Vous avez probablement déjà entendu parler de l’Indice de Lumination (IL), vous savez cette chose bizarre que les anglais nomment Exposure Value (EV), mais qu’il arrive parfois que l’on désigne sous le nom de Stop. Bon, arrêtez de regarder vers le ciel ou de fixer amoureusement le radiateur ; je vais vous expliquer ce qu’est un Stop, en photographie bien sûr, car ici, il n’est pas question de Code de la Route…
Aujourd’hui, je souhaite vous faire connaître, un grand rapace au régime alimentaire exclusif : Le Circaète Jean-le-Blanc. Cet oiseau est en effet spécialisé dans la chasse aux reptiles et principalement aux serpents.
Visiteur d’été, il passe l’hiver en Afrique, et revient en Europe de fin février à fin septembre pour se reproduire.
Son nom assez curieux lui vient du grec [Kirkos Aetos], soit Faucon Aigle. Il a les grands yeux jaunes du Busard, et la grande taille des Aigles. « Jean « , au Moyen âge était le surnom donné aux personnes habiles et « le-Blanc » fait référence à sa couleur dominante quand on le voit de dessous.
Le Circaète Jean-le-Blanc est un rapace de grande taille, mesurant de 65 à 70 cm de longueur pour 1,70 à 1,85 m d’envergure et une masse allant de 1,5 à 2 kg. C’est également un excellent planeur, il se déplace habituellement sans battre des ailes, profitant au maximum de la brise et des ascendances thermiques, les ailes largement étendues.
Il a le dessus des ailes brun et le dessous blanc. Le corps est parsemé de taches colorées, de couleur et densité variables suivant les individus (entre beige clair et marron foncé). Ces touches de couleur forment des lignes parallèles sous les ailes et trois barres sous la queue. Une bavette plus sombre s’étend du menton à la poitrine. La tête est plutôt large, ronde, avec un bec court et des grands yeux jaunes, ce qui lui donne un peu un air de chouette. Elle se diffère toutefois de celle des autres rapaces diurnes : les yeux sont plus gros et dirigés vers l’avant, ce qui lui confère une très bonne vision binoculaire.
Le dimorphisme sexuel peut se constater au niveau du plumage, généralement la femelle, plus grande que le mâle, a un plastron plutôt foncé, le mâle arborant une poitrine plus claire, parsemée de flammèches verticales sombres.
FemelleMâle
Les immatures ressemblent aux adultes, mais ils sont plus pâles, avec la nuque plus blanche.
Ses hautes pattes écailleuses, gris-bleu ressemblent plus à celles d’une poule, qu’à celles d’un rapace (d’où son nom latin « gallicus »). Il n’a pas les serres acérées des Aigles, mais des doigts courts et robustes adaptés à la prise des serpents.
Son régime alimentaire est composé à 90 % de serpents, en majorité de grandes couleuvres, mais il se nourrit aussi de lézards, d’orvets, et plus rarement de micromammifères et d’oiseaux.
Circaète Jean-le-Blanc ayant prédaté un Lézard ocellé
La technique de chasse du Circaète est particulière : d’un vol plané, très lent, il survole une étendue de terrain dégagée, en scrutant le sol, à une hauteur moyenne (entre 30 et jusqu’à 400 mètres), et effectue à certains endroits des phases de vol stationnaire, de quelques secondes à plusieurs minutes, appelé « vol du Saint-Esprit ».
Pour cela il s’arrête simplement sur place en étendant ses ailes, face au vent, en régulant constamment les filets d’air par des changements plus ou moins rapides de l’extension de ses ailes, leur angle d’incidence, l’écartement de ses rémiges ou de sa queue, le tout en essayant de garder la tête le plus immobile possible.
Quand le vent est assez fort il lui arrive de battre des ailes pour rester sur place, un peu comme le faucon crécerelle, et éventuellement de laisser pendre ses pattes pour se stabiliser. Mais par temps calme il s’agit surtout de mouvements très légers, et il n’est pas rare de le voir complètement immobile dans le ciel, les ailes étendues, tel un cerf-volant.
Dès qu’une proie est repérée, il descend sur elle par palier, pour s’assurer de son succès.
