Petit guide d’astrophotographie (partie 1)

Comment prendre des photos d’étoiles ou de la voie lactée

Qui n’a jamais été passionné par ce qui se passe au dessus de sa tête, par cette immensité qui se déploie au dessus de nous et dont nous ignorons presque tout ? Pendant leur « voyage photographique », les photographes commencent par tirer le portrait de lune, puis, les plus téméraires s’aventurent vers les étoiles et la voie lactée.

Sans technique, le débutant en astrophotographie va se heurter à deux idées fausses :

Idée fausse numéro 1 :

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L’équipement pour l’astrophotographie est très couteux. Il est donc réservé aux amateurs passionnés pour qui l’argent n’est pas un problème.

Il est vrai qu’il y à quelques années il fallait mettre un peu plus de 5000 euros pour acquérir un appareil photo rapide et qualitatif capable de produire de belles images à haute sensibilité à l’aide d’un objectif grand angle .

Mais ces dernières années, les choses ont radicalement changé. Les progrès rapides concernant la sensibilité des capteurs permettent aujourd’hui d’utiliser des boîtiers  d’entrée de gamme pour photographier les étoiles. En outre, les fabricants d’objectifs  tiers tel que SamYang, ont fini par atteindre l’équilibre parfait entre la qualité des lentilles et le prix de vente.

J’aborderai l’équipement dont vous avez besoin pour photographier les étoiles en détail dans la section Équipement, mais il convient de mentionner maintenant que vous pouvez disposer de tout l’équipement nécessaire pour l’astrophotographie pour moins de 1 000 euros.

Idée fausse numéro 2 :

La deuxième idée fausse vient du fait que nombre de photographes pensent que la technique pour photographier les étoiles est trop complexe. Ceci est complètement faux. Le processus d’astrophotographie est en réalité très accessible.

Qu’est-ce que l’astrophotographie en termes simples?

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Quand vous regardez le ciel la nuit à l’œil nu, vous ne voyez que les étoiles les plus brillantes.

L’astrophotographie nous permet d’amplifier la luminosité des étoiles en gardant l’obturateur de l’appareil photo ouvert pendant une plus longue période, ce qui permet au capteur d’engranger beaucoup plus de lumière que ce qui est possible avec nos yeux. En conséquence, l’astrophotographie nous permet de photographier des étoiles qui ne sont pas visibles à l’œil nu.

Équipement nécessaire

Même si le choix du lieu de prise de vue est le plus important en astrophotographie, il n’existe aucun moyen de photographier les étoiles sans l’équipement approprié.

Il y a cinq équipements dont vous avez besoin, mais seulement trois sont essentiels.

1. L’appareil photo

Vous avez besoin d’un appareil disposant de commandes manuelles, pouvant produire des photos de qualité décente de 1600 à 3200 ISO. La bonne nouvelle est que la plupart des appareils numériques modernes entrent dans cette catégorie.

2. L’objectif

La Voie Lactée s’étend sur une grande distance dans le ciel. Elle est très sombre. C’est pourquoi vous avez besoin d’un objectif grand angle disposant d’une bonne ouverture.

Si vous voulez photographier la totalité de la Voie Lactée en une seule fois, vous aurez besoin d’un objectif plus large que 24mm sur un appareil photo plein cadre ou 18mm sur un APS-C.

Pour l’ouverture, f4 est bon, f2.8 est super, tout objectif avec une ouverture plus ouvert que f2.8 est excellent.

3. Trépied

C’est probablement la partie la plus importante de l’ensemble de l’installation d’astrophotographie. Lorsque vous utilisez une vitesse d’obturation d’environ 20 à 30 secondes, le moindre mouvement de l’appareil photo gâchera vos images. Cela signifie que votre trépied doit être solide comme un roc et surtout très stable. Dans ce cas, un trépied lourd est préférable à un trépied léger. Cela tombe bien car les plus lourds sont aussi les moins couteux.

