Rencontre avec une surdouée de la photo


Cette fois il ne sera pas question de vous présenter un nouvel accessoire ou de vous proposer un article de vulgarisation sur la technique photographique. Je vais tout simplement vous conter une belle rencontre avec une jeune photographe surdouée…

Un stage macro pas comme les autres !

Mercredi 17 août à 08h00, Camille Gaubert arrive de la proche région de Carcassonne et prend place dans mon véhicule. Nous prenons aussitôt la route pour une première séance photo de quatre heures. Pour cela, nous regagnons le bord de la rivière Cesse où devraient nous attendre quelques libellules et autres insectes.

En chemin, je fais connaissance avec ma stagiaire. Elle travaille dans le domaine de l’eau (préservation des rivières, comptage des poissons, recherche de frayères, qualité de l’eau, etc.). Sa pratique de la photographie est très récente, ses connaissances techniques sont fort ténues, ce qui la place dans la catégorie des grandes débutantes.

Une fois sur place, je commence par un petit test qui sera pour moi riche d’enseignements. Je demande à Camille de photographier un chardon sans lui donner plus de précision. Elle utilise d’initiative un cadrage vertical ; une très bonne décision compte tenu du sujet. Lorsque je lui demande de me montrer sa photo, je constate que le sélecteur des modes de son Nikon D5200 se trouve sur « Auto ». Je lui demande si elle connait le nom et l’utilité des autres modes « A » « P » et « S ». Elle me répond par la négative. Je suis bien en compagnie d’une grande débutante qui, jusqu’à présent, n’a utilisé son boîtier qu’en mode automatique.

S’en suivent quelques brèves explications sur les modes « Programme », « Priorité à la vitesse » et « Priorité à l’ouverture ». Je lui conseille d’utiliser ce dernier car c’est le plus approprié à la photographie artistique, c’est aussi le mode que j’utilise dans plus de 95% des cas. Les 5% restants étant dédiés au mode manuel afin de palier aux insuffisances de l’autofocus.

Nous partons maintenant à la recherche des libellules. Il nous faudra une bonne dizaine de minutes avant de nous apercevoir que ces demoiselles ont élu domicile sur la végétation qui borde la rivière. Il va falloir se mettre à l’eau pour tirer le portrait de ces insectes, apparus sur notre terre il y a plus de 320 millions d’années ; la libellule est le plus vieil insecte de notre planète, d’après les recherches des paléontologues.

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Le cadrage et la netteté sont au rendez-vous. Camille réalise plusieurs images de ce type avant que je ne lui demande de varier les angles de prises de vues ou d’attendre que l’insecte ouvre ses ailes. Je procède ainsi : je laisse Camille prendre une série de photos avant de les visionner. Un ou deux petits conseils suffisent alors à la guider (cadrage, position du sujet, etc.).

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Ce que j’aime avec Camille, c’est qu’il suffit de demander pour être servi. Pourtant les choses ne sont pas aussi simples qu’il y paraît, en voyant les photos ci-dessus. Une petite brise souffle sur la végétation hôte de nos chères demoiselles ailées. Les photos floues sont nombreuses. J’explique à Camille que c’est normal, qu’il faut composer avec le vent et savoir attendre une accalmie avant de déclencher.

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Le vent n’empêche pas Camille d’enregistrer de belles images. Petit à petit elle prend confiance. Elle s’habitue au ballet des libellules qui quittent leur perchoir pour capturer de minuscules insectes avant de venir s’y poser à nouveau. Elle s’approche, doucement, lentement afin de réaliser quelques portraits…

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Camille progresse à une vitesse hallucinante. En regardant ses photos, j’ai du mal à croire que deux heures auparavant je me trouvais avec une grande débutante. Mes conseils sont compris et appliqués à la lettre, mais cela n’explique pas tout. Sa passion pour la nature et son métier trouve avec la photographie un prolongement naturel. Je commence à comprendre pourquoi elle apprécie tant la macrophotographie.  Alors je décide de lui faire franchir encore un cap. Je lui explique ma technique pour photographier les insectes en vol avec de bonnes chances de réussite. Chaque conseil est une nouvelle gourmandise dont elle se délecte. Son appétit est à la hauteur de son talent…

