces floricoles, voire une seule plante.

Beaucoup d’espèces de syrphe ont des pièces buccales courtes et non spécialisées

Comme je l’évoquais plus haut, tout comme les coccinelles les syrphes sont des organismes auxiliaires intéressants en protection des cultures. Les larves sont des agents de lutte biologique efficaces contre les pucerons notamment. Elles peuvent en consommer des centaines sur une période de 8 à 15 jours ! Puis, lorsque la larve se transforme pour devenir adulte, les syrphes se nourrissent du pollen et du nectar des fleurs. Ils jouent alors un rôle important pour la pollinisation.

Les syrphes sont de remarquables voiliers capables d’un vol très léger pouvant être malgré tout très rapide ou au contraire complètement sur place.

C’est en contrôlant le pas de l’hélice que forme chaque aile que les syrphes arrivent à ces différents types de vols.

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Chrysotoxum cautum

Certaines espèces montrent des dispositions remarquables au vol. Ainsi, les syrphes du poirier, Scaeva pyrasti, sont capables, en vol stationnaire, de se saisir, avec les pattes, des fleurs  et d’en aspirer le pollen.

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Scaeva pyrasti
s-01 Scaeva pyrastri
Scaeva pyrasti

En fin d’hiver, la femelle pond ses œufs, parfois directement au sein d’une colonie de pucerons ou à côté. Certaines espèces de syrphes pondent plus de 1 000 œufs durant leur vie.

L’œuf devient larve au bout de quelques jours. Une larve mesure entre 10 et 20 mm de long. Elle est blanche à verdâtre et ressemble à un petit asticot. À ce stade, la larve consomme des pucerons par centaines. Elle se nourrit majoritairement de pucerons mais également de cochenilles et d’aleurodes. Certaines espèces de syrphes se nourrissent de déchets organiques en décomposition.

8 à 15 jours après, la larve se transforme en nymphe, qui se retrouve fréquemment fixée sur le revers d’une feuille. Il faudra plusieurs semaines avant d’atteindre le stade adulte.

Sphaerophoria scripta
Sphaerophoria scripta

Les syrphes adultes ou les larves survivent en hiver dans des zones abritées comme des tas de feuilles ou de bois, des écorces, dans des vieux murs ou encore cachés dans du lierre. Ils sont présents dans nos jardins de mars à novembre.

Xanthogramma citrofasciatum
Xanthogramma citrofasciatum

Michel FERNANDEZ

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La Rosalie des Alpes (Rosalia alpina)

Changeons de registre pour se retrouver au sein d’un grand groupe : Celui des insectes. Dans l’ordre des coléoptères et, plus précisément, dans la famille des Cerambycidae (plus familièrement connue sous le nom de longicornes ou capricornes), nous trouvons l’un des plus beaux et plus grand coléoptère d’Europe : La Rosalie des Alpes (Rosalia alpina)

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La Rosalia alpina est un longicorne très reconnaissable : son corps est relativement grand (20 à 40 mm), étroit, aplati, gris-bleu avec des taches noires de formes variables sur les élytres.

Il possède de très longues antennes bleues dont chaque article porte des touffes de soie noire. Ces caractéristiques en font une espèce d’une rare beauté bénéficiant d’une protection dans de nombreux pays d’Europe où sa capture est interdite.

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Cet insecte vit surtout en montagne, jusqu’à 1400 m d’altitude (Alpes, Pyrénées et Cévennes), mais peut cependant être présent, de manière très localisé, en plaine.

 Sa période d’activité est échelonnée de juin à septembre.

Le Hêtre est son arbre de prédilection mais la Rosalia peut se développer dans d’autres essences (Saule, Noyer, Marronnier, Aulne, Frêne, Tilleul, plus rarement Chêne).

Les fins de matinées bien ensoleillées sont des périodes propices pour observer les Rosalia. Bien que le vol soit aisé, l’insecte se contente souvent de gracieusement déambuler sur les troncs où il s’est développé. Les heures chaudes génèrent toutefois un surcroît d’activité, et pour tout dire de fébrilité.

