10 conseils pour maîtriser son boîtier


La volonté des fabricants de matériel photo est d’en offrir toujours plus. Les appareils numériques modernes, lorsqu’ils sont destinés aux amateurs éclairés ou aux professionnels, sont truffés de boutons… Cette subite acné est censée faciliter l’utilisation du boîtier… Alors on se penche sur la notice de l’appareil (350 pages) et on essaie de s’y retrouver dans les 170 menus déroulants… puis, totalement découragé, on laisse tomber non s’en s’être rué sur la boite de Doliprane 1000… Alors on règle son appareil sur la position « tout automatique » afin d’assurer des images correctes et d’éviter de regretter l’achat d’un boîtier aussi complexe.

Sortir du mode « tout-auto » n’est pas si compliqué. Il suffit de quelques connaissances simples et vous voilà admis dans le monde fabuleux de la photographie créative. Le but de cet article est de vous aider à utiliser les fonctions essentielles de votre appareil en faisant abstraction des réglages compliqués et souvent inutiles. Voilà les 10 étapes qui vont vous faciliter la vie, un véritable florilège des bonnes habitudes à acquérir !

1. Mode d’exposition « A » ou « AV » pour priorité à l’ouverture

Chaque appareil photo « sérieux » propose plusieurs réglages d’exposition (PSAM) auxquels s’ajoutent le mode « tout-auto » et les modes résultats (photo de nuit, paysage, macro, etc). Tous ces modes ne servent à rien sinon qu’à embrouiller le débutant. Aussi, je vous conseille d’opter pour le mode « A » ou « Av » qui va vous permettre de régler l’ouverture du diaphragme.

Le diaphragme permet d’envoyer la lumière vers le capteur. Plus il est ouvert (grande ouverture) et plus la quantité de lumière admise sera grande. Comme le capteur reçoit toujours la même quantité de lumière, c’est la durée de l’exposition qui va changer en fonction de l’ouverture sélectionnée et de la quantité de lumière disponible (photo de jour ou photo de nuit).

ouverture-du-diaphragme

Ainsi, une photo de jour à f/2.8 sera prise à une vitesse bien plus rapide que si le diaphragme est réglé à f/16 ou f/22.

2. Le réglage de la sensibilité

Contrairement à l’époque de l’argentique ou toutes les photos d’une même pellicule étaient prises à la même sensibilité, avec le numérique il est possible de modifier la sensibilité avant chaque prise de vue.  Cette souplesse est également une nouvelle contrainte car c’est un réglage supplémentaire auquel il faut penser.

Pour vous consacrer pleinement à la photo que vous allez prendre, je vous conseille de régler votre boîtier sur 400 ISO. A cette sensibilité les photos ont la même qualité qu’à 100 ISO et vous allez pouvoir couvrir plus de 90% de vos besoins avec ce réglage. Lorsque vous aurez appris à maîtriser la lumière, il sera simple pour vous d’ajuster le réglage de la sensibilité.

3. La balance des blancs

Oubliez la balance des blancs pour vous concentrer sur le cadrage. Les dominantes de couleur font le charme de certaines photos en créant une atmosphère décalée. Si la photo finale ne vous convient pas, vous aurez tout le temps de la retravailler en post-traitement.

4. L’autofocus

Réglez votre appareil pour n’utiliser que le collimateur central. Cela vous obligera à une petite gymnastique ; le cadrage / décadrage, mais vous en prendrez vite l’habitude. Le collimateur central est généralement le plus sensible. En changeant régulièrement de point AF vous risquez tout simplement de manquer le moment décisif !

5. Utilisez le format JPEG

Si vous n’êtes pas expert en post-traitement, je vous recommande de travailler en JPEG taille maximale et compression minimale. Le jpeg offre aujourd’hui une très bonne qualité d’image tout en laissant certaines latitudes de post-traitement. Rien ne vous interdit le RAW + JPEG si vous disposez de capacités de stockage importantes.

6. Sous-exposez vos photos

Les mesures matricielles, évaluatives ou multizones ont tendance à surexposer les sujets contrastés. Le résultat sur l’ordinateur est sans appel ; les images sont trop claires et manquent de saturation. L’écran arrière de votre boîtier offre une vision souvent trompeuse de l’image. Il en est de même de l’histogramme qui va se contenter à fournir une analyse « objective » de chaque zone. Si la photo vous paraît trop dense sur l’ordinateur, il sera simple de l’éclaircir un peu en post-traitement. Attention, ce conseil n’est valable que pour les photos prises en mesure multizones.

7. Affichage des infos du viseur

Les viseurs des appareils photo offrent de très nombreuses informations, à tel point que l’on a parfois l’impression de piloter un Airbus plutôt qu’un appareil photo. Partant du principe que trop d’infos tue l’info, je vous conseille de lire la notice de votre appareil afin de réduire les informations affichées par le viseur au strict nécessaire.

En ce qui me concerne je me cantonne aux réglages les plus importants concernant le boîtier : sensibilité ISO, diaphragme, vitesse et correction d’exposition. Vous également afficher le quadrillage afin de conserver l’horizon droit.

8. Oubliez les photos prises en rafale !

Sauf à pratiquer la photo sportive ou animalière et à disposer d’un matériel professionnel, je vous déconseille le mode de prise de vue en rafale. En photographiant ainsi vous pensez ne pas risquer de manquer l’instant décisif. Or, c’est le contraire qui va se produire, surtout si vous utilisez un viseur électronique.

Apprenez-vous à regarder à travers le viseur et à déclencher au bon moment. Déclencher au moment décisif n’est pas très compliqué et c’est en vous entraînant que vous y parviendrez. Au final, vous aurez beaucoup moins de photos à trier.

9. Conservez les réglages standard

Les appareils modernes proposent de très nombreux réglages, pour les couleurs, les dynamiques, les filtres… Rien de tout cela n’est décisif. Une belle photo sera toujours une photo réalisée avec des réglages standard. Présentez une photo réalisée avec un « mode résultat » dans un concours et vous êtes sur de ne pas gagner. C’est le photographe qui doit faire SA photo et non l’appareil.

Ne confondez pas les différents temps de la photographie, celui de la prise de vue, celui de son optimisation et celui de son affichage ou impression. Sur le terrain, il faut se concentrer sur l’image à réaliser et non se préoccuper des fonctionnalités de son appareil. Plus vous resterez simple et plus vous serez efficace.

10. Sachez utiliser le mode manuel

Les débutants ont souvent l’impression que les pros recourent très souvent au mode manuel pour obtenir des effets très artistiques. Il n’en est rien, et voilà encore un mythe qui s’écroule…

Le mode priorité à l’ouverture permet de répondre à la presque totalité des besoins. Le mode manuel ne montrera son utilité que lorsque, pour une même série d’images, vous voudrez obtenir une exposition rigoureusement identique.

Comment procéder ? Prenez une première photo en mode priorité à l’ouverture. Relevez les informations fournies par l’appareil (ouverture, vitesse et sensibilité). Passez en mode d’exposition manuel et non en mode autofocus manuel, ce qui n’est pas du tout la même chose. Reportez les réglages de la première photo et poursuivez les photos de votre série. Ainsi toutes vos photos bénéficieront de la même exposition.

Ce post est inspiré d’un article paru dans Réponses PHOTO numéro 273 de décembre 2014. Il faut bien rendre à César…   

A très bientôt,

Jean-Michel.

Publicités

Un commentaire sur « 10 conseils pour maîtriser son boîtier »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s