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Vous voulez des insectes en vol ? Monsieur et servi. Je suis abasourdi par la qualité des images que je découvre. Pourtant, si le 90mm macro Tamron qui équipe son boîtier est très bon, le viseur du Nikon D5200 et l’autofocus de ce boîtier ne sont pas des armes de destruction massive… Encore une preuve que ce n’est pas la qualité de la truelle qui fait le bon maçon…

Après la pause déjeuner et pendant que Camille recharge la batterie de son boîtier, je prends le temps de lui expliquer l’interaction entre l’ouverture, la vitesse et la sensibilité ISO. Ce que l’on à coutume de nommer : le triangle photographique. J’aborde ensuite la profondeur de champs. Il est déjà l’heure de repartir pour une nouvelle séance photo.

Cette fois-ci, nous regagnons le bord d’un petit étang. Le soleil tape fort, très fort ! J’ai bien fait de prendre une glacière et quelques bouteilles d’eau. Le début d’après-midi n’est pas le meilleur moment pour la macro, mais il s’agit d’un stage et il n’est pas question de libérer les stagiaires à 22 heures…

 Je n’ai plus beaucoup de conseils à prodiguer. J’aborde la macro à contrejour et explique à Camille comment elle peut optimiser le bokeh de ses images. Elle dispose maintenant de suffisamment d’informations pour voler de ses propres ailes. Voici quelques images réalisées l’après-midi. (Cliquez sur les photos pour lancer le diaporama).

Voilà, ce stage se termine et je dois remercier Camille de m’avoir autorisé à publier cet article et ses photos. Camille n’est pas une stagiaire comme les autres ; sa passion pour la nature, sa vision et sa compréhension des choses, son sens esthétique, font d’elle une surdouée en matière de photo naturaliste. Je crois que tout cela s’appelle le talent. Puisse sa passion durer encore très longtemps car de nombreuses paires d’yeux attendent ses photos !

N’hésitez pas à laisser un commentaire sur les photos de Camille, je pense que cela lui fera plaisir !

Si vous aussi vous souhaitez participer à un stage macro, n’hésitez pas à me contacter.

A très bientôt.

Jean-Michel

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12 commentaires sur « Rencontre avec une surdouée de la photo »

  1. J’espere que tu nous la présentera un jour au club. Magnifique.photos . Merci
    Monsieur le professeur. A bientôt . Pour de nouvelles aventures. Jean-marc.

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  2. Pour avoir eu le privilège de voir l’impétrante travailler l’après-midi, je confirme la qualité du travail et surtout la rapidité d’intégration des conseils.

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  3. Chapeau ! Au fond je ne suis peut être pas placé pour complimenter qui que ce soit (cela fait professeur et je n’en suis pas un) mais je découvre avec ces images … de la technique (déjà) et … de la poésie. C’est prometteur surtout en macro.

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  4. Merci beaucoup Jean-Michel pour cet article et pour le stage qui m’a beaucoup plu et appris.
    J’espère a bientôt pour de nouvelles photos.

    Camille

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  5. Bravo Camille, j’adore la macro et tes photos sont superbes. Ce serait un réel plaisir de t’avoir au sein de notre Club, du moins de pouvoir te rencontrer.Continues sur cette voie tes photos nous enchantent

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  6. OUAH ! ….Que du bonheur a regarder , tellement de précision , avec un petit quelque chose dans la façon de prendre la photo tout en délicatesse , cela me touche !!
    Bravo a Camille ! et ….. au Maitre instructeur !
    Dany

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  7. Bravo Camille! Je viens de visionner tes photos, je ne suis pas surprise, de voir tant de beauté!…Je suis juste émerveillée!…et comme je connais ta sensibilité, ces photos sont comme une évidence, un prolongement de ce que tu es. Merci.
    Malika

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  8. Quand la valeur n’attend pas le nombre des années! voilà une très belle démonstration et les photos sont pleines de charme et de poésie. Bravo.

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  9. Et toujours la même faute impardonnable !!!! Il n’y a pas de réglage de la « vitesse » dans un appareil photo mais de « temps de pose » ou « durée d’exposition », la preuve l’unité est la seconde !!!

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