Il la saisit, et assène de coups de bec la colonne vertébrale et la tête. Il l’avale ensuite en commençant par la tête, si celle-ci s’avère trop grosse, il l’emmène dans son aire. Ceci peut attirer la convoitise d’autres rapaces qui chercheront alors à lui voler sa prise …
Un Milan noir cherche à voler le serpent pendant des serres du Circaète
Si c’est un serpent destiné au nourrissage, il laisse pendre un petit bout de la queue du serpent hors du bec, sur lequel son partenaire ou son jeune tirera pour l’extraire entièrement.
Le Circaète Jean-le-Blanc est bien protégé par des plumes épaisses sur les cuisses et des écailles au niveau des tarses, mais il n’est pas immunisé contre le venin des vipères.
La saison de reproduction voit revenir les mêmes couples aux mêmes endroits (ou un seul oiseau si l’autre adulte a péri pendant l’hiver). En principe, le même nid est reconstruit peu de temps après leur arrivée.
Les vols nuptiaux ne présentent pas de particularités par rapport aux vols habituels. Les mâles planent comme d’habitude. On peut quand même voir des séries de vols ondulants, avec des montées et des descentes répétées. En revanche, le mâle peut apporter des proies à la femelle laissant alors pendre une très longue portion de couleuvre hors du bec : dans ce cas il s’agit pour lui d’attirer la femelle, pour lui faire une « offrande » en vue de l’accouplement.
Couple : la femelle est en haut
Le nid du Circaète est relativement petit comparé à celui d’autres rapaces de sa taille. Il est construit dans un arbre, pin ou chêne vert suivant la région. Il n’est pas installé dans une fourche (comme celui des Buses ou des Autours) mais placé le plus souvent en position latérale, ou bien au sommet d’un arbre tordu ou étêté, car du fait de son envergure le Circaète a besoin d’assez de place et d’un accès facile pour se poser. Plus rarement, il peut nicher sur une paroi rocheuse.
La femelle ne pond qu’un seul œuf, entre fin mars et mi-avril, elle le couve pendant environ 45 jours.
Le mâle assure son nourrissage, et remplace parfois la femelle sur le nid lorsque celle-ci s’absente un moment. En cas de mauvais temps (pluie), si la chasse est impossible, les oiseaux jeûnent.
Après l’éclosion, la durée d’élevage est encore assez longue : en moyenne 70 à 80 jours. Pendant ses 3 à 4 premières semaines, le poussin est vulnérable (prédateurs, mais aussi pluie ou froid), il est donc constamment couvert par la femelle. Elle dépèce les proies, et lui donne la becquée.
Son duvet est progressivement remplacé par des plumes, et vers l’âge d’un mois il est suffisamment emplumé pour que la femelle commence à quitter le nid, pour des périodes de plus en plus longues, notamment pour aider au nourrissage.
Il est alors capable d’ingurgiter un serpent en entier : les parents viennent se poser sur le nid avec la queue d’un serpent qui dépasse du bec, et le jeune doit tirer dessus pour l’extraire, et l’ingurgiter à son tour.
Pendant sa période de croissance, et d’achèvement du plumage, les parents apportent au nid un à plusieurs serpents par jour.
Pendant les heures de fort soleil, quand la température est importante, l’un des adultes vient sur le nid pour faire de l’ombre au jeune, au besoin en ouvrant un peu ses ailes pour faire écran.
Si tout va bien le jeune Circaète prend son premier envol au début du mois d’août. Au début, lors de ses premières tentatives de vol, il ne s’éloigne guère de la zone du nid, passant le plus clair de son temps perché, à guetter le retour d’un adulte.
Puis il s’enhardit progressivement à voler un peu plus loin, un peu plus longtemps, et lorsqu’il a atteint une certaine maîtrise et endurance, il va parfois jusqu’à suivre l’un de ses parents, occupé à chasser pour le nourrir, et finit par s’essayer lui aussi à la technique du vol sur place, qui lui permettra plus tard de se nourrir par lui-même.
Les Circaètes partent en migration assez tard, entre le milieu et la fin du mois de septembre.
Au cours des dernières années, le Circaète Jean-le-Blanc a connu une diminution importante à la fois de ses effectifs et de son aire de répartition ; considéré comme une espèce rare. Les principales causes de cette régression sont la modification des pratiques agricoles et certains travaux d’aménagement du territoire. Il bénéficie d’une protection totale sur le territoire français.
Voici le deuxième opus des articles consacrés à l’apprentissage des bases de la photographie. Cette fois, nous allons aborder « L’EXPOSITION » et la gestion de la lumière. Vu la longueur de l’article, je l’ai scindé en deux parties :
L’exposition expliquée (partie 1)
La correction de l’exposition (partie 2 – La semaine prochaine).