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Les Rosalia adultes semblent se nourrir des exsudats inhérents aux maladies ou aux plaies des arbres.

Comme chez la plupart des longicornes, les sexes sont aisément reconnaissables à la longueur des antennes, celles des mâles dépassant très largement l’abdomen. La conformation des mandibules peut être également un caractère secondaire de dimorphisme ; celles des mâles étant dotées d’une très nette saillie dentiforme latérale.

 

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Détail des mandibules du mâle

Contrairement à certaines espèces, les accouplements sont répétitifs chez la Rosalia et tout mâle quelque peu entreprenant est volontiers accepté.

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La Rosalia pond dans les très vieux arbres dépérissant ou morts sur pieds, et ce n’est pas sans raison car elle pond dans les parties plus ou moins cariées de ceux-ci, milieu où elle-même s’est développée à l’état larvaire.

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Contrairement à certaines espèces la maturation de la ponte semble assez longue, de l’ordre de 2 semaines au moins.

Le développement larvaire demande 3 ans, et les galeries sont relativement superficielles. Les émergences des l’adultes se produisent de juin à juillet selon les régions et l’altitude.

Les trous de sorties, nettement elliptiques, sont fréquemment observables sur les parties dépourvues d’écorce.

Les mâles émergent avant les femelles. A noter que les adultes ne vivent qu’une dizaine de jours.

Voila ce que je pouvais vous dire sur ce magnifique longicorne.

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Michel FERNANDEZ

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La Pisaure admirable (Pisaura mirabilis)

Restons dans les arachnides, après vous avoir parlé de la Lycose Narbonnaise et du Scorpion Languedocien, je vais aujourd’hui vous présenter une très belle araignée : La Pisaure admirable (Pisaura mirabilis) que l’on rencontre du mois d’avril à la fin de l’été.

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Pour ceux qui trouvent l’aranéologie difficile, Pisaura mirabilis est probablement l’une des espèces, avec l’Epeire diadème (Araneus diadematus), les plus faciles à reconnaître sur le terrain.

Très commune et totalement inoffensive, la Pisaura mirabilis porte bien son nom ; d’une part car c’est un bel animal et d’autre part, du fait qu’elle surveille admirablement bien sa couvée (bien que ce soit également le cas pour d’autres araignées).

C’est une araignée assez grosse, le corps mesure 10 à 16 mm.

Les mâles sont un peu plus petits que les femelles (10 à 12 mm) et ils ont en proportion les pattes plus longues, ce qui est fréquent chez les araignées.

De couleur variable (de gris à brun), elle se reconnaît à l’épine claire située dans l’axe de son céphalothorax qui se prolonge même souvent par un épi devant sa tête et présente des joues très caractéristiques qui tombent à 45° de part et d’autre de ses yeux. Une ligne ondulante sur les flancs de l’abdomen est également caractéristique. L’abdomen fusiforme, donne à cette araignée une allure générale svelte et allongée.

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On la voit souvent immobile sur une feuille au soleil dans LA position typique de la Pisara mirabilis : A savoir les deux premières paires de pattes (P1 et P2) étendues accolées vers l’avant.

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Cependant, la posture ci-dessous n’est pas rare, elle donne l’aspect d’un notable, les grandes pattes encombrantes croisées devant.

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Cette araignée ne tisse pas de toile pour capturer ses proies mais se nourrit en les chassant dans les herbes basses, c’est pour cela qu’on la trouve en général courant sur le sol ou posée sur la végétation, semblant parfois se dorer au soleil. Elle construit parfois cependant une petite toile peu symétrique où elle capture de petits insectes.

Très farouche elle s’enfuit ou se cache rapidement dès qu’elle nous aperçoit.

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L’accouplement est caractéristique. Chez la plupart des espèces d’araignées, le mâle qui s’approche de la femelle pour s’accoupler court le risque d’être dévoré. Les mâles de Pisaura mirabilis ont élaboré une stratégie qui leur offre 6 fois plus de chance de ne pas être victime de cannibalisme.