4. Lampe frontale

C’est une pièce d’équipement optionnelle qui peut être remplacée par n’importe quelle lampe de poche standard.

5. La télécommande

Ceci est une autre pièce d’équipement optionnelle. La télécommande peut être remplacée par l’utilisation du retardateur (de 2  à 10 secondes).

Trouver la voie lactée et le ciel noir

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Lorsque vous débutez en astrophotographie, la Voie Lactée est généralement le premier et le plus populaire objet à photographier.

Cependant, il peut être difficile de trouver la voie lactée dans le ciel noir. Même si nous vivons tous dans la Voie lactée, la plupart des gens ne la voient jamais.

Avant d’aborder les aspects techniques de la photographie de la Voie Lactée, il est important que vous sachiez comment la trouver.

Les saisons de la Voie Lactée

Bien que la voie lactée soit toujours visible de la Terre, vous en voyez différentes parties en fonction des saisons et de votre emplacement.

Les meilleurs mois pour photographier la Voie Lactée sont toujours de mars à septembre. Pendant cette période, vous pouvez photographier le centre galactique brillant de la Voie Lactée.

Vous pouvez également photographier la Voie Lactée tout au long de l’année car, même sans le centre galactique, vous réaliserez des photos intéressantes.

Ciel sombre

Un autre facteur qui affecte directement l’astrophotographie est le ciel noir. La Voie Lactée est peu lumineuse, donc le moindre soupçon de lumière parasite peut la rendre encore moins visible et plus difficile à photographier.

La pollution lumineuse et le clair de lune sont deux sources principales de lumière qui affectent le plus l’astrophotographie.

Pollution lumineuse

Là où il y a des gens, il y a de la lumière. La nuit, c’est ce qu’on appelle la pollution lumineuse. En raison de la pollution lumineuse, il est presque impossible de photographier les étoiles en ville.

La meilleure façon de localiser les zones où la pollution lumineuse est minimale est de consulter une carte spécialisée. Vous la trouverez ici :

https://avex-asso.org/dossiers/pl/europe-2016/google-map-fausse-couleur/index.html

Phase de lune

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Une autre source de lumière qui affecte la pratique de l’astrophotographie vient de la lune. Quand il y a une pleine lune, il est presque impossible de photographier les étoiles.

La meilleure pratique consiste à tirer pendant une nouvelle lune ou à tirer avant que la lune ne se lève ou après qu’elle se soit couchée.

Pour vérifier la phase de la lune, vous pouvez visiter ce site : https://www.calendrier-365.fr/lune/phases-de-la-lune.html

L’importance de la mise au point

Le principal défi en astrophotographie est d’obtenir les étoiles aussi nettes que possible. La mise au point devient la partie essentielle du processus. Mais, nous savons tous combien il est difficile de faire la mise au point dans l’obscurité complète.

Cela semble simple, il suffit de faire la mise au point sur l’infini. En théorie, tout ce que vous avez à faire est de tourner la bague de mise au point complètement vers la droite. En réalité, votre appareil fera la mise au point au-delà de l’infini sur la plupart des objectifs. C’est absolument illogique du point de vue de la physique et cela entrainera des images ou les étoiles apparaitront floues et douces.

Voici quelques techniques différentes que vous pouvez utiliser pour mettre en évidence les étoiles:

  • Sachez exactement où est l’infini sur chaque objectif que vous possédez. Trouver l’infini peut être plus compliqué sur un zoom puisque, à chaque changement de focale la position de l’infini sera différente.
  • Faites quelques essais et vérifiez la netteté des étoiles après chaque photo. Continuez à ajuster la mise au point jusqu’à ce que vous obteniez des réglages parfaits.

Mon conseil :  Si vous utilisez un zoom, passez en mode LiveView. Utilisez ensuite la loupe à son plus fort grossissement afin de faire la mise au point sur une étoile très brillante.

 

Technique de prise de vue

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Comme je l’ai mentionné plus tôt, la prise de vue n’est pas la partie la plus compliquée en astrophotographie. Pourquoi ? Parce que vous n’avez pas beaucoup de flexibilité pour expérimenter une variété de paramètres différents.

Laissez-moi vous expliquer. Le ciel est sombre et la majorité des étoiles également. Vous devez donc utiliser la plus grande ouverture disponible afin de capturer un maximum de lumière.

La terre bouge constamment, ce qui limite votre choix en matière de vitesse d’obturation. Si vous allez au-delà d’une vitesse d’obturation de 25-30 secondes, l’effet des traînées d’étoiles devient évident, ce qui, à son tour, rend les étoiles floues. Personnellement, je préfère ne jamais dépasser une exposition de 25 secondes.

Il ne reste plus qu’un paramètre avec lequel nous pouvons jouer : l’ISO.

Quand je suis sur place, j’ai mon appareil photo en mode M (manuel). J’ai réglé l’ouverture à f2.0 (la plus grande valeur sur mon objectif), la vitesse d’obturation à 25 secondes et l’ISO à 640. Je réalise une première photo. J’affiche l’image sur l’écran arrière de mon boîtier et j’analyse l’histogramme. Dans la plupart des cas, ces paramètres produisent une image sous-exposée, donc je commence à augmenter la valeur ISO et à analyser l’aperçu après chaque nouvelle photo jusqu’à ce que j’obtienne une image correctement exposée. À partir de ce moment, je conserve les mêmes réglages pendant toute la séance photo.

La vitesse d’obturation de 25 secondes n’est pas la valeur idéale, car elle dépend en fait de la focale de l’objectif utilisé. Une règle, utilisée depuis un certain temps par les astro-photographes permet de calculer la durée maximale d’exposition sans que les étoiles ne soient floues. Il s’agit de la règle du 500.

500 / longueur focale de votre objectif = la plus longue exposition possible sans que les étoiles ne commencent à être floues.

Prenons un exemple : si vous utilisez un objectif de 14mm, cela signifie que l’exposition maximum que vous pouvez sélectionner sans que les étoiles n’apparaissent floues est de 36 secondes (500 / 14 = 36 secondes).  Cette règle base ses calculs pour un appareil disposant d’un capteur plein format ( full frame). Dans le cas d’un appareil ayant un capteur APS-C, vous devez convertir votre longueur focale pour obtenir l’équivalence d’un capteur plein format. Pour les appareils Nikon et les Sony, il s’agit de x1.5. Pour les appareils Canon de x1.6). Ce qui, dans notre exemple, et pour un boîtier Nikon donnerait (500 / (16×1.5) = 24 secondes). Le tableau ci-dessous devrait vous éviter tout calcul. Imprimez-le et placez-le dans votre sac photo.

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Pour donnez un maximum de chance à vos photos, je vous conseille de toujours photographier en RAW.

Les réglages de l’appareil photo

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  • Réglez votre appareil photo en mode d’exposition « manuel ».
  • Ajustez la compensation d’exposition à zéro.
  • Choisissez la plus grande ouverture permise par votre objectif.
  • Utilisez des vitesses d’obturation longues (voir tableau ci-dessus).
  • Ajustez la sensibilité ISO en consultant votre histogramme.
  • Désactivez la fonction de mise au point automatique.
  • Sélectionnez la résolution la plus élevée et la meilleure qualité de photo.
  • Choisissez le format RAW (ou RAW + JPEG).
  • Réglez la balance des blancs sur lumière du jour.
  • Désactivez la réduction du bruit pour une longue exposition.
  • Définissez l’espace colorimétrique sur sRGB.
  • Désactivez le flash.
  • Utiliser un déclencheur à distance.
  • Activez le verrouillage du miroir (pour les reflex).
  • Occultez le viseur de votre appareil photo.

Réglez votre appareil photo en mode d’exposition manuel :

L’astrophotographie demande des longues expositions, ce qui signifie qu’il faut ajuster différents paramètres manuellement, notamment la vitesse d’obturation, l’ouverture, l’ISO.

Ajustez la compensation d’exposition à zéro :

Si vous avez préalablement utilisé l’exposition automatique,  assurez-vous que la compensation d’exposition est réglée sur 0.

Choisissez la plus grande ouverture permise par votre objectif :

Comme il est très important d’enregistrer le plus de lumière possible lorsque vous photographiez un ciel sombre, il est crucial de choisir la plus grande  ouverture permise par votre objectif. À partir de f/4 c’est possible, mais à f/2.8 c’est bien mieux et à f/2 c’est encore mieux. Une grande ouverture permet de limiter l’apparition du bruit.

Utilisez des vitesses d’obturation longues :

Je vous conseille d’utiliser le tableau figurant dans ce post. Il vous permettra de trouver le meilleur temps de pose.

Ajustez la sensibilité ISO en consultant votre histogramme :

Pour l’astrophotographie du ciel profond, vos niveaux ISO doivent généralement être élevés et prendre en charge vos autres paramètres d’exposition. La meilleure solution consiste à ajuster la sensibilité ISO en utilisant l’histogramme. Une fois le bon réglage trouvé, vous n’aurez plus rien à faire qu’à déclencher.

Désactivez la fonction de mise au point automatique :

Les appareils photo éprouvent de grosses difficultés à faire la mise au point automatiquement en basse lumière. Faites la mise au point en manuel sur une étoile très brillante, en utilisant le mode loupe sur l’écran arrière de votre boîtier. Si vous n’y parvenez pas, faites la mise au point sur les branches d’un arbre situé au moins à 60 mètres, ce qui équivaut à la mise au point sur l’infini.

Attention, ne réglez pas votre objectif sur la position « Infini » car elle n’est pas assez précise et les étoiles apparaîtraient floues.

Sélectionnez la résolution la plus élevée et la meilleure qualité de photo :

Pour l’astrophotographie, il est toujours idéal de choisir la meilleure qualité d’image offerte par votre boîtier.

Choisissez le format RAW (ou RAW + JPEG) :

Le format RAW vous permet de conserver toutes les informations de l’image d’origine, tandis que le JPEG est un format compressé, d’où une perte de qualité. Le RAW est évidemment le meilleur format de fichier à utiliser en astrophotographie car il vous donne plus de contrôle sur le développement ultérieur de votre photo (post-traitement).

Réglez la balance des blancs sur lumière du jour :

La balance des blancs sera ajustée lors du développement de l’image sur l’ordinateur.

Désactivez la réduction du bruit après une longue exposition :

Cette recommandation dépend grandement de votre niveau de compétence. Si vous photographiez en JPEG, la réduction du bruit après une longue exposition vous conviendra parfaitement. La capture des vos images prendra plus de temps à cause du traitement du bruit par votre boîtier. Si vous avez l’habitude de travailler en RAW vous pratiquerez sans doute la technique des astro-photographes  consistant à réaliser plusieurs images successives afin de les empiler plus tard pour obtenir une définition maximale.

Définissez l’espace colorimétrique sur sRGB :

De nombreux professionnels savent que l’utilisation d’Adobe RGB vous permet de tirer profit du  plus grand espace colorimétrique disponible, mais cela nécessite également une bonne compréhension des espaces colorimétriques, sinon vous vous retrouvez avec des couleurs inexactes qui vont ruiner votre image. Il est donc préférable d’utiliser le sRGB.

Désactivez le flash :

Cela devrait aller de soi, mais prendre des photos d’étoiles et du ciel nocturne avec un flash ne constitue pas la meilleure façon de montrer sa maîtrise de la photo…

Utilisez un déclencheur à distance :

Acquérir une télécommande est toujours un geste raisonné pour qui se livre régulièrement à la pose longue. Pour les autres, l’utilisation du retardateur permettra d’obtenir une image bien nette.

Activez le verrouillage du miroir :

Si vous possédez un reflex, la pose longue nécessite de relever le miroir afin d’éviter les vibrations causées par la remontée de ce dernier.  Si, par contre, vous possédez un hybride, tout va bien pour vous puisque votre appareil ne dispose pas de miroir.   

Occultez le viseur de votre appareil photo :

Lorsque vous faites de longues expositions dans l’obscurité, n’oubliez pas d’occulter le viseur de votre appareil photo pour éviter l’entrée de lumière parasite. Beaucoup de caméras sont réputées pour avoir des problèmes de fuite de lumière. Il est donc préférable de couvrir votre viseur avec votre main, un chiffon, un carton ou le bouchon qui l’accompagne parfois.

 

La composition en astrophotographie

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Même si tout votre équipement est prêt, si vous savez exactement où trouver la voie lactée et quels paramètres utiliser pour photographier le ciel nocturne, cela ne garantit pas automatiquement que vous serez en mesure de produire des photographies intéressantes. L’astrophotographie n’est pas différente de tout autre type de photographie, il ne suffit pas d’avoir tous les aspects techniques en place. La dimension  artistique entre toujours en jeu.

Si vous photographiez simplement le ciel, vos photos ressembleront à des cartes du ciel et, bien qu’elles soient techniquement réussies, elles seront probablement ennuyeuses. Vous devez trouver un moyen d’amener d’autres éléments que le ciel dans votre composition. Un premier plan pourra donner une notion d’échelle à votre photographie et participera à rendre votre image plus artistique.

Lorsque vous photographiez la nuit dans le noir, il est souvent difficile de visualiser vos compositions potentielles; parfois, il n’est même pas possible de voir les objets de la scène.

Je vous recommande d’aborder l’aspect composition de votre séance d’astrophotographie pendant la journée lorsque vous inspectez la scène. Vous pouvez prendre votre temps sans vous presser afin d’évaluer la composition. Lorsque vous reviendrez en soirée la composition de vos photos sera simplifiée par ce repérage préalable.

En résumé

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Pour vous lancer dans l’astrophotographie, vous devez réunir à minima : un boitier, un objectif grand angle et un trépied très stable.

Vous devrez ensuite choisir un emplacement où la pollution lumineuse soit la moins importante possible, tout en offrant un joli cadre, et permettant d’obtenir des photos artistiques (ruine, château, montagne, etc.).

Vous placerez votre boîtier en mode « Manuel » et vous soignerez la mise au point. Vous choisirez la plus grande ouverture possible, calculerez le temps de pose grâce à la règle du 500 et ajusterez la valeur ISO en fonction de votre histogramme.

Comme vous le voyez, l’astrophotographie n’est pas si compliquée !

Dans un prochain post, j’aborderai la partie « post-traitement » de vos images d’astrophotographie.

À très bientôt !

Jean-Michel

Photographier les oiseaux dans une zone humide

J’ai la chance de résider près de Narbonne, commune proche de la partie du littoral méditerranéen qui abrite l’une des plus grande zone humide de France. C’est une mosaïque de marais et d’étangs bordée d’une végétation méditerranéenne. Cette zone humide, rythmée par le phénomène migratoire, permet l’observation de nombreux oiseaux.

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La vitesse d’obturation ou temps de pose

La vitesse d’obturation, aussi appelée « temps de pose » constitue l’un des trois piliers de l’exposition avec l’ouverture et la sensibilité.

Le temps de pose correspond à la durée pendant laquelle la surface sensible de l’appareil argentique ou numérique est exposée à la lumière, lors de la réalisation d’une photographie. C’est donc la durée pendant laquelle l’obturateur reste ouvert afin de laisser la lumière parvenir jusqu’au capteur (nous ne parlerons dorénavant que d’appareil photo numérique).

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Mesure de l’exposition avec votre boîtier

Un appareil photo numérique offre plusieurs modes de mesure de la lumière. Par défaut, le boîtier utilise la mesure matricielle. Cela dit, certaines situations particulières, telles que le contrejour ou la photographie en basse lumière, imposent de quitter le mode par défaut. Comme vous le savez, il existe d’autres modes de mesure de la lumière, peut-être même connaissez-vous leurs noms (spot, sélective, pondérée centrale), mais savez-vous à quoi ils servent et comment les utiliser ? C’est ce que je vous propose de découvrir ici.

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Comprendre le fonctionnement d’un appareil numérique

Ces prochaines semaines, je vous proposerai une dizaines de cours dédiés aux « grands débutants » (un cours par semaine). Ces cours représentent les bases de l’apprentissage de la photographie. C’est un peu comme les fondations d’une maison. Une fois assimilés, ils vous permettront d’aborder sereinement les autres sujets traités sur ce blog.

Commençons par le commencement. Avec ce premier opus, nous allons aborder le fonctionnement d’un appareil numérique. C’est parti !

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Comment augmenter la résolution de vos images

Offrez à vos paysages une netteté parfaite grâce à l’empilage de la mise au point.

Qui n’a pas rêvé de pouvoir imprimer une photo en très grand format mais a renoncé en pensant que son appareil n’avait pas assez de pixels ou était trop bruyant ? Ou plus simplement pouvoir obtenir des images super nettes et pleines de détails.

Il y a une solution qui est connue depuis bien longtemps mais qui n’était que très peu employée jusqu’à maintenant parce qu’elle demande une grosse puissance informatique.

Si l’on est capable de faire une moyenne en empilant de nombreuses photos, le calcul va nous faire chuter drastiquement le bruit de fond car un point de ce bruit de fond n’apparaîtra jamais au même endroit sur deux photos consécutives.

De plus, vous connaissez la structure de votre capteur, il est composé de photosites qui, associés par petits groupes vont nous permettre de capturer une image. Ces photosites ont de petits espaces entre eux et un détail arrivant sur un espace vide ne sera pas capté correctement par l’appareil. Mais, si l’on décale un tout petit peu l’endroit ou ce détail arrive, il est possible de le récupérer en empilants plusieurs images.

Nous voyons donc que, prenant de multiples photos d’un même sujet, il est possible de réduire le bruit de fond et aussi de renforcer et même de faire apparaître des détails non captés par une seule photo.

Pour être très efficace, un calcul de moyenne devrait comporter au moins 250 échantillons (ou plus), il n’est pas envisageable de traiter ici 250 ou plus de photos, nous nous contenterons d’en traiter une vingtaine pour en observer le résultat, et cela est déjà bien souvent suffisant.

Toutefois, pour vous aventurer dans ce traitement, il vous faudra un ordinateur puissant avec beaucoup de mémoire vive… et du temps, ce n’est pas un processus rapide. Préparez vous à boire pas mal de cafés ou même faire de petites siestes (oui, au pluriel).

Les photos sont prises en RAW ou JPG, les deux fonctionnent, mais si votre ordinateur est un peu vieux, mieux vaut choisir le JPG (question de taille de fichier).

J’ai choisi une série bruitée et avec un peu de brouillard ce qui ne facilite pas le traitement (c’est mieux pour voir le résultat). En effet, plus vos images seront belles, piquées et propres, plus le résultat final sera intéressant.

Voyons ce que cela peut donner sur un « Crop » :

Original.jpg
Détail de l’une des photos originales (grandie à 400 %)
Final.jpg
Même détail de la photo finale après traitement (grandie seulement à 200 %)
N’oublions pas que la taille finale est quadruplée lors du process.

Il est évident que la photo après traitement comporte de nombreux détails beaucoup plus visibles que dans une seule des photos traitées. Plus le nombre de photos traitées sera important, plus le traitement sera efficace.

Si vous êtes toujours avec moi, je vais vous expliquer comment faire :

Tout d’abord il vous faudra prendre une vingtaine de photos d’un sujet immobile (sinon création d’images fantômes). Pour ce faire, pas besoin de trépied, il faut que les images soient un tout petit peu décalées les unes par rapport aux autres.

Puis les charger dans Lightroom, :

Bibliothèque -> Importer

IMG1 copie.jpg

Sélectionner le média sur lequel sont stockées vos images, elle apparaitrons et vous devrez sélectionner celles que vous voulez traiter.

N’oubliez pas de vérifier que le média sur lequel vous voulez les enregistrer est le bon.

IMG2 copie.jpg

Cliquez sur Importer.

IMG3 copie.jpg

Les images vont alors être copiées sur votre média de destination. Et vous devriez obtenir une grille de vignettes correspondants aux photos chargées.

IMG4 copie.jpg

Il est préférable de ne pas traiter les photos au début avec le module Développement de Lightroom (risque d’ajouter des artéfacts).

Vous allez devoir sélectionner toutes les photos que vous voulez utiliser pour créer votre image finale. Un clic sur la première, on appuie sur la touche shift du clavier et on fait un autre clic sur la vignette de la dernière que l’on veut traiter. Les vignettes en surbrillance sont sélectionnées.

Nous allons transférer toutes ces photos dans Photoshop pour le traitement.

Pour ce faire, sélectionnez :

Photo -> Modifier dans ->Ouvrir en tant que calques dans Photoshop

OuvrirDansPS.jpg

Ou directement dans Photoshop !

Il est aussi possible de travailler tout de suite dans Photoshop.
Ouvrir Photoshop puis sélectionner :

Fichier -> Scripts -> Chargement des fichiers dans une pile… 

Il vous faudra sélectionner le répertoire et les fichiers à traiter

ChargerPS copie.jpg

Dans les deux cas vous devriez obtenir une fenêtre comme celle ci-dessous après chargement, chaque photo sera chargée comme un calque visible dans la colonne de droite :

Démarrage1.png

Nous allons maintenant augmenter la taille de ce groupe d’images en multipliant par 2 la taille horizontale et bien entendu aussi la taille verticale.

Image -> Taille de l’image

Taille1 copie.jpg

Ce qui vous amène à :

FenêtreTaille copie.jpg

Nous allons écrire 200 dans la case Largeur et 200 dans la case Hauteur, vérifier que la résolution est bien à 300, sinon corriger.

ATTENTION, le Rééchantillonnage doit IMPERATIVEMENT être choisi sur « Au plus proche (contours nets).

Enfin cliquez sur OK.

Il s’agit maintenant d’aligner tous ces calques de manière à pouvoir les empiler par la suite, et Photoshop est très puissant à ce petit jeu.

Sélectionnez Edition -> Alignement automatique des calques.

Alignement copie.jpg

Il vous faudra choisir Automatique et décocher les boutons Correction du vignetage ainsi que le bouton Déformation géométrique.

FenêtreAlignement copie.jpg

Vous pourrez alors cliquer sur OK.

Maintenant, armez vous de patience, c’est loin d’être instantané !

Vous aurez une barre de progression et un indicateur de travail (les petits points blancs en bas à droite) qui vont tourner tant que le calcul ne sera pas terminé, ils remplacent le pointeur de la souris.

Progression copie.jpg

Il vous restera à vérifier l’alignement et la netteté de chaque calque, il ne faudra pas sélectionner de calque flou ou mal aligné. Pour ce faire, commencez par grandir l’image jusqu’à environ 400% (combinaison de touches Mac : CMD + pour grandir et CMD – pour réduire). Soyez patients, vous manipulez des fichiers qui peuvent atteindre plus de 10Go…

Il vous suffit de remonter au premier calque (en haut dans la colonne de droite) et de cliquer sur le petit œil qui est en face et à gauche du nom. Ce faisant, vous n’affichez plus ce calque, mais celui du dessous… Et ainsi de suite jusqu’au dernier.

Vérification copie.jpg

Lorsque vous êtes prêts, sélectionner tous les calques corrects en cliquant sur le premier dont la case doit passer du gris sombre au gris clair, puis descendre sur le dernier calque en bas de la liste et en appuyant sur la touche shift, vous cliquez sur ce dernier calque. Tous les calques sont sélectionnés.Il vous suffit maintenant de cliquer sur les calques indésirables en appuyant sur la touche CMD cela va les déselectionner.

Avantobjetdynamique copie.jpg

Nous allons maintenant créer un Objet dynamique :

Sélectionnez Calque -> Objets dynamiques -> Convertir en objet dynamique.

Ce process est encore plus lent que le précédent. Soyez patient.

CréationObjetDynamique copie.jpg

Nous allons maintenant faire le calcul de moyenne afin de pouvoir créer notre pile finale. Ce n’est toujours pas instantané…

Sélectionner Calque -> Objets dynamiques -> Mode d’empilement -> Moyenne arithmétique.

Moyenner.png

Il ne nous reste plus qu’à aplatir la pile de calques pour ne conserver que l’image constituée par la moyenne de toutes les images traitées.

Et ce process est très rapide contrairement aux autres.

Calque -> Aplatir l’image

Aplatir copie.jpg

Vous obtenez alors votre image finale que vous pourrez enregistrer au format TIF pour en conserver tous les détails.

Il vous faudra recadrer votre image car l’alignement a créé des bandes blanches sur les bords, mais cela ne devrait pas vous poser de problème.

Fichier -> Enregistrer sous…

Enregistrer copie.jpg

Fenêtreenregistrer copie.jpg

Vous pouvez choisir un nom de fichier et l’emplacement de copie. Si vous choisissez d’enregistrer sur le même emplacement que les photos traitées issues de Lightroom, ce fichier sera inclus dans le catalogue et donc disponible dès que copié dans la bibliothèque.

La taille d’un tel fichier peut atteindre plusieurs centaines de Mo, soyez en conscient.

C’est à vous de tester cette méthode qui pourrait bien vous être utile.

Je vous propose une petite vidéo sur le sujet de l’ami Arnaud Thiry

 

À Bientôt

Jean-Claude


Article proposé par Jean-Claude Morin le 26 avril 2018.

Comment réaliser un Time-Lapse ?

Le Time Lapse est une technique photographique qui permet de réaliser des vidéos accélérées à partir de nombreuses photographies prises à intervalles réguliers.

Vous avez déjà sûrement visionné l’éclosion d’une fleur, un coucher de soleil ou la construction d’un immeuble en vitesse accélérée. Le point commun entre ces vidéos est qu’elles ont été réalisées grâce à la technique du Time-Lapse.

Mais saviez-vous que vous pouviez vous aussi réaliser ce genre de vidéo avec votre appareil photo ? La technique est relativement simple et le résultat est souvent époustouflant.

Continuer à lire « Comment réaliser un Time-Lapse ? »

Comment acheter votre matériel photo au meilleur prix ?

Les fabricants d’appareils numériques ont pour habitude de décliner leur production en plusieurs gammes. Chacune d’entre-elles est destinée à un public clairement identifié. Chez Nikon, par exemple, les D3000 sont destinés aux débutants, les D5000 pour les amateurs qui souhaitent un appareil un peu plus évolué, les D7000 pour les experts et les D800 et Dx pour les professionnels ou amateurs financièrement aisés.

Continuer à lire « Comment acheter votre matériel photo au meilleur prix ? »

Lumière naturelle: L’Aube et le Crépuscule

Il ne suffit pas de se lever tôt pour réussir une photo de paysage. Ce nouvel article se propose de vous rappeler le rôle crucial de la température couleur. Nous aborderons également l’angle d’éclairage, la meilleure saison pour réussir vos photos au crépuscule ou à l’aube.  Enfin, vous apprendrez à créer des effets étoilés, à exposer pour obtenir un effet silhouette ou encore à équilibrer l’exposition du ciel avec le reste de l’image.

Continuer à lire « Lumière naturelle: L’Aube et le Crépuscule »