L’exposition, la composition d’une image et la gestion de la lumière, constituent des notions fondamentales en photographie. Aussi, ce premier article revêt une importance capitale pour la réussite future de vos images.
Le nettoyage du capteur doit être réservé aux photographes expérimentés. Mal exécuté, ce nettoyage peut rapidement tourner à la catastrophe et rendre votre boîtier inutilisable. Mais il y a toujours des téméraires ! Alors, pour réaliser cette opération dans les meilleures conditions, suivez le guide !
Aujourd’hui, je souhaite vous parler d’une orchidée emblématique, une des plus belles de France, celle qui ressemble le plus à l’orchidée tropicale type à laquelle on pense quand on parle d’orchidée.
Certainement la plus rare, difficile à confondre avec une autre : Le Sabot de Vénus.
Le sabot de Vénus ou sabot de Vénus d’Europe (Cypripedium calceolus) est une plante herbacée vivace de la famille des Orchidaceae (sous-famille des Cypripedioideae). Il est parfois appelé sabot de la Vierge ou soulier de Notre-Dame.
Le gros labelle jaune et renflé de ses fleurs évoque la forme d’une chaussure, ce qui lui a donné son nom.
La fleur du sabot de Vénus est l’emblème de nombreuses régions des Alpes et symbolise la beauté d’où l’engouement qu’il provoque. La variété au périanthe entièrement jaune est très recherchée. La légende veut que Vénus surprise à flâner dans la prairie par un berger s’enfuie, laissant derrière elle un de ses souliers devenus « le sabot de Vénus ».
C’est une orchidée qui apprécie les sols alcalins et que l’on rencontre en Suisse, en Italie, parfois en Espagne, en Grèce, en Amérique du Nord, plus fréquemment en Sibérie et dans quelques pays d’Asie. Elle est très rare et protégée au niveau national, souvent menacée par la densification de son couvert végétal.
En France on la trouve tout particulièrement dans les Alpes et de manière épisodique dans les Pyrénées, dans le Jura, en Moselle et sur le Massif Central entre 300 et 1200 mètres d’altitude dans les zones de mi-ombre en particulier dans les hêtraies et les hêtraies-sapinières, où elle fleurit de mai à juillet.
La tige dressée atteint 15 à 60 cm de haut et se caractérise par des gaines à la base. La tige simple porte habituellement de trois à cinq feuilles alternes vert clair et couvertes de petits poils sur leur partie inférieure. Elles sont de forme large-ovale, dont la nervation parallèle est bien marquée et peuvent se confondre avant sa floraison avec la Grande gentiane.
Le sabot de Vénus pousse fréquemment en petites touffes de 2 à 6 tiges partageant un système racinaire commun. Il développe des fleurs hermaphrodites et zygomorphes.
Généralement cette espèce ne produit qu’une à deux fleurs par individu, très rarement quelques spécimens à trois fleurs. Les fleurs se forment à l’aisselle de bractées et sont portées par un pédoncule pubescent.
Chaque fleur, comme toutes les orchidées, possède trois sépales et trois pétales. Les sépales, longs de 5 cm sont de forme lancéolée. Leur couleur varie entre brun-rouge et brun-chocolat. Les deux sépales latéraux sont soudés et pointent vers le bas sous le labelle tandis que le sépale central qui s’étend verticalement vers le haut prend la position opposée. Deux pétales assez étroits et souvent un peu torses, sont de même couleur et forme que les sépales. Ceux-là sont disposés des deux côtés et entourent le labelle jaune. Celui-ci naît par une transformation du troisième pétale. Il est en forme de sabot ventru de couleur jaune paille parsemé de taches brunes et atteint une longueur de 4 cm. La fleur du sabot de Vénus compte parmi les fleurs les plus grandes de la flore d’Europe occidentale, et possède la fleur la plus grande parmi les orchidées européennes.
C’est la seule orchidée de la sous-famille des Cypripedioideae en Europe.
Cette orchidée est définit comme une plante tricheuse, c’est à dire qu’elle attire les insectes avec la couleur vive de sa fleur sans avoir à produire de nectar. Les pollinisateurs dupés ressortent du sabot couverts de pollen sans avoir pu festoyer. Il arrive de manière exceptionnelle que la plante s’autoféconde. Cette espèce à une durée de vie d’une centaine d’années ce qui permet de compenser sa faible reproductivité.