Ils offrent à la femelle un « présent nuptial », une proie qu’ils ont capturée et enrobée de soie. L’accouplement peut avoir lieu pendant que la femelle consomme son cadeau.

Cela ne réussit pas à chaque fois, la femelle préfère parfois dévorer le mâle, ou prendre le cadeau et partir le déguster ailleurs.

L’accouplement dure environ une heure, pendant que la femelle consomme le présent qui lui a été fait.

Quelque temps plus tard, la femelle pond les œufs dans un cocon de soie, parfaitement sphérique et élaboré de telle manière à ce que les fils se détendent au fur et à mesure de la croissance des petits.

Elle transporte ce cocon à l’aide de ses chélicères durant le temps de la maturation des œufs, ce qui lui confère une démarche très lourde et peu confortable.

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Une fois proche de l’éclosion, elle fixe le cocon à des herbes basses. Elle fabrique alors une « pouponnière » de soie, en forme de cloche dans les herbes, où les jeunes vont demeurer. Elle reste à proximité de cette cloche durant les premières phases de développement des jeunes,

Ceux ci ne quitteront la pouponnière qu’après leur seconde mue, lorsqu’ils seront capables de chasser et se nourrir.

Voila ce que je pouvais vous dire sur cette magnifique araignée. Je vous rappelle qu’elle est inoffensive et qu’il est donc inutile d’en avoir peur.

Un autre petit rappel : Sachez que ces animaux sont beaucoup trop utiles pour les écraser d’un coup de talon et que, sans les araignées, la vie serait tout simplement impossible sur terre de par le nombre d’insectes dont elles nous débarrassent au quotidien.

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Michel FERNANDEZ

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Le Scorpion Languedocien (Buthus occitanus)

L’arrivée du printemps, sonne le réveil des fleurs mais aussi des petites bêtes.

C’est également le moment idéal pour sortir son optique dédiée à la macrophotographie.

Après vous avoir parlé de la Lycose Narbonnaise (Lycosa tarentula), je reviens vers les Arachnides avec ce magnifique animal : Le Scorpion Languedocien (Buthus occitanus).

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J’ai bien écris animal car, à l’instar des araignées, les scorpions ne font pas parti des insectes. Ce sont des arthropodes de la famille des Arachnides.

Si le Buthus occitanus est le moins commun des Scorpions Français, c’est de loin le plus impressionnant tant par sa taille que par sa couleur, mais surtout par … sa dangerosité !

En effet sa piqure, très douloureuse, est loin d’être anodine. L’étymologie de son nom parle d’elle même: Buthus occitanus – Buthus: bœuf + tuer – occitanus: occitan

Mais je développerais cela un peu plus tard. Faisons d’abord les présentations :

Exclusivement méridional, le Buthus occitanus est le plus grand Scorpion européen (8 cm des pinces à l’extrémité de la queue), sa couleur est uniformément jaune. On le trouve uniquement dans le Sud du pays. Il ne peut pas être confondu avec le petit Scorpion noir à pattes jaunes (Euscorpius flavicaudis) long de 4 cm, commun dans toutes les maisons du midi et qui, lui, est totalement inoffensif.

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Euscorpius flavicaudis

Le Buthus occitanus est une espèce nocturne qui passe ses journées en général sous des pierres. Il y creuse une loge plus ou moins grande plus ou moins profonde selon la période de l’année, la taille de l’individu, ou l’ancienneté de l’acquisition.

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Buthus occitanus dans sa loge

En effet, lorsque l’hiver approche les Scorpions languedociens creusent leurs loges assez profondément. Il en est de même durant l’été lors des fortes chaleurs. La pierre est stable directement en contact avec le substrat, peu enfoncée, elle est presque toujours exposée au soleil, très rarement placée sous un arbre dont le sol est recouvert de litière. Il arrive que plusieurs individus cohabitent sous la même pierre mais les loges ne sont pas en contact les une avec les autres.

