Créativité printanière !


Le printemps est sans aucun doute la saison la plus attendue des photographes. Au sortir de l’hiver, la nature quitte définitivement la grisaille et le froid et se pare d’innombrables fleurs. S’invitent alors des insectes de tous genres, du papillon à la libellule, de la sauterelle à la coccinelle, en passant par les scarabées, les syrphes et autres mouches diverses…

Alors le photographe tourne son regard vers le bas, vers ce petit monde qui s’anime à ses pieds et offre d’innombrables opportunités photographiques. Voici, résumées en quelques clichés, des idées de photos printanières, suivies de quelques conseils. Le thème du concours du mois de mai étant « fleurs et insectes », je ne doute pas que cet article vous permettra de trouver l’inspiration nécessaire à la réalisation de belles images.

1. Observez !

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Araignée crabe. Plusieurs espèces, douées d’homochromie, sont mimétiques de diverses parties végétales (surtout les fleurs), qui leur servent de support pour la chasse à l’affût.

L’observation permet de réaliser des photos qui sortent de l’ordinaire. Ici, en photographiant la fleur seule, j’aurais obtenu une belle image, mais aussi une image banale. La présence d’une araignée crabe, à l’affût, apporte originalité et intérêt. Cette araignée change de couleur en fonction du support sur lequel elle se trouve. Cela lui permet de capturer plus facilement les insectes butineurs qui ne manqueront pas de visiter notre fleur.

2. Choisissez le bon jour et la bonne heure !

Choisissez une journée ensoleillée et programmez votre séance photo aux premières heures du matin ou encore en fin d’après-midi, afin de profiter des plus belles lumières. Evitez la lumière écrasante produite par le soleil à son zénith. Par beau temps, vos images auront plus de relief et arboreront de magnifiques couleurs. Par temps gris ou nuageux, le rendu sera plus pastel et donc plus doux.

3. Pour cadrer, allongez-vous !

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Orchis pourpre (Orchis purpurea) – Floraison dans l’Aude de mars à juin

Les premières orchidées sont sorties dans la région. Ici l’orchis pourpre qui peut mesurer de 20 à 30 centimètres. Pour photographier les fleurs ou les insectes il faut impérativement s’allonger au sol afin de mettre votre objectif à hauteur de votre sujet. S’il s’agit d’un insecte, mettez-vous à sa hauteur et faites la mise au point sur ses yeux. Si tout l’insecte n’est pas net, ce n’est pas une faute, mais un parti prix.  Pour les fleurs, je vous conseille une légère contre plongée.  Vous devez donc vous trouver légèrement en dessous de la fleur, votre appareil étant dirigé du bas vers le haut. En procédant ainsi, vous allez exagérer les perspectives et donner de l’importance à la fleur.

Pensez ensuite au bokeh (flou d’arrière plan). L’ouverture réglée sur f/8 ou f/11 approchez-vous de la fleur. Plus vous serez proche et plus le fond de votre photo paraîtra flou. En tournant autour de la fleur, choisissez un arrière plan agréable. L’orchis pourpre offrant des couleurs froides, je me suis placé de manière à « inviter » les petites fleurs jaunes dans ma photo et apporter une touche de couleur chaude.

4. Quelle optique choisir ?

Si vous possédez un reflex ou un hybride, je conseille de privilégier un objectif avec une focale fixe, entre 60 et 100 mm. Attention à bien prendre une optique « macro » pour descendre au rapport « 1 sur 1 ». A ce rapport, la taille de l’objet photographié est la même que son image enregistrée sur le capteur. Les objectifs macro ont des ouvertures de diaphragme très lumineuses, ce qui donne du « piqué » à vos images.

Si vous ne possédez pas d’objectif macro, un 50mm et des bagues allonges feront l’affaire. Vous pouvez également utiliser une bague permettant le retourner l’objectif (50 mm) sur le boîtier. Cette technique donne d’excellents résultats en macro. Dernière possibilité, utiliser une ou plusieurs bonnettes. Une bonnette placée devant votre objectif jouera le rôle de loupe et permettra d’obtenir une image agrandie. Pour en savoir plus, je vous conseille de relire mon article, intitulé : La photo rapprochée sans objectif macro !

Si vous possédez un bridge ou un compact, ces appareils possèdent tous un « mode macro ». Il est généralement représenté par une petite tulipe. Les compacts ou les bridges permettent de réaliser de très belles photos en macro même si la profondeur de champ est gérée automatiquement par le boîtier.

