Un appareil photo numérique offre plusieurs modes de mesure de la lumière. Par défaut, le boîtier utilise la mesure matricielle. Cela dit, certaines situations particulières, telles que le contrejour ou la photographie en basse lumière, imposent de quitter le mode par défaut. Comme vous le savez, il existe d’autres modes de mesure de la lumière, peut-être même connaissez-vous leurs noms (spot, sélective, pondérée centrale), mais savez-vous à quoi ils servent et comment les utiliser ? C’est ce que je vous propose de découvrir ici.
Avant même que la Photokina n’ouvre ses portes, certaines marques annoncent déjà leurs nouveautés. C’est le cas de Nikon qui lève le voile sur son Coolpix P1000, un appareil photo numérique né de l’hybridation d’un bridge et d’un télescope…
Combien de fois n’ai-je pas souri en lisant, ici ou là sur Internet, cette phrase pompeuse : « Moi je ne photographie qu’en lumière naturelle« , phrase très souvent reprise par les photographes de mariage, pourtant professionnels… Pour ces photographes, l’ajout de lumière artificielle provoque une dégradation irréversible de l’image ou plutôt de ses capacités à demeurer naturelle.
Ne vous y trompez pas, ce « Moi je ne photographie qu’en lumière naturelle« , le côté « j’me la pète » mis à part, constitue un véritable aveu. Ces photographes ne connaissent rien du fonctionnement et de l’utilisation d’un flash électronique. Au lieu d’essayer de le comprendre et de le maîtriser, ils préfèrent le critiquer et le bannir… C’est plus simple, plus rapide mais certainement pas professionnel… Pauvres photographes… Vous me rappelez ceux qui, hier encore, affirmaient haut et fort que la photographie argentique ne serait jamais supplantée par le numérique. Des gens bien tristes aujourd’hui… Ou encore ceux qui aujourd’hui ne voient pas la montée inéluctable des hybrides et le déclin annoncé des appareils reflex… Ceux la seront les tristes de demain… L’évolution est permanente et il faut s’en accommoder !
Pour changer de sujet, je vais vous parler, aujourd’hui, de très beaux insectes volants : Les Ascalaphes.
Les Ascalaphes du genre Libelloides sont indiqués encore régulièrement dans certains guides ou documents sous le genre Ascalaphus.
En définitive, une révision des genres des Névroptères en 1991 a attribué les espèces européennes au genre Libelloides.
A mi-chemin entre les libellules et les papillons, les Ascalaphes présentent un corps trapu, des ailes caractéristiques très nervurées et de longues antennes avec leurs extrémités en massues. Les mâles se différencient des femelles par des cerques très développés à l’extrémité de l’abdomen. Ces appendices servent à maintenir la femelle lors de l’accouplement.
Ascalaphe loriot mâle on peut voir les cerques en bout d’abdomen
Accouplement d’Ascalaphes soufrésponte
Insectes diurnes, au vol rapide et ondoyant à 2 ou 3 mètres de hauteur, les Ascalaphes capturent les mouches et autres petits insectes en vol. Se chauffent au soleil sur les plantes, ailes étalées ou fermées.
Ils vivent dans des biotopes chauds et secs. Ils se nourrissent de mouches et autres petits insectes. Les larves semblables à celles des fourmilions vivent sur le sol, dans la litière et sous les pierres. Elles sont, elles aussi, carnivores.
En 2012, suite à la redécouverte de 2 nouvelles espèces d’Ascalaphes, nous pouvons considérer qu’il existe en France 10 espèces d’Ascalaphidae, mais les plus communes en France sont :
– l’Ascalaphe soufré (Libelloides coccajus)
– l’Ascalaphe blanc (Libelloides lacteus)
– l’Ascalaphe loriot (Libelloides ictericus)
– l’Ascalaphe ambré (Libelloides longicornis)
Ascalaphe soufré (Libelloides coccajus)
Cet Ascalaphe est relativement fréquent dans la moitié sud de la France selon une ligne Bordeaux-Genève. Il se fait plus rare au nord. On en trouve en Corse.
Ses habitats sont diversifiés dans le sud du pays, en général lumineux et d’aspect herbeux, l’espèce est plus inféodée aux pelouses sèches sur substrat calcaire ou marneux dans le nord-est du pays. Elle se trouve aussi dans des secteurs humides, mais hors d’eau.
L’espèce est peu fréquente à basse altitude et se montre en général entre 300 et 1500 mètres. Il s’agit d’une des deux espèces d’Ascalaphe largement répartie en France. Elle vole précocement entre fin avril et début juin, parfois un peu plus tôt, souvent plus tard et en particulier en altitude.
Les nervures de ses ailes sont noires ou brunes. Les ailes possèdent de grandes taches jaunes, qui peuvent être plus ou moins pâles. Il possède une tache noire sur l’aile du bas qui se termine en pointe et atteint l’angle inférieur de cette aile.
Ascalaphe blanc (Libelloides lacteus)
Il s’agit d’une espèce au demeurant essentiellement provençale, mais dont la répartition est importante vers l’est du Bassin Méditerranéenne car elle atteint la Turquie. Elle est toutefois signalée en Ardèche et en Lozère
Cet Ascalaphe vole entre mai et juillet dans les pelouses ou les landes en montagne jusqu’à 1500 m d’altitude.
Ascalaphe loriot (Libelloides ictericus)
L’Ascalaphe loriot (Libelloides ictericus) possède des nervures jaunes à blanches sur les ailes. Le bout de l’aile postérieure possède une vague tache sombre et arrondie. A la base de cette même aile se trouve une tache noire à nervures jaunes. Le thorax possède 10 taches jaunes, 6 centrales (disposées comme sur un dé), et 4 sur les côtés
C’est une espèce essentiellement littorale, mais qui se montre jusqu’à 1000 m d’altitude.
Elle est connue sur l’ensemble des départements méditerranéens, mais reste à confirmer dans les Alpes-Maritimes. Par ailleurs elle a été découverte en 2008 dans les Alpes-de-Haute-Provence et confirmée en 2010. Elle existe par ailleurs dans la Péninsule ibérique.
Si les secteurs ensoleillés d’arrière littoral lui sont favorables, ses habitats plus continentaux restent à définir.
La période de vol semble un peu plus tardive que celle de Libelloides coccajus.
Ascalaphe ambré (Libelloides longicornis)
Il s’agit de l’Ascalaphe français dont la répartition est la plus étendue. C’est une espèce plus tardive que Libelloides coccajus et si localement les deux espèces volent ensemble (en particulier en altitude), l’essentiel des populations d’Ascalaphes ambrés vole entre mi juin et début août, localement ou selon les années dès fin mai.
La marque en forme de croissant noir au bout des ailes postérieures est typique de cette espèce.
Voila ce que je pouvais vous dire sur ces magnifiques insectes assez méconnus du grand public et très facile à photographier.
Revenir à l’essentiel. Epurer la composition et simplifier le langage visuel, sans renoncer au message ou à l’histoire véhiculée par l’image. Bienvenue dans un monde minimaliste. Mais attention, simplifier ne veut pas dire simple… La photographie minimaliste demande de la rigueur notamment au niveau du cadrage, mais de tout cela nous allons reparler.
Vous avez probablement déjà entendu parler de l’Indice de Lumination (IL), vous savez cette chose bizarre que les anglais nomment Exposure Value (EV), mais qu’il arrive parfois que l’on désigne sous le nom de Stop. Bon, arrêtez de regarder vers le ciel ou de fixer amoureusement le radiateur ; je vais vous expliquer ce qu’est un Stop, en photographie bien sûr, car ici, il n’est pas question de Code de la Route…
Aujourd’hui, je souhaite vous faire connaître, un grand rapace au régime alimentaire exclusif : Le Circaète Jean-le-Blanc. Cet oiseau est en effet spécialisé dans la chasse aux reptiles et principalement aux serpents.
Visiteur d’été, il passe l’hiver en Afrique, et revient en Europe de fin février à fin septembre pour se reproduire.
Son nom assez curieux lui vient du grec [Kirkos Aetos], soit Faucon Aigle. Il a les grands yeux jaunes du Busard, et la grande taille des Aigles. « Jean « , au Moyen âge était le surnom donné aux personnes habiles et « le-Blanc » fait référence à sa couleur dominante quand on le voit de dessous.
Le Circaète Jean-le-Blanc est un rapace de grande taille, mesurant de 65 à 70 cm de longueur pour 1,70 à 1,85 m d’envergure et une masse allant de 1,5 à 2 kg. C’est également un excellent planeur, il se déplace habituellement sans battre des ailes, profitant au maximum de la brise et des ascendances thermiques, les ailes largement étendues.
Il a le dessus des ailes brun et le dessous blanc. Le corps est parsemé de taches colorées, de couleur et densité variables suivant les individus (entre beige clair et marron foncé). Ces touches de couleur forment des lignes parallèles sous les ailes et trois barres sous la queue. Une bavette plus sombre s’étend du menton à la poitrine. La tête est plutôt large, ronde, avec un bec court et des grands yeux jaunes, ce qui lui donne un peu un air de chouette. Elle se diffère toutefois de celle des autres rapaces diurnes : les yeux sont plus gros et dirigés vers l’avant, ce qui lui confère une très bonne vision binoculaire.
Le dimorphisme sexuel peut se constater au niveau du plumage, généralement la femelle, plus grande que le mâle, a un plastron plutôt foncé, le mâle arborant une poitrine plus claire, parsemée de flammèches verticales sombres.
FemelleMâle
Les immatures ressemblent aux adultes, mais ils sont plus pâles, avec la nuque plus blanche.
Ses hautes pattes écailleuses, gris-bleu ressemblent plus à celles d’une poule, qu’à celles d’un rapace (d’où son nom latin « gallicus »). Il n’a pas les serres acérées des Aigles, mais des doigts courts et robustes adaptés à la prise des serpents.
Son régime alimentaire est composé à 90 % de serpents, en majorité de grandes couleuvres, mais il se nourrit aussi de lézards, d’orvets, et plus rarement de micromammifères et d’oiseaux.
Circaète Jean-le-Blanc ayant prédaté un Lézard ocellé
La technique de chasse du Circaète est particulière : d’un vol plané, très lent, il survole une étendue de terrain dégagée, en scrutant le sol, à une hauteur moyenne (entre 30 et jusqu’à 400 mètres), et effectue à certains endroits des phases de vol stationnaire, de quelques secondes à plusieurs minutes, appelé « vol du Saint-Esprit ».
Pour cela il s’arrête simplement sur place en étendant ses ailes, face au vent, en régulant constamment les filets d’air par des changements plus ou moins rapides de l’extension de ses ailes, leur angle d’incidence, l’écartement de ses rémiges ou de sa queue, le tout en essayant de garder la tête le plus immobile possible.
Quand le vent est assez fort il lui arrive de battre des ailes pour rester sur place, un peu comme le faucon crécerelle, et éventuellement de laisser pendre ses pattes pour se stabiliser. Mais par temps calme il s’agit surtout de mouvements très légers, et il n’est pas rare de le voir complètement immobile dans le ciel, les ailes étendues, tel un cerf-volant.
Dès qu’une proie est repérée, il descend sur elle par palier, pour s’assurer de son succès.
Il la saisit, et assène de coups de bec la colonne vertébrale et la tête. Il l’avale ensuite en commençant par la tête, si celle-ci s’avère trop grosse, il l’emmène dans son aire. Ceci peut attirer la convoitise d’autres rapaces qui chercheront alors à lui voler sa prise …
Un Milan noir cherche à voler le serpent pendant des serres du Circaète
Si c’est un serpent destiné au nourrissage, il laisse pendre un petit bout de la queue du serpent hors du bec, sur lequel son partenaire ou son jeune tirera pour l’extraire entièrement.
Le Circaète Jean-le-Blanc est bien protégé par des plumes épaisses sur les cuisses et des écailles au niveau des tarses, mais il n’est pas immunisé contre le venin des vipères.
La saison de reproduction voit revenir les mêmes couples aux mêmes endroits (ou un seul oiseau si l’autre adulte a péri pendant l’hiver). En principe, le même nid est reconstruit peu de temps après leur arrivée.
Les vols nuptiaux ne présentent pas de particularités par rapport aux vols habituels. Les mâles planent comme d’habitude. On peut quand même voir des séries de vols ondulants, avec des montées et des descentes répétées. En revanche, le mâle peut apporter des proies à la femelle laissant alors pendre une très longue portion de couleuvre hors du bec : dans ce cas il s’agit pour lui d’attirer la femelle, pour lui faire une « offrande » en vue de l’accouplement.
Couple : la femelle est en haut
Le nid du Circaète est relativement petit comparé à celui d’autres rapaces de sa taille. Il est construit dans un arbre, pin ou chêne vert suivant la région. Il n’est pas installé dans une fourche (comme celui des Buses ou des Autours) mais placé le plus souvent en position latérale, ou bien au sommet d’un arbre tordu ou étêté, car du fait de son envergure le Circaète a besoin d’assez de place et d’un accès facile pour se poser. Plus rarement, il peut nicher sur une paroi rocheuse.
La femelle ne pond qu’un seul œuf, entre fin mars et mi-avril, elle le couve pendant environ 45 jours.
Le mâle assure son nourrissage, et remplace parfois la femelle sur le nid lorsque celle-ci s’absente un moment. En cas de mauvais temps (pluie), si la chasse est impossible, les oiseaux jeûnent.
Après l’éclosion, la durée d’élevage est encore assez longue : en moyenne 70 à 80 jours. Pendant ses 3 à 4 premières semaines, le poussin est vulnérable (prédateurs, mais aussi pluie ou froid), il est donc constamment couvert par la femelle. Elle dépèce les proies, et lui donne la becquée.
Son duvet est progressivement remplacé par des plumes, et vers l’âge d’un mois il est suffisamment emplumé pour que la femelle commence à quitter le nid, pour des périodes de plus en plus longues, notamment pour aider au nourrissage.
Il est alors capable d’ingurgiter un serpent en entier : les parents viennent se poser sur le nid avec la queue d’un serpent qui dépasse du bec, et le jeune doit tirer dessus pour l’extraire, et l’ingurgiter à son tour.
Pendant sa période de croissance, et d’achèvement du plumage, les parents apportent au nid un à plusieurs serpents par jour.
Pendant les heures de fort soleil, quand la température est importante, l’un des adultes vient sur le nid pour faire de l’ombre au jeune, au besoin en ouvrant un peu ses ailes pour faire écran.
Si tout va bien le jeune Circaète prend son premier envol au début du mois d’août. Au début, lors de ses premières tentatives de vol, il ne s’éloigne guère de la zone du nid, passant le plus clair de son temps perché, à guetter le retour d’un adulte.
Puis il s’enhardit progressivement à voler un peu plus loin, un peu plus longtemps, et lorsqu’il a atteint une certaine maîtrise et endurance, il va parfois jusqu’à suivre l’un de ses parents, occupé à chasser pour le nourrir, et finit par s’essayer lui aussi à la technique du vol sur place, qui lui permettra plus tard de se nourrir par lui-même.
Les Circaètes partent en migration assez tard, entre le milieu et la fin du mois de septembre.
Au cours des dernières années, le Circaète Jean-le-Blanc a connu une diminution importante à la fois de ses effectifs et de son aire de répartition ; considéré comme une espèce rare. Les principales causes de cette régression sont la modification des pratiques agricoles et certains travaux d’aménagement du territoire. Il bénéficie d’une protection totale sur le territoire français.
Voici le deuxième opus des articles consacrés à l’apprentissage des bases de la photographie. Cette fois, nous allons aborder « L’EXPOSITION » et la gestion de la lumière. Vu la longueur de l’article, je l’ai scindé en deux parties :
L’exposition expliquée (partie 1)
La correction de l’exposition (partie 2 – La semaine prochaine).
L’exposition, la composition d’une image et la gestion de la lumière, constituent des notions fondamentales en photographie. Aussi, ce premier article revêt une importance capitale pour la réussite future de vos images.
Le nettoyage du capteur doit être réservé aux photographes expérimentés. Mal exécuté, ce nettoyage peut rapidement tourner à la catastrophe et rendre votre boîtier inutilisable. Mais il y a toujours des téméraires ! Alors, pour réaliser cette opération dans les meilleures conditions, suivez le guide !
Aujourd’hui, je souhaite vous parler d’une orchidée emblématique, une des plus belles de France, celle qui ressemble le plus à l’orchidée tropicale type à laquelle on pense quand on parle d’orchidée.
Certainement la plus rare, difficile à confondre avec une autre : Le Sabot de Vénus.
Le sabot de Vénus ou sabot de Vénus d’Europe (Cypripedium calceolus) est une plante herbacée vivace de la famille des Orchidaceae (sous-famille des Cypripedioideae). Il est parfois appelé sabot de la Vierge ou soulier de Notre-Dame.
Le gros labelle jaune et renflé de ses fleurs évoque la forme d’une chaussure, ce qui lui a donné son nom.
La fleur du sabot de Vénus est l’emblème de nombreuses régions des Alpes et symbolise la beauté d’où l’engouement qu’il provoque. La variété au périanthe entièrement jaune est très recherchée. La légende veut que Vénus surprise à flâner dans la prairie par un berger s’enfuie, laissant derrière elle un de ses souliers devenus « le sabot de Vénus ».
C’est une orchidée qui apprécie les sols alcalins et que l’on rencontre en Suisse, en Italie, parfois en Espagne, en Grèce, en Amérique du Nord, plus fréquemment en Sibérie et dans quelques pays d’Asie. Elle est très rare et protégée au niveau national, souvent menacée par la densification de son couvert végétal.
En France on la trouve tout particulièrement dans les Alpes et de manière épisodique dans les Pyrénées, dans le Jura, en Moselle et sur le Massif Central entre 300 et 1200 mètres d’altitude dans les zones de mi-ombre en particulier dans les hêtraies et les hêtraies-sapinières, où elle fleurit de mai à juillet.
La tige dressée atteint 15 à 60 cm de haut et se caractérise par des gaines à la base. La tige simple porte habituellement de trois à cinq feuilles alternes vert clair et couvertes de petits poils sur leur partie inférieure. Elles sont de forme large-ovale, dont la nervation parallèle est bien marquée et peuvent se confondre avant sa floraison avec la Grande gentiane.
Le sabot de Vénus pousse fréquemment en petites touffes de 2 à 6 tiges partageant un système racinaire commun. Il développe des fleurs hermaphrodites et zygomorphes.
Généralement cette espèce ne produit qu’une à deux fleurs par individu, très rarement quelques spécimens à trois fleurs. Les fleurs se forment à l’aisselle de bractées et sont portées par un pédoncule pubescent.
Chaque fleur, comme toutes les orchidées, possède trois sépales et trois pétales. Les sépales, longs de 5 cm sont de forme lancéolée. Leur couleur varie entre brun-rouge et brun-chocolat. Les deux sépales latéraux sont soudés et pointent vers le bas sous le labelle tandis que le sépale central qui s’étend verticalement vers le haut prend la position opposée. Deux pétales assez étroits et souvent un peu torses, sont de même couleur et forme que les sépales. Ceux-là sont disposés des deux côtés et entourent le labelle jaune. Celui-ci naît par une transformation du troisième pétale. Il est en forme de sabot ventru de couleur jaune paille parsemé de taches brunes et atteint une longueur de 4 cm. La fleur du sabot de Vénus compte parmi les fleurs les plus grandes de la flore d’Europe occidentale, et possède la fleur la plus grande parmi les orchidées européennes.
C’est la seule orchidée de la sous-famille des Cypripedioideae en Europe.
Cette orchidée est définit comme une plante tricheuse, c’est à dire qu’elle attire les insectes avec la couleur vive de sa fleur sans avoir à produire de nectar. Les pollinisateurs dupés ressortent du sabot couverts de pollen sans avoir pu festoyer. Il arrive de manière exceptionnelle que la plante s’autoféconde. Cette espèce à une durée de vie d’une centaine d’années ce qui permet de compenser sa faible reproductivité.
Malgré son espérance de vie, elle est très fragile. Tout d’abord, elle ne fleurit qu’au bout de plusieurs années (une dizaine d’année généralement). Ensuite, comme pour toutes les orchidées, ses graines sont trop petites pour se développer seules.
Bouton de Sabot de Vénus
Elles n’ont pas de réserve de nourriture pour le développement de la plantule et ont donc besoin d’une association avec un champignon. Sans ce dernier, aucune chance de germer (alors n’essayez jamais de récupérer des graines d’orchidées au passage). Celui-ci lui apportera alors de la nourriture qui lui permettra de germer. Mais toute symbiose nécessite une parfaite rigueur pour chacun des participants, si l’un des deux triche et devient parasite alors aucun d’eux ne pourra se développer. Heureusement, elle se multiplie également par ses rhizomes, des racines horizontales d’où partiront de nouvelles pousses (comme pour les iris par exemple).
Vous l’aurez compris, dans tous les cas la reproduction est très compliquée et l’espèce fait l’objet d’une réglementation très stricte en raison de son important déclin sur l’ensemble de l’Europe (à cause de la destruction de son habitat). À l’échelle nationale sont statut est VU: Espèce encourant un risque élevé d’extinction dans la nature. Néanmoins dans les alpes l’espèce est bien plus fréquente que ne l’indique les référence bibliographiques. C’est d’ailleurs là que l’on trouve les plus importantes populations d’Europe Occidentale.
Une des premières causes de la disparition du sabot de Vénus est la cueillette de loisir ou commerciale de celui-ci. Malgré la sensibilisation auprès des publics, il est encore courant de rencontrer des promeneurs ou vendeurs à la sauvette qui proposent ou tiennent à la main de larges bouquets.
De fortes amendes (1500 euros par fleur coupée !) couplées à des patrouilles fréquentes de gardes assermentés de la police de l’environnement dissuadent les contrevenants.
Si la moindre petite station de cette espèce est gardée secrète, c’est par peur de la destruction, peur qu’un collectionneur irresponsable voulant avoir un plan au fond de son jardin ou dans son herbier fasse disparaître une espèce pour ses intérêts personnels, ce qui est trop souvent arrivé.
Cette plante, la fleur de la déesse de l’amour, déchaîne tant de passions que le public devient rapidement incontrôlable. Pour certains botanistes ou « cocheurs », c’est LA fleur à voir avant de mourir, c’est un mythe qui prend des proportions énormes. Certains ne veulent pas la voir, mais l’avoir vue. Ils font des centaines de kilomètres pour elle, pour la photographier, la toucher… et bien souvent tout est piétiné autour y compris les pieds non fleuris difficiles à reconnaître.
Voila une belle et rare fleur qui méritait bien un petit article.
Rappelez vous que les Orchidées sont protégées et qu’il est inutile (et surtout impossible) de chercher à les faire pousser dans vos jardins.