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Il n’est pas rare qu’il y ait une fourmilière sous la même pierre, mais dans ce cas, il n’y a aucun contact entre les deux espèces.

La pierre a un rôle de protection, d’une part contre les intempéries et d’autre part contre les prédateurs.

Le Scorpion languedocien peut aussi creuser un terrier dans le sol à la façon des grillons. L’ouverture est le plus souvent en forme de demi-ballon de rugby avec un remblai issu du creusement dans lequel on peut trouver les restes de chitines des proies. Ces habitats sont cependant rares et sont relatifs au substrat car il lui est plus facile de creuser un terrier dans un sol meuble que dans un sol compact. Il peut parfois creuser son terrier directement dans une butte de terre voire s’aider d’une souche. On a rencontré quelquefois des loges parmi des gravas. Les garrigues sèches sont son milieu de prédilection où il y chasse surtout les araignées.

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L’activité du Scorpion languedocien est fortement liée à la température. Le Buthus occitanus commence à sortir à partir du mois d’avril. Il lui faut une température minimum de 9,5 à 10°C (température prise sur le sol). Mais ce n’est pas parce que les Scorpions ne sortent pas qu’ils ne se nourrissent pas. En effet certaines pierres recèlent une grande quantité d’insectes (punaises, perce-oreilles), dont il se nourrit dès la fin mars. Il sort de sa loge environ trois quart d’heure après le coucher du soleil.

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Le Scorpion languedocien se situe au sommet de la chaîne alimentaire des arthropodes français (super prédateur). Il se nourrit avant tout d’insectes, d’Arachnides et de Crustacées terrestres. Il est capable de jeûner durant de longues périodes atteignant plusieurs mois ; le record étant de plus d’un an. Les proies les plus courantes sont les araignées et ses congénères ; le Buthus étant cannibale, il n’hésite pas à dévorer des individus souvent plus jeunes que lui.

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Buthus occitanus jeune

La fécondation est précédée par une danse nuptiale se déroulant d’avril à juillet, qui peut durer jusqu’ à 24 h.

Cette danse se fait selon des étapes bien définies. La rencontre se fait au hasard, le mâle maraude lentement la queue tendue en arrière et procède à des arrêts fréquents. Lorsqu’il détecte la présence d’une femelle, il se met à trembler de façon saccadée, avance, recule, puis se remet en marche. Il la saisit par les pinces ou la queue parfois les pattes. Une fois celle-ci tenue, s’ensuit la promenade à deux.

Lors du déplacement, c’est le mâle qui mène la danse, en marchant à reculons. Une fois fécondée, la femelle recule brutalement et échappe au mâle. Il s’ensuit parfois la mort du mâle, poignardé par la femelle qui ira le dévorer sous sa pierre.

Le Scorpion languedocien est une espèce ovovivipare au même titre que les autres Scorpions. Les naissances ont lieu de juillet à septembre. Elle met au jour 5 entre 30 et 70 petits qu’elle porte sur son dos pendant parfois un mois.

La longévité du Buthus occitanus est de 5 à 6 ans

Le Scorpion languedocien est une espèce protégée inscrite sur la liste rouge du patrimoine national ainsi que sur la liste de l’U.I.C.N.

Sa situation est critique.

Son principal destructeur est sans conteste l’homme. De par la destruction et les modifications de son biotope, auquel il est fortement lié. Il se raréfie d’autant plus que c’est une espèce très liée à son habitat et toute modification de celui-ci entraîne la diminution voire la disparition de sa population. De même, le prélèvement d’individus en grande quantité et de façon régulière peut avoir un impact sur une population.

Ses autres prédateurs sont : les rapaces nocturnes (Chouettes hulottes, Chouettes chevêches, grand Duc d’Europe), le Hérisson d’Europe, la Genette, le Sanglier. Les Arthropodes : Scorpion languedocien, Fourmis, Araignées telle la Lycose de Narbonne

Le Sanglier est également un grand prédateur de Scorpion. En été ils les mangent lorsqu‘ils sont dehors. Et en hiver il retourne les pierres. Il lui arrive ainsi d’en consommer toute l’année.