5. Choisir la bonne ouverture

La profondeur de champ (partie de l’image qui est nette) est très faible en macro. Plus vous utiliserez une grande ouverture (f/2.8 par exemple), plus la profondeur de champ sera réduite et plus le fond de votre photo sera flou. Mais attention, cela ne veut pas dire qu’il faille faire toutes ses photos à f/2.8 pour les réussir. En effet, un autre paramètre doit être pris en compte ; il s’agit de la distance appareil / sujet.  Une photo prise avec un 100mm macro à 50 cm d’une fleur et à f/2.8 donnera 4 centimètres de profondeur de champ. En s’approchant à 30 cm de la fleur avec les mêmes réglages, la profondeur de champ tombera à 1 cm.

Lorsque je photographie une fleur, je me base sur son environnement avant de choisir la profondeur de champ. Si, après avoir pris la fleur en photo, je m’aperçois que les herbes qui se trouvent derrière elle sont trop présentes sur la photo, j’augmente l’ouverture d’un ou deux diaphragmes puis je refais ma photo. je contrôle à nouveau et recommence au besoin jusqu’à obtenir la photo souhaitée. Si des herbes sont trop proches, vous avez aussi le possibilité de les couper afin de vous ménager un joli bokeh tout en évitant de perdre trop de profondeur de champ.

6. Comment gérer la vitesse d’obturation et la mise au point

Pour la vitesse d’obturation, si le sujet est immobile (fleur), je vous conseille d’opter pour le 1/200ème de seconde. Pour un sujet en mouvement comme un insecte, vous pouvez monter en vitesse jusqu’au 1000ème de seconde ou plus en fonction de sa mobilité.

Pour des photos de fleurs, l’autofocus réagira très bien et vous donnera des photos très nettes. Pour photographier un insecte, je vous conseille de faire la mise au point sur sa plante hôte.

Pour prendre l’insecte en vol, faites la mise au point sur la plante puis débrayez l’autofocus. Lâchez une rafale au moment du décollage. Avec un peu de chance votre abeille ou votre papillon sera bien net.  Un dernier conseil, pour les insectes en vol, ne vous approchez pas trop de la plante car la profondeur de champ sera si étriquée que vos photos seront floues. Il vaut mieux disposer d’une bonne profondeur de champ et recadrer la photo finale. L’ouverture conseillée se situe entre f/8 et f/11.

7. Jouer avec le graphisme des plantes

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Graphisme végétal
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Fleur de salsifis sauvage
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Pissenlit chauve

Il faut parfois rechercher l’originalité dans le graphisme de certains végétaux.

8. Recherchez les situations singulières

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Insolent tournesol…

La nature offre parfois des situations singulières. Elles peuvent provenir d’éléments incontrôlés comme c’est le cas du tournesol de la photo ci-dessus ou encore de la fleur de pissenlit que l’on attendait pas en si bonne compagnie.

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L’intrus…

9. Mettez de la vie dans vos images

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Papillon gazé sur sa fleur de prédilection.

Une belle fleur sera toujours une belle fleur, mais lorsqu’elle est visitée par un magnifique papillon alors l’image prend vie !

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Soyez téméraires et risquez-vous aux papillons en vol. Ce n’est pas si difficile. Relisez mon article sur l’instant décisif en photo animalière.

10. Osez le contrejour

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Petit monarque

On n’a coutume de dire que les photos doivent être prises avec le soleil dans le dos du photographe. Mais les règles sont faites pour être transgressées. Dans la photo ci-dessus je me suis placé à contrejour afin de bénéficier de la transparence des ailes du papillon et obtenir une photo plus originale.

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Coquelicot mono pétale

J’ai trouvé ce coquelicot, auquel il ne restait qu’un malheureux pétale, très graphique. Pour le mettre en valeur j’ai opté pour un cadrage à contrejour. Il permet de montrer la fragilité du pétale et met en valeur la tige velue de la fleur.

11. Invitez les couleurs dans vos photos !

Comme je l’ai dis en préambule, le printemps est la saison des couleurs. Depuis le début de cet article, j’ai tourné mon objectif vers le bas (végétaux, fleurs et insectes). Mais le printemps permet aussi de réaliser des belles photos de paysage en jouant avec les couleurs. En voici un exemple avec une photo de Bages prise il y a deux jours seulement. P1030101 - Version 2

Je vais en terminer en vous souhaitant de belles images printanières. Rappelez-vous qu’il est important d’observer. La photo nature se pratique à la vitesse de l’escargot. Plus vous vous déplacerez lentement et plus vous verrez de choses intéressantes. Pour rendre hommage aux fleurs et aux insectes, mettez-vous à leur hauteur, vos images n’en seront que plus belles. Recherchez des éléments graphiques ou des situations singulières ou cocasses.  Mettez de la vie dans vos images… en bref, faites preuve de créativité !

Bien amicalement

Jean-Michel

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