Malgré son espérance de vie, elle est très fragile. Tout d’abord, elle ne fleurit qu’au bout de plusieurs années (une dizaine d’année généralement). Ensuite, comme pour toutes les orchidées, ses graines sont trop petites pour se développer seules.
Bouton de Sabot de Vénus
Elles n’ont pas de réserve de nourriture pour le développement de la plantule et ont donc besoin d’une association avec un champignon. Sans ce dernier, aucune chance de germer (alors n’essayez jamais de récupérer des graines d’orchidées au passage). Celui-ci lui apportera alors de la nourriture qui lui permettra de germer. Mais toute symbiose nécessite une parfaite rigueur pour chacun des participants, si l’un des deux triche et devient parasite alors aucun d’eux ne pourra se développer. Heureusement, elle se multiplie également par ses rhizomes, des racines horizontales d’où partiront de nouvelles pousses (comme pour les iris par exemple).
Vous l’aurez compris, dans tous les cas la reproduction est très compliquée et l’espèce fait l’objet d’une réglementation très stricte en raison de son important déclin sur l’ensemble de l’Europe (à cause de la destruction de son habitat). À l’échelle nationale sont statut est VU: Espèce encourant un risque élevé d’extinction dans la nature. Néanmoins dans les alpes l’espèce est bien plus fréquente que ne l’indique les référence bibliographiques. C’est d’ailleurs là que l’on trouve les plus importantes populations d’Europe Occidentale.
Une des premières causes de la disparition du sabot de Vénus est la cueillette de loisir ou commerciale de celui-ci. Malgré la sensibilisation auprès des publics, il est encore courant de rencontrer des promeneurs ou vendeurs à la sauvette qui proposent ou tiennent à la main de larges bouquets.
De fortes amendes (1500 euros par fleur coupée !) couplées à des patrouilles fréquentes de gardes assermentés de la police de l’environnement dissuadent les contrevenants.
Si la moindre petite station de cette espèce est gardée secrète, c’est par peur de la destruction, peur qu’un collectionneur irresponsable voulant avoir un plan au fond de son jardin ou dans son herbier fasse disparaître une espèce pour ses intérêts personnels, ce qui est trop souvent arrivé.
Cette plante, la fleur de la déesse de l’amour, déchaîne tant de passions que le public devient rapidement incontrôlable. Pour certains botanistes ou « cocheurs », c’est LA fleur à voir avant de mourir, c’est un mythe qui prend des proportions énormes. Certains ne veulent pas la voir, mais l’avoir vue. Ils font des centaines de kilomètres pour elle, pour la photographier, la toucher… et bien souvent tout est piétiné autour y compris les pieds non fleuris difficiles à reconnaître.
Voila une belle et rare fleur qui méritait bien un petit article.
Rappelez vous que les Orchidées sont protégées et qu’il est inutile (et surtout impossible) de chercher à les faire pousser dans vos jardins.
Ces prochaines semaines, je vous proposerai une dizaines de cours dédiés aux « grands débutants » (un cours par semaine). Ces cours représentent les bases de l’apprentissage de la photographie. C’est un peu comme les fondations d’une maison. Une fois assimilés, ils vous permettront d’aborder sereinement les autres sujets traités sur ce blog.
Commençons par le commencement. Avec ce premier opus, nous allons aborder le fonctionnement d’un appareil numérique. C’est parti !
Aujourd’hui je souhaiterais vous parler d’un oiseau que l’on ne présente plus car très connu de par son plumage aux couleurs chatoyantes : Le Guêpier d’Europe (Merops apiaster).
Très bel oiseau de la taille d’une Grive draine (28 cm pour une masse moyenne de 60 g et une envergure de 45 à 50 cm), le Guêpier d’Europe est élégant, semblable à un arc-en-ciel quand il est en vol. Visiteur d’été dans le sud de l’Europe, ce joli guêpier est un régal pour les yeux !
Ses couleurs aux reflets métalliques sont composées de bleu-vert turquoise au ventre, au poitrail et au bas des ailes, de brun-roux sur le dos, la calotte et le haut des ailes, vert sombre de la queue, noir du bec légèrement incurvé et comme prolongé d’un trait de plumes également noires, iris rouge dans un œil noir, jaune bordé de noir pour la bavette.
Autre caractéristique de cet oiseau : Ses cris roulés, permettant de le reconnaître même quand on le discerne à peine dans le ciel.
Le Guêpier d’Europe fréquente les berges sablonneuses des cours d’eau, les falaises d’éboulis et même les talus en bord de routes ou des chemins où il creuse des terriers. Il vit souvent en colonies et aime se percher avec ses congénères sur les branches saillantes, les fils électriques et les poteaux.
Il vole à la manière des hirondelles : battements d’ailes tantôt secs, tantôt en plané en vol direct, à la manière des pics : trajectoire onduleuse, battements d’ailes rapides avant une longue glissade, les ailes collées au corps.
Le Guêpier d’Europe se nourrit en priorité d’Hyménoptères tels qu’abeilles, guêpes et frelons, mais aussi d’autres insectes tels que des cigales, des libellules, des papillons, des punaises ou des orthoptères (criquets, sauterelles) et coléoptères (hannetons…)
Il les capture en vol, depuis un perchoir exposé d’où il s’élance à leur poursuite. Avant d’avaler sa proie, il la frappe sur une surface dure pour enlever le dard. Un seul guêpier peut consommer jusqu’à 250 abeilles par jour !
Il rejette fréquemment des pelotes contenant les parties indigestes des insectes.
Au début de la saison de reproduction, le Guêpier d’Europe effectue quelques parades qui mettent en valeur les couleurs vives de son plumage. Les couples se forment sur les zones d’hivernage en Afrique.
Les parades vocales sont importantes. L’oiseau gonfle les plumes de la calotte et du cou, déploie sa queue vibrante et relève les ailes tandis qu’il chante.
Il fait aussi des offrandes de nourriture à la femelle, très vite après leur arrivée sur les aires de reproduction. Les accouplements suivent en général ce comportement, mais souvent après plusieurs offrandes.
Le Guêpier d’Europe nidifie habituellement en colonies.
Très vite après leur arrivée sur les aires de reproduction, le couple et quelques aides creusent le terrier sur le site de naissance du mâle. Le nid est situé dans un endroit sablonneux plat ou en pente, mais souvent dans des parois terreuses.
Les guêpiers enlèvent entre 7 et 12 kg de terre du tunnel, et la construction peut durer entre 10 et 20 jours. Le terrier mesure de 70 à 150 cm de long. Il est de section ovale, de 7 x 9 cm. Il peut être droit ou légèrement courbe, souvent horizontal mais parfois incliné selon le site.
La femelle dépose 4 à 10 œufs à un ou deux jours d’intervalle. L’incubation dure environ 20 jours. Les deux sexes prennent des tours pour couver.
Les poussins naissent nus et aveugles sur une période de 2 à 6 jours. Les plumes poussent un peu plus tard et en même temps, le poussin voit et bouge, et devient agressif.
Les jeunes sont nourris par les adultes et quelques aides. Ils atteignent le poids des adultes à l’âge de 20 jours. Les parents les nourrissent pendant encore trois semaines après l’envol qui a lieu environ un mois après la naissance.
Une seconde couvée peut être mise en route si la première est perdue, et un second terrier sera rapidement creusé pour cette nouvelle couvée.
Comme cet oiseau nidifie dans des terriers, il a besoin de prendre des bains dans l’eau et dans la poussière afin de se débarrasser des parasites qui infestent sa peau.
L’hiver privant le guêpier de sa nourriture principale. C’est à la fin de l’été que ces oiseaux entament un long et périlleux voyage.
Venus d’Europe occidentale, de grands vols de guêpiers franchissent la Méditerranée et le désert d’Arabie pour hiverner en Afrique du Sud.
Lorsqu’ils convergent vers la Méditerranée, les guêpiers doivent souvent échapper aux Faucons d’Éléonore qui, pour nourrir leurs petits, s’attaquent aux oiseaux en migration. « Au moins 30 % des oiseaux seront tués par des prédateurs ou par d’autres facteurs avant de pouvoir retourner en Europe au printemps suivant. »
Le Guêpier d’Europe est commun localement et largement répandu dans la majorité de sa distribution. Cependant, cette espèce est menacée en Afrique par la chasse en tant que parasite ou pour la consommation, et en Europe par l’usage des pesticides qui réduit les populations d’insectes, par la canalisation des cours d’eau qui supprime les rives sableuses et donc les sites de nidification, et par les développements et les dérangements humains.
Voilà un magnifique oiseau à photographier … Cependant quelques précautions s’imposent : N’oubliez pas la devise du naturaliste « observer sans déranger ».
Ne vous placez jamais prés des nids et ne vous en approchez pas non plus ; ceci aurait des conséquences désastreuses car les oiseaux abandonneraient leurs couvées et les poussins mourraient irrémédiablement ! Ne vous acharnez pas à essayer de faire des plans rapprochés si vous n’êtes pas en cachés dans un affût. Ne poursuivez pas les oiseaux.
Monsieur et Madame Fujifilm ont le plaisir de vous annoncer la naissance de leur petit dernier. Il a pour nom X-T100. Il est élégant est raffiné et ajoute une nouvelle touche de style à la Série X des hybrides à objectifs interchangeables.
Je vous livre ici le communiqué de presse que m’a transmis Fujifilm.
Dans son dernier numéro (n° 404 de juin 2018) Chasseur d’images propose un test du 100-400 TAMRON et le compare à quelques autres 100-400mm du marché (SIGMA, CANON et NIKON) oubliant au passage le 100-400 LEICA DG VARIO-ELMAR…
Si vous possédez un boîtier Micro 4/3 (Panasonic ou Olympus) et si vous vous intéressez à la photographie sportive ou animalière, cet objectif peut vous intéresser. En effet, sur ces boîtiers la focale équivaut à un 200-800mm. De quoi se frotter aux espèces craintives ou aller chercher l’action de l’autre côté d’un terrain de sport.
Retour chez les oiseaux avec un incontournable bien connu de tous : Le Flamant rose.
L’origine des flamants demeure incertaine et les scientifiques ont eu les plus grandes difficultés à les classer.
En prenant en compte les caractères du squelette, de la musculature, du système digestif ainsi que les protéines de l’albumine de leurs œufs, on peut en effet les rapprocher des cigognes et des hérons, tandis que la conformation de leur bec, leur voix et même les parasites de leur plumage, les relient aux canards et aux oies.
Aujourd’hui, les systématiciens s’accordent pour les regrouper dans un ordre à part, celui des phœnicoptériformes.
L’espèce ne peut être confondue. Posé, l’oiseau présente un corps entièrement rose clair, de longues pattes roses palmées, un bec court et recourbé, à pointe noire. En vol, la silhouette caractéristique est très allongée (pattes et cou tendus) : les ailes sont alors bien visibles. Les rémiges primaires et secondaires sont entièrement noires et les couvertures rose vif avec des nuances tendant vers le blanc.
Les immatures, eux, sont peu colorés : les pattes sont sombres, le cou et le dessous blanc sale, et le dessus marqué de brun. La couleur rose apparaît au cours des années, jusqu’à 4 à 7 ans, où l’intensité est à son maximum.
Tout cela fait que cet oiseau est une véritable curiosité de l’avifaune européenne avec une silhouette et des colorations uniques sur le continent : c’est ainsi la seule espèce de phœnicoptéridé représentée en Europe, dont seules la France et l’Espagne hébergent des colonies nicheuses.
Le Flamant rose est un oiseau côtier lié aux eaux saumâtres : son habitat privilégié est constitué par les lagunes et étangs littoraux.
C’est un oiseau grégaire. En effet les individus restent toujours groupés en bandes plus ou moins importantes.
Leur vie amoureuse ne déroge pas à cette règle et, tout au long de l’année, ils s’adonnent irrégulièrement à des ébauches de comportement nuptial qui peuvent durer toute une journée et dont la fréquence comme l’intensité augmentent au printemps, environ deux mois et demi avant le début de la nidification.
Sans s’adresser à tel ou tel membre du groupe en particulier, les attitudes de chacun relèvent plutôt d’un rituel d’ensemble. Plusieurs figures ont été répertoriées.
Avec un étirement vertical du cou, les animaux poussent de brefs grognements rauques qu’ils accompagnent d’un mouvement rotatif et régulier de la tête.
Lorsqu’ils cessent de grogner, les flamants entament une série de gestes dits « de confort » qui, en temps normal, ont une fonction bien précise : étirement, assouplissement, soins du plumage.
Lors des parades, ces gestes perdent leur vocation utilitaire et deviennent des rites destinés avant tout à détourner l’agressivité latente. Aux brèves ouvertures d’ailes, le cou dressé, succèdent des « courbettes », des pseudo-lissages des plumes du dessous des ailes, ou du dos, avec le bec.
Les manifestations occasionnelles d’agressivité se traduisent par des courses, aile à aile, sur de courtes distances, le cou incliné vers l’avant à 45°, tête baissée, le bec recourbé touchant presque le « menton ».
La formation du couple, s’opère avec discrétion au milieu de ces parades collectives et ne se remarque pratiquement pas. On suppose qu’elle se produit lorsque les futurs partenaires donnent l’impression de se nourrir. Ceux-ci se tiennent alors côte à côte, le cou baissé, avançant au même rythme, s’interrompant parfois pour pousser quelques cris étouffés.
Une fois le couple constitué, les deux adultes restent souvent ensemble, se livrant aux mêmes occupations, mais continuent, dans un premier temps, à prendre part aux parades collectives. Ils finiront toutefois par s’écarter un peu du groupe, et, après quelques jours, s’accoupleront.
Là aussi, les flamants obéissent à un rituel précis. La femelle avance, le bec enfoncé dans l’eau, simulant la prise de nourriture, suivie par le mâle, cou allongé, qui lui touche le dos avec son bec. Sitôt qu’elle s’arrête, marquant ainsi son assentiment, le mâle grimpe sur son dos où il se maintient accroupi en battant des ailes.
Sa partenaire l’aide en entrouvrant les siennes, un peu à la manière d’une nacelle, ce qui permet au mâle de placer ses doigts à la naissance des ailes de sa compagne pour garder l’équilibre. Après l’accouplement, le mâle se redresse et reste debout un court instant avant de sauter à terre. Les oiseaux accompagnent leurs ébats d’appels en sourdine et de gestes de toilettage du plumage.
Dès que l’accouplement a eu lieu, le couple construit un nid cylindrique bâti avec de la boue, de l’argile ou du sable. Au milieu du futur édifice l’un des deux flamants ramène vers le centre des boulettes de boue mêlée de plumes et de brindilles, qu’il piétine pour bien les tasser. L’autre apporte les matériaux. Une fois terminé, le nid mesure 60 cm de diamètre à la base, et de 30 à 40 cm de diamètre supérieur pour une hauteur équivalente. Il est entouré d’un fossé.
Toujours du fait de leur caractère grégaire, les flamants roses ne connaissent pas l’intimité familiale lors de la ponte de leur unique œuf. Les couples d’une même colonie nichent très proches les uns des autres. Chaque couple dispose pour pondre d’un territoire restreint d’environ un mètre carré. Mâle et femelle couvent et se relaient également pour alimenter leur petit.
Le flamant a la chance de pouvoir se nourrir à la demande, sans tenir compte de la lumière du soleil ou de la disponibilité des proies, puisqu’il avale surtout de petits invertébrés prélevés dans la vase. Crustacés, mollusques, insectes, vers annélides font les délices de ce grand échassier, qui doit d’ailleurs sa magnifique coloration rosée au carotène contenu dans de minuscules crustacés, comme l’Artemia salina.
Le reste du régime alimentaire est constitué de graines et d’autres fragments d’origine végétale ; le flamant avale sans doute quelques petits poissons. Il arrive aussi que le flamant se nourrisse en nageant, prenant ainsi l’allure d’un curieux cygne, mais le plus souvent il avale debout.
Tout en avançant lentement dans l’eau, il fouille le fond d’un mouvement latéral de la tête, cette dernière étant immergée, ou bien il reste sur place et pivote sur lui-même autour de l’axe de ses pattes, explorant avec son bec la vase autour de lui. L’oiseau amène sa mandibule supérieure au contact du fond vaseux. Grâce à la forme très particulière de son bec, la mandibule inférieure se retrouve paradoxalement placée au-dessus de sa voisine.
La boue liquide est alors aspirée, puis filtrée par les lamelles du bec, pour ne conserver que les éléments nutritifs. Qualifié d’espèce limivore (« mangeuse de boue »), le flamant rejette l’essentiel de la vase, mais en absorbe pourtant une certaine proportion. Cette part, véritable purée minérale et organique, contient des éléments animaux et végétaux microscopiques : algues, bactéries, diatomées, protozoaires.
Peu d’échassiers possèdent l’élégance du flamant rose, avec ses jambes interminables et fines, son long cou gracieux, la forme de son gros bec et sa coloration rose.