Terminons cette présentation par la dangerosité évoquée au début de cet article:

Lorsqu’il est inquiété, Le Buthus se fige et prend une posture caractéristique : Pinces ouvertes sa queue est recourbée en avant, prête à piquer l’agresseur.

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Posture défensive

Le Buthus occitanus économise au maximum son venin. Il ne l’utilise que lorsque les proies se débattent trop, c’est le cas pour les grosses Sauterelles, les autres Scorpions et certaines Araignées telles les Lycoses, celles-ci succombent toujours à la toxicité du venin. Mais il s’en sert également pour contrer une attaque de prédateur et les mammifères d’une masse inférieure à celle d’un homme ne sont pas à l’abri d’un tel poison.

Nota : tous les venins de Scorpion n’ont pas la même nocuité, certains étant moins efficaces que d’autres.

D’une manière générale, la dangerosité d’un Scorpion est inversement proportionnelle à la taille de ses pinces. Plus ses pinces sont grandes et puissantes par rapport à sa taille, moins son venin est toxique ; plus ses pinces sont fines et étroites (et c’est le cas de notre Buthus), plus efficace est son venin.

Les cas de piqûre sur l’homme :

Symptomatologie :

  • Signes locaux : douleur vive immédiate au siège de la piqûre suivi d’une inflammation locale, œdème. La douleur peut durer plusieurs heures.
  • Signes généraux : angoisse, troubles digestifs, vomissements, diarrhées, troubles cardiaques, troubles de mémoire et parfois coma.

Déroulement symptomatique :

  • Stade 1 : douleur très forte sans réaction inflammatoire.
  • Stade 2 : signes locaux et généraux modérés : sueur, agitation, perturbation, tension artérielle, nausées.
  • Stade 3 : signes locaux et généraux accentués : vomissements, diarrhée, encombrements bronchiques, œdème pulmonaire.
  • Stade 4 : coma, voire décès chez les moins de 15 ans.

Que faire ?

  • Localement : désinfecter les lieux de piqûre, application de glace.
  • Globalement : hospitalisation pour les jeunes personnes, contacter le centre antipoison, voir le médecin.

Pour photographier Buthus occitanus, il faut d’abord le trouver.

Pour cela il vous faudra soulever des pierres dans les garrigues méditerranéennes.

Faites bien attention, n’oubliez pas qu’il s’agit d’une espèce très venimeuse ! Après avoir pris vos clichés remettez doucement la pierre à sa place initiale et laissez le Scorpion se replacer.

Bref : On regarde, on prend des photos, mais on ne touche pas … et on ne tue pas !!!

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Michel FERNANDEZ

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Un mammifère à l’honneur : Le Chevreuil

Après vous avoir parlé des Marmottes, je souhaite aujourd’hui mettre à l’honneur un très beau mammifère sauvage : Le Chevreuil.

Malgré son nom latin Capreolus capreolus, le Chevreuil n’est pas un capridé, mais un cervidé. Tout comme les cerfs, il possède des bois qui tombent chaque automne pour repousser au printemps d’après.

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Le Chevreuil est un animal à la fois craintif et curieux. On le rencontre de préférence au lever et au coucher du soleil, le plus souvent en lisière de forêt. Il n’est pas rare cependant de le voir en pleine journée en bordure d’autoroute ou au beau milieu d’un champ. Son comportement change parfois à certaines périodes de l’année, notamment pendant le rut et pendant la période de chasse.

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Rencontre inattendue d’une chevrette au détour d’un chemin

Aussi agile que rapide, le Chevreuil atteint 90 km/h en vitesse de pointe pour une moyenne de 70 km/h, il peut faire des bonds de 1.75  m de haut et de 6 m en longueur.

