Un oiseau à l’honneur : Le Cincle plongeur (Cinclus cinclus)

Aujourd’hui, je souhaite vous faire connaître un oiseau très particulier : Le Cincle plongeur (Cinclus cinclus)

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Le Cincle plongeur (Cinclus cinclus) est une espèce d’oiseaux de la famille des Cinclidés. Il est parfois appelé « Merle d’eau ».

C’est un oiseau rondelet. Il mesure environ 18 à 20 cm de longueur pour un poids d’à peu près 65 grammes.
Les parties supérieures contrastent fortement avec le blanc du menton, de la gorge et de la poitrine. Le dos gris ardoisé présente un effet écaillé. La tête et la nuque sont brunes. La poitrine blanche est bordée d’une bande châtain qui la sépare de l’abdomen brun-grisâtre foncé. Les ailes et la queue courtes sont plutôt sombres. Le bec droit est noir. Les yeux bruns, entourés d’une paupière claire, sont  protégés de l’eau par une membrane nictitante blanche, visible quand l’oiseau cligne des yeux. Les pattes et les doigts non palmés sont brun foncé. Les deux sexes sont semblables.

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Le juvénile est plus gris sur le dessus et blanc tacheté de gris dessous.

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Le cincle plongeur est habituellement vu seul ou en couples, mais plusieurs oiseaux peuvent dormir ensemble la nuit en hiver dans un endroit abrité, sous un pont bien souvent.

Son vol est direct, rapide et droit. On l’aperçoit souvent, rasant la surface des rivières, pour saisir les insectes.

Son cri le plus caractéristique se compose d’une « suite de sons sifflés et grinçants ».

Il vit à proximité des cours d’eau rapides et oxygénés (torrents), surtout en montagne, notamment ceux dont le fond est caillouteux et peu profond. Il se perche souvent sur une pierre dans l’eau.

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Oiseau sédentaire, il lui arrive de bouger uniquement dans des conditions hivernales extrêmes.

Le Cincle plongeur se nourrit principalement d’invertébrés aquatiques, larves d’insectes, petits poissons, œufs de saumon et têtards.

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Parfaitement adapté à la vie aquatique, il nage sous l’eau à l’aide des ailes et marche, complètement immergé, dans le lit des ruisseaux. Il est, ainsi, le seul oiseau chanteur capable de nager et de plonger.

Il plonge même en hiver, en sautant du bord de la glace. Son plumage épais et imprégné par la sécrétion de la glande uropygienne est imperméable..

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Le cincle plongeur utilise une technique de pêche unique : il plonge la tête la première dans l’eau jusqu’à s’immerger complètement dans l’eau, sous laquelle il marche sur le fond à contre courant, en bombant le dos et écartant légèrement les ailes afin de ne pas remonter trop rapidement à la surface. Lorsque l’eau est plus profonde ou agitée, il étale sa queue tronquée et utilise ses ailes pour se propulser et résister davantage au courant.

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Il trouve sa nourriture en retournant les pierres avec son bec et en fouillant les algues et autres plantes subaquatiques. Il localise ses proies à la vue, ses yeux étant protégés par de minces replis de peau sous les paupières, appelés membranes nictitantes, visibles lorsque l’oiseau est perché car clignant régulièrement.

Après le plongeon, il lui arrive souvent de se laisser flotter dans le sens du courant sur une courte distance, avec les ailes partiellement ouvertes avant d’émerger.

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Le cincle plongeur niche très près de l’eau, près de la surface, ou à environ 2 mètres au-dessus de l’eau sous un pont. Il utilise aussi des cavités dans la rive, des trous dans les murs ou les vieux arbres au-dessus de l’eau.
Les deux adultes construisent le grand en forme de dôme, avec de la mousse, des herbes sèches et des feuilles. Mais cette construction n’est qu’un abri. L’entrée est cachée sous un rebord végétal, et c’est là qu’est le vrai nid, une coupe d’herbes et de laîches, tapissée de feuilles, principalement des feuilles de chêne pédonculé.
La femelle dépose 4 à 6 œufs blancs en mars ou avril. L’incubation dure environ 14 à 16 jours, assurée par la femelle. Le mâle s’approche du nid uniquement quand la femelle va se nourrir et il surveille le site. Mais le mâle la nourrit aussi régulièrement au nid.
Les poussins sont nidicoles et sont nourris par les deux parents pendant un mois. Mais les jeunes peuvent quitter le nid avant, à environ 24 à 25 jours après la naissance.

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Voila ce que je pouvais vous dire sur cet oiseau si particulier.

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Michel FERNANDEZ

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Un oiseau à l’honneur : Le Circaète Jean-le-Blanc

Aujourd’hui, je souhaite vous faire connaître, un grand rapace au régime alimentaire exclusif : Le Circaète Jean-le-Blanc. Cet oiseau est en effet spécialisé dans la chasse aux reptiles et principalement aux serpents.

Visiteur d’été, il passe l’hiver en Afrique, et revient en Europe de fin février à fin septembre pour se reproduire.

Son nom assez curieux lui vient du grec [Kirkos Aetos], soit Faucon Aigle. Il a les grands yeux jaunes du Busard, et la grande taille des Aigles. « Jean « , au Moyen âge était le surnom donné aux personnes habiles et « le-Blanc  » fait référence à sa couleur dominante quand on le voit de dessous.

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Le Circaète Jean-le-Blanc est un rapace de grande taille, mesurant de 65 à 70 cm de longueur pour 1,70 à 1,85 m d’envergure et une masse allant de 1,5 à 2 kg. C’est également un excellent planeur, il se déplace habituellement sans battre des ailes, profitant au maximum de la brise et des ascendances thermiques, les ailes largement étendues.

Il a le dessus des ailes brun et le dessous blanc. Le corps est parsemé de taches colorées, de couleur et densité variables suivant les individus (entre beige clair et marron foncé). Ces touches de couleur forment des lignes parallèles sous les ailes et trois barres sous la queue. Une bavette plus sombre s’étend du menton à la poitrine. La tête est plutôt large, ronde, avec un bec court et des grands yeux jaunes, ce qui lui donne un peu un air de chouette. Elle se diffère toutefois de celle des autres rapaces diurnes : les yeux sont plus gros et dirigés vers l’avant, ce qui lui confère une très bonne vision binoculaire.

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Le dimorphisme sexuel peut se constater au niveau du plumage, généralement la femelle, plus grande que le mâle, a un plastron plutôt foncé, le mâle arborant une poitrine plus claire, parsemée de flammèches verticales sombres.

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Les immatures ressemblent aux adultes, mais ils sont plus pâles, avec la nuque plus blanche.

Ses hautes pattes écailleuses, gris-bleu ressemblent plus à celles d’une poule, qu’à celles d’un rapace (d’où son nom latin « gallicus »). Il n’a pas les serres acérées des Aigles, mais des doigts courts et robustes adaptés à la prise des serpents.

Son régime alimentaire est composé à 90 % de serpents, en majorité de grandes couleuvres, mais il se nourrit aussi de lézards, d’orvets, et plus rarement de micromammifères et d’oiseaux.

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Circaète Jean-le-Blanc ayant prédaté un Lézard ocellé

La technique de chasse du Circaète est particulière : d’un vol plané, très lent, il survole une étendue de terrain dégagée, en scrutant le sol, à une hauteur moyenne (entre 30 et jusqu’à 400 mètres), et effectue à certains endroits des phases de vol stationnaire, de quelques secondes à plusieurs minutes, appelé « vol du Saint-Esprit ».

Pour cela il s’arrête simplement sur place en étendant ses ailes, face au vent, en régulant constamment les filets d’air par des changements plus ou moins rapides de l’extension de ses ailes, leur angle d’incidence, l’écartement de ses rémiges ou de sa queue, le tout en essayant de garder la tête le plus immobile possible.

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Quand le vent est assez fort il lui arrive de battre des ailes pour rester sur place, un peu comme le faucon crécerelle, et éventuellement de laisser pendre ses pattes pour se stabiliser. Mais par temps calme il s’agit surtout de mouvements très légers, et il n’est pas rare de le voir complètement immobile dans le ciel, les ailes étendues, tel un cerf-volant.

Dès qu’une proie est repérée, il descend sur elle par palier, pour s’assurer de son succès.

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Il la saisit, et assène de coups de bec la colonne vertébrale et la tête. Il l’avale ensuite en commençant par la tête, si celle-ci s’avère trop grosse, il l’emmène dans son aire. Ceci peut attirer la convoitise d’autres rapaces qui chercheront alors à lui voler sa prise …

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Un Milan noir cherche à voler le serpent pendant des serres du Circaète

Si c’est un serpent destiné au nourrissage, il laisse pendre un petit bout de la queue du serpent hors du bec, sur lequel son partenaire ou son jeune tirera pour l’extraire entièrement.

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Le Circaète Jean-le-Blanc est bien protégé par des plumes épaisses sur les cuisses et des écailles au niveau des tarses, mais il n’est pas immunisé contre le venin des vipères.

La saison de reproduction voit revenir les mêmes couples aux mêmes endroits (ou un seul oiseau si l’autre adulte a péri pendant l’hiver). En principe, le même nid est reconstruit peu de temps après leur arrivée.
Les vols nuptiaux ne présentent pas de particularités par rapport aux vols habituels. Les mâles planent comme d’habitude. On peut quand même voir des séries de vols ondulants, avec des montées et des descentes répétées. En revanche, le mâle peut apporter des proies à la femelle laissant alors pendre une très longue portion de couleuvre hors du bec : dans ce cas il s’agit pour lui d’attirer la femelle, pour lui faire une « offrande » en vue de l’accouplement.

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Couple : la femelle est en haut

Le nid du Circaète est relativement petit comparé à celui d’autres rapaces de sa taille. Il est construit dans un arbre, pin ou chêne vert suivant la région. Il n’est pas installé dans une fourche (comme celui des Buses ou des Autours) mais placé le plus souvent en position latérale, ou bien au sommet d’un arbre tordu ou étêté, car du fait de son envergure le Circaète a besoin d’assez de place et d’un accès facile pour se poser. Plus rarement, il peut nicher sur une paroi rocheuse.

La femelle ne pond qu’un seul œuf, entre fin mars et mi-avril, elle le couve pendant environ 45 jours.

Le mâle assure son nourrissage, et remplace parfois la femelle sur le nid lorsque celle-ci s’absente un moment. En cas de mauvais temps (pluie), si la chasse est impossible, les oiseaux jeûnent.

Après l’éclosion, la durée d’élevage est encore assez longue : en moyenne 70 à 80 jours. Pendant ses 3 à 4 premières semaines, le poussin est vulnérable (prédateurs, mais aussi pluie ou froid), il est donc constamment couvert par la femelle. Elle dépèce les proies, et lui donne la becquée.

Son duvet est progressivement remplacé par des plumes, et vers l’âge d’un mois il est suffisamment emplumé pour que la femelle commence à quitter le nid, pour des périodes de plus en plus longues, notamment pour aider au nourrissage.

Il est alors capable d’ingurgiter un serpent en entier : les parents viennent se poser sur le nid avec la queue d’un serpent qui dépasse du bec, et le jeune doit tirer dessus pour l’extraire, et l’ingurgiter à son tour.

Pendant sa période de croissance, et d’achèvement du plumage, les parents apportent au nid un à plusieurs serpents par jour.

Pendant les heures de fort soleil, quand la température est importante, l’un des adultes vient sur le nid pour faire de l’ombre au jeune, au besoin en ouvrant un peu ses ailes pour faire écran.

Si tout va bien le jeune Circaète prend son premier envol au début du mois d’août. Au début, lors de ses premières tentatives de vol, il ne s’éloigne guère de la zone du nid, passant le plus clair de son temps perché, à guetter le retour d’un adulte.

Puis il s’enhardit progressivement à voler un peu plus loin, un peu plus longtemps, et lorsqu’il a atteint une certaine maîtrise et endurance, il va parfois jusqu’à suivre l’un de ses parents, occupé à chasser pour le nourrir, et finit par s’essayer lui aussi à la technique du vol sur place, qui lui permettra plus tard de se nourrir par lui-même.

Les Circaètes partent en migration assez tard, entre le milieu et la fin du mois de septembre.

Au cours des dernières années, le Circaète Jean-le-Blanc a connu une diminution importante à la fois de ses effectifs et de son aire de répartition ; considéré comme une espèce rare. Les principales causes de cette régression sont la modification des pratiques agricoles et certains travaux d’aménagement du territoire. Il bénéficie d’une protection totale sur le territoire français.

Voila un bien bel oiseau à photographier.

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Michel FERNANDEZ

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Un oiseau à l’honneur : Le Guêpier d’Europe

Aujourd’hui je souhaiterais vous parler d’un oiseau que l’on ne présente plus car très connu de par son plumage aux couleurs chatoyantes : Le Guêpier d’Europe (Merops apiaster).

Très bel oiseau de la taille d’une Grive draine (28 cm pour une masse moyenne de 60 g et une envergure de 45 à 50 cm), le Guêpier d’Europe est élégant, semblable à un arc-en-ciel quand il est en vol. Visiteur d’été dans le sud de l’Europe, ce joli guêpier est un régal pour les yeux !

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Ses couleurs aux reflets métalliques sont composées de bleu-vert turquoise au ventre, au poitrail et au bas des ailes, de brun-roux sur le dos, la calotte et le haut des ailes, vert sombre de la queue, noir du bec légèrement incurvé et comme prolongé d’un trait de plumes également noires, iris rouge dans un œil noir, jaune bordé de noir pour la bavette.

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Autre caractéristique de cet oiseau : Ses cris roulés, permettant de le reconnaître même quand on le discerne à peine dans le ciel.

Le Guêpier d’Europe fréquente les berges sablonneuses des cours d’eau, les falaises d’éboulis et même les talus en bord de routes ou des chemins où il creuse des terriers. Il vit souvent en colonies et aime se percher avec ses congénères sur les branches saillantes, les fils électriques et les poteaux.

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Il vole à la manière des hirondelles : battements d’ailes tantôt secs, tantôt en plané en vol direct, à la manière des pics : trajectoire onduleuse, battements d’ailes rapides avant une longue glissade, les ailes collées au corps.

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Le Guêpier d’Europe se nourrit en priorité d’Hyménoptères tels qu’abeilles, guêpes et frelons, mais aussi d’autres insectes tels que des cigales, des libellules, des papillons, des punaises ou des  orthoptères (criquets, sauterelles) et coléoptères (hannetons…)

Il les capture en vol, depuis un perchoir exposé d’où il s’élance à leur poursuite. Avant d’avaler sa proie, il la frappe sur une surface dure pour enlever le dard. Un seul guêpier peut consommer jusqu’à 250 abeilles par jour !

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Il rejette fréquemment des pelotes contenant les parties indigestes des insectes.

Au début de la saison de reproduction, le Guêpier d’Europe effectue quelques parades qui mettent en valeur les couleurs vives de son plumage. Les couples se forment sur les zones d’hivernage en Afrique.

Les parades vocales sont importantes. L’oiseau gonfle les plumes de la calotte et du cou, déploie sa queue vibrante et relève les ailes tandis qu’il chante.

Il fait aussi des offrandes de nourriture à la femelle, très vite après leur arrivée sur les aires de reproduction. Les accouplements suivent en général ce comportement, mais souvent après plusieurs offrandes.

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Le Guêpier d’Europe nidifie habituellement en colonies.
Très vite après leur arrivée sur les aires de reproduction, le couple et quelques aides creusent le terrier sur le site de naissance du mâle. Le nid est situé dans un endroit sablonneux plat ou en pente, mais souvent dans des parois terreuses.

Les guêpiers enlèvent entre 7 et 12 kg de terre du tunnel, et la construction peut durer entre 10 et 20 jours. Le terrier mesure de 70 à 150 cm de long. Il est de section ovale, de 7 x 9 cm. Il peut être droit ou légèrement courbe, souvent horizontal mais parfois incliné selon le site.

La femelle dépose 4 à 10 œufs à un ou deux jours d’intervalle. L’incubation dure environ 20 jours. Les deux sexes prennent des tours pour couver.
Les poussins naissent nus et aveugles sur une période de 2 à 6 jours. Les plumes poussent un peu plus tard et en même temps, le poussin voit et bouge, et devient agressif.

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Les jeunes sont nourris par les adultes et quelques aides. Ils atteignent le poids des adultes à l’âge de 20 jours. Les parents les nourrissent pendant encore trois semaines après l’envol qui a lieu environ un mois après la naissance.
Une seconde couvée peut être mise en route si la première est perdue, et un second terrier sera rapidement creusé pour cette nouvelle couvée.

Comme cet oiseau nidifie dans des terriers, il a besoin de prendre des bains dans l’eau et dans la poussière afin de se débarrasser des parasites qui infestent sa peau.

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L’hiver privant le guêpier de sa nourriture principale. C’est à la fin de l’été que ces oiseaux  entament un long et périlleux voyage.

Venus d’Europe occidentale, de grands vols de guêpiers franchissent la Méditerranée et le désert d’Arabie pour hiverner en Afrique du Sud.

Lorsqu’ils convergent vers la Méditerranée, les guêpiers doivent souvent échapper aux Faucons d’Éléonore qui, pour nourrir leurs petits, s’attaquent aux oiseaux en migration. « Au moins 30 % des oiseaux seront tués par des prédateurs ou par d’autres facteurs avant de pouvoir retourner en Europe au printemps suivant. »

Le Guêpier d’Europe est commun localement et largement répandu dans la majorité de sa distribution. Cependant, cette espèce est menacée en Afrique par la chasse en tant que parasite ou pour la consommation, et en Europe par l’usage des pesticides qui réduit les populations d’insectes, par la canalisation des cours d’eau qui supprime les rives sableuses et donc les sites de nidification, et par les développements et les dérangements humains.

Voilà un magnifique oiseau à photographier … Cependant quelques précautions s’imposent : N’oubliez pas la devise du naturaliste « observer sans déranger ».

Ne vous placez jamais prés des nids et ne vous en approchez pas non plus ; ceci aurait des conséquences désastreuses car les oiseaux abandonneraient leurs couvées et les poussins mourraient irrémédiablement ! Ne vous acharnez pas à essayer de faire des plans rapprochés si vous n’êtes pas en cachés dans un affût. Ne poursuivez pas les oiseaux.

Merci pour eux.

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Michel FERNANDEZ

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Un oiseau à l’honneur : Le Flamant rose

Retour chez les oiseaux avec un incontournable bien connu de tous : Le Flamant rose.

 

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L’origine des flamants demeure incertaine et les scientifiques ont eu les plus grandes difficultés à les classer.

En prenant en compte les caractères du squelette, de la musculature, du système digestif ainsi que les protéines de l’albumine de leurs œufs, on peut en effet les rapprocher des cigognes et des hérons, tandis que la conformation de leur bec, leur voix et même les parasites de leur plumage, les relient aux canards et aux oies.

Aujourd’hui, les systématiciens s’accordent pour les regrouper dans un ordre à part, celui des phœnicoptériformes.

L’espèce ne peut être confondue. Posé, l’oiseau présente un corps entièrement rose clair, de longues pattes roses palmées, un bec court et recourbé, à pointe noire. En vol, la silhouette caractéristique est très allongée (pattes et cou tendus) : les ailes sont alors bien visibles. Les rémiges primaires et secondaires sont entièrement noires et les couvertures rose vif avec des nuances tendant vers le blanc.

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Les immatures, eux, sont peu colorés : les pattes sont sombres, le cou et le dessous blanc sale, et le dessus marqué de brun. La couleur rose apparaît au cours des années, jusqu’à 4 à 7 ans, où l’intensité est à son maximum.

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Tout cela fait que cet oiseau est une véritable curiosité de l’avifaune européenne avec une silhouette et des colorations uniques sur le continent : c’est ainsi la seule espèce de phœnicoptéridé représentée en Europe, dont seules la France et l’Espagne hébergent des colonies nicheuses.

Le Flamant rose est un oiseau côtier lié aux eaux saumâtres : son habitat privilégié est constitué par les lagunes et étangs littoraux.

C’est un oiseau grégaire. En effet les individus restent toujours groupés en bandes plus ou moins importantes.

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Leur vie amoureuse ne déroge pas à cette règle et, tout au long de l’année, ils s’adonnent irrégulièrement à des ébauches de comportement nuptial qui peuvent durer toute une journée et dont la fréquence comme l’intensité augmentent au printemps, environ deux mois et demi avant le début de la nidification.

Sans s’adresser à tel ou tel membre du groupe en particulier, les attitudes de chacun relèvent plutôt d’un rituel d’ensemble. Plusieurs figures ont été répertoriées.

Avec un étirement vertical du cou, les animaux poussent de brefs grognements rauques qu’ils accompagnent d’un mouvement rotatif et régulier de la tête.

Lorsqu’ils cessent de grogner, les flamants entament une série de gestes dits « de confort » qui, en temps normal, ont une fonction bien précise : étirement, assouplissement, soins du plumage.

Lors des parades, ces gestes perdent leur vocation utilitaire et deviennent des rites destinés avant tout à détourner l’agressivité latente. Aux brèves ouvertures d’ailes, le cou dressé, succèdent des « courbettes », des pseudo-lissages des plumes du dessous des ailes, ou du dos, avec le bec.

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Les manifestations occasionnelles d’agressivité se traduisent par des courses, aile à aile, sur de courtes distances, le cou incliné vers l’avant à 45°, tête baissée, le bec recourbé touchant presque le « menton ».

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La formation du couple, s’opère avec discrétion au milieu de ces parades collectives et ne se remarque pratiquement pas. On suppose qu’elle se produit lorsque les futurs partenaires donnent l’impression de se nourrir. Ceux-ci se tiennent alors côte à côte, le cou baissé, avançant au même rythme, s’interrompant parfois pour pousser quelques cris étouffés.

Une fois le couple constitué, les deux adultes restent souvent ensemble, se livrant aux mêmes occupations, mais continuent, dans un premier temps, à prendre part aux parades collectives. Ils finiront toutefois par s’écarter un peu du groupe, et, après quelques jours, s’accoupleront.

Là aussi, les flamants obéissent à un rituel précis. La femelle avance, le bec enfoncé dans l’eau, simulant la prise de nourriture, suivie par le mâle, cou allongé, qui lui touche le dos avec son bec. Sitôt qu’elle s’arrête, marquant ainsi son assentiment, le mâle grimpe sur son dos où il se maintient accroupi en battant des ailes.

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Sa partenaire l’aide en entrouvrant les siennes, un peu à la manière d’une nacelle, ce qui permet au mâle de placer ses doigts à la naissance des ailes de sa compagne pour garder l’équilibre. Après l’accouplement, le mâle se redresse et reste debout un court instant avant de sauter à terre. Les oiseaux accompagnent leurs ébats d’appels en sourdine et de gestes de toilettage du plumage.

Dès que l’accouplement a eu lieu, le couple construit un nid cylindrique bâti avec de la boue, de l’argile ou du sable. Au milieu du futur édifice l’un des deux flamants ramène vers le centre des boulettes de boue mêlée de plumes et de brindilles, qu’il piétine pour bien les tasser. L’autre apporte les matériaux. Une fois terminé, le nid mesure 60 cm de diamètre à la base, et de 30 à 40 cm de diamètre supérieur pour une hauteur équivalente. Il est entouré d’un fossé.

Toujours du fait de leur caractère grégaire, les flamants roses ne connaissent pas l’intimité familiale lors de la ponte de leur unique œuf. Les couples d’une même colonie nichent très proches les uns des autres. Chaque couple dispose pour pondre d’un territoire restreint d’environ un mètre carré. Mâle et femelle couvent et se relaient également pour alimenter leur petit.

Le flamant a la chance de pouvoir se nourrir à la demande, sans tenir compte de la lumière du soleil ou de la disponibilité des proies, puisqu’il avale surtout de petits invertébrés prélevés dans la vase. Crustacés, mollusques, insectes, vers annélides font les délices de ce grand échassier, qui doit d’ailleurs sa magnifique coloration rosée au carotène contenu dans de minuscules crustacés, comme l’Artemia salina.

Le reste du régime alimentaire est constitué de graines et d’autres fragments d’origine végétale ; le flamant avale sans doute quelques petits poissons. Il arrive aussi que le flamant se nourrisse en nageant, prenant ainsi l’allure d’un curieux cygne, mais le plus souvent il avale debout.

Tout en avançant lentement dans l’eau, il fouille le fond d’un mouvement latéral de la tête, cette dernière étant immergée, ou bien il reste sur place et pivote sur lui-même autour de l’axe de ses pattes, explorant avec son bec la vase autour de lui. L’oiseau amène sa mandibule supérieure au contact du fond vaseux. Grâce à la forme très particulière de son bec, la mandibule inférieure se retrouve paradoxalement placée au-dessus de sa voisine.

La boue liquide est alors aspirée, puis filtrée par les lamelles du bec, pour ne conserver que les éléments nutritifs. Qualifié d’espèce limivore (« mangeuse de boue »), le flamant rejette l’essentiel de la vase, mais en absorbe pourtant une certaine proportion. Cette part, véritable purée minérale et organique, contient des éléments animaux et végétaux microscopiques : algues, bactéries, diatomées, protozoaires.

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Peu d’échassiers possèdent l’élégance du flamant rose, avec ses jambes interminables et fines, son long cou gracieux, la forme de son gros bec et sa coloration rose.

Cet oiseau méritait bien un petit article …

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Michel FERNANDEZ

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Une rareté dans l’Aude : Un Héron cendré mélanique

Aujourd’hui, je souhaite vous faire part d’une découverte. Une première dans le département de l’Aude (et je pense également en France…) il s’agit d’un Héron cendré mélanique.

Mais d’abord, qu’est-ce que le mélanisme ?

Le mélanisme (du grec melas, noir) est caractérisé par la couleur entièrement noire de la peau, des plumes, des écailles ou des poils. C’est un excès d’origine génétique de la production de mélanine, pigment de couleur noire.

A l’inverse le leucisme et lalbinisme, eux sont dus à un déficit ou une absence de mélanine et d’autres pigments, également d’origine génétique, et qui donnent des animaux de couleur très claire ou entièrement blanche.

Découvert à la fin du mois de février, lors d’une billebaude, cet oiseau a élu domicile dans une zone humide proche du littoral Narbonnais. Comme vous pouvez le constater sur les photos suivantes, le Héron cendré à habituellement les plumes majoritairement grises et blanches, le bec jaune orangé et les pattes sont jaunes grisâtre.

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Héron cendré
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Héron cendré
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Héron cendré

Notre Héron, quant à lui, présente un plumage majoritairement noir, ainsi que la base du bec et les pattes. Les couvertures sont gris foncé.

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Héron cendré mélanique
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Héron cendré mélanique
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Héron cendré mélanique
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Héron cendré mélanique
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Héron cendré mélanique

Bien que la cohabitation avec les autres ardéidés du site ne pose visiblement aucun problème, cet oiseau reste toutefois la majeure partie de son temps à l’écart. Il semble moins craintif que ses congénères.

Michel FERNANDEZ


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