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 Animal de petite taille : de 90 à 135 cm de long et de 55 à 80 cm de haut pour un poids de 15 à 35 kg, sa durée de vie est estimée entre 7 et 8 ans, mais il peut atteindre l’âge de 15 ans.

Le Chevreuil subit deux mues par an : Au printemps le pelage est roux et en automne il est  gris-brun. La tache claire et érectile qui orne le fessier est dite miroir ou rose ; d’un blanc pur en hiver, elle devient jaunâtre en été.

Le mâle est appelé Brocard, lui seul porte des bois qui tombent à l’automne. La femelle (Chevrette) ne porte jamais de bois. Le jeune est le Faon jusqu’à 6 mois, puis le Chevrillard, de 6 à 12 mois, son pelage est tacheté de blanc pendant les 6 premières semaines de sa vie.

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Brocard
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Chevrette
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Chevrillard

La pousse des bois a lieue en hiver et dure généralement 2 à 3 mois (surtout de la mi-janvier à la mi-février). Les bois sont alors recouverts d’une peau appelée velours que les chevreuils perdent de mars à juin.

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« Bois velours »
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Repousse fraîchement terminée : On aperçoit encore le velours qui pend

La chute des bois a lieue en octobre – novembre. Les bois atteignent 25 cm de long.

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Chute partielle sur un Brocard

Le Chevreuil se nourrit surtout de pousses et feuilles d’arbres, ronces, framboisier, lierre, noisetier, secondairement de plantes herbacées. Il consomme aussi des champignons, glands, faines et plantes cultivées dans une proportion voisine de 3 à 4 kg par jour.

Il choisit ses aliments avec soin et en prend les parties les plus nutritives.

Le cycle d’alimentation et de rumination est d’une heure en été et de deux heures en hiver, car, à cette saison, la proportion de ronces est plus forte et la morphologie de son tube digestif change.

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 Le  Chevreuil   obtient   la  maturité    sexuelle entre  14 mois et 2 ans. Le rut à lieu en juillet-août. Il peut y avoir un rut secondaire en octobre-décembre (un petit nombre de femelles fécondées durant cette période et dans ce cas, la gestation est directe).

L’unité sociale des chevreuils est formée par une chevrette et des jeunes de l’année (un brocard peut éventuellement s’associer à cette petite famille en automne). En hiver, plusieurs de ces groupes familiaux peuvent s’associer.

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 Le cri d’alarme des deux sexes ressemble à s’y méprendre à un aboiement particulièrement fort et souvent répété par le brocard. En période de rut, la femelle lance un sifflement, le mâle un cri grinçant.

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Le mâle frotte ses glandes frontales et jugales sur des branches, des buissons, et la sécrétion des glandes interdigitales marquent chaque pas. Les odeurs renseignent sur le sexe, l’âge de l’individu et sa position hiérarchique.

Il n’y a qu’une portée annuelle qui comporte des  jumeaux dans 75 % des cas, 1 seul faon dans 20 % des cas et 3 faons dans 5 % des cas, le nombre de petits par portée dépendant beaucoup du milieu.

Les prédateurs du chevreuil sont les loups, le lynx, le renard roux, les chiens errants, les gloutons – et les sangliers peuvent s’attaquer aux faons.

L’homme le chasse pour son trophée, sa chair et régule ses populations si les prédateurs sauvages sont absents.

Les groupes denses de chevreuils sont aussi régulés par diverses maladies, favorisées par la promiscuité et éventuellement par des pullulations de tiques.

Assez facile à photographier en affût, il n’en est pas de même lors d’une billebaude. Il peut alors se montrer agressif lors de votre  intrusion dans son« domaine » et soit vous faire face, soit faire le tour en courant de son territoire en « aboyant » très fort ! Il peut aussi, tout simplement, prendre la fuite.

Michel FERNANDEZ

NB : Toutes les photos présentées ici ont été réalisées en milieu naturel, en prenant soin de ne pas déranger la quiétude